‹ Histoire des beaux-arts, 1800-1900Chapitre 30 sur 50 · RoTï : In labove quies, face el revers · texte numérisé non relu

RoTï : In labove quies, face el revers

Ces rap[)orts d'indillerence entre le public et la médaille durèrent fort longtemps et l'on pouvait croire qu'ils dureraient toujours. C'était une affaire entendue. La monnaie n'était plus qu'une sorte de bon courant, tandis que la médaille proprement dite n'était plus qu'une étiquette. Quant à leur faire dire quelque chose déplus, on ne voyait pas comment, on n'y pensait pas; cela n'intéressait pas. C'était un art fini.

Et pourtant, un beau jour, on vit un grand changement. Ces tristes rondelles lisses et glacées, avec leurs profils mornes dans leur éternel grènetis, leur revers glacial et typographique, ont été remplacées par de petites merveilles inliniment précieuses, vivantes et parlantes, qui charment nos yeux, s'adressent à notre pensée et se sont mêlées à notre vie publique et privée si étroitement, qu'elles nous ont même appris à la connaître, à l'apprécier et à l'aimer. Nos petites pièces

blanches portent jusqu'aux bouts du monde la (injure fièie el radieuse de cette jeune et vaillante Semeuse qui foule les sillons, dans Taurore, d'un pas ferme, alerte et de'cidé, et dont le geste large et hardi jette à travers l'espace, sans se soucier des vents contraires, la semence des grandes ide'es. Cet art, donc, épuisé soi-disant jusqu'à la moelle, a refleuri dans une poussée vigoureuse et magnifique au point que cette forme, hier jugée vieillie et surannée, en retard sur toute notre histoire contemporaine, est devenue une des manifestations les plus personnelles de notre génie artistique et celle qui, à l'instar des médailles du passé antique, portera à l'avenir l'image la plus fidèle de notre société dans ses habitudes, dans ses goûts et dans ses aspirations. Cette résurrection sathrmait officiellement à l'Exposition de 1 889^'^, mais elle est, en réalité, antérieure d'une vingtaine d'années, et l'Exposition universelle marquait d'une manièie exacte l'apogée de ce mouvement. Ce n'est [)as que dans les deux autres tiers du siècle, il n'y ait eu ni efforts suivis, ni personnalités exceptionnelles ou intéressantes. Mais tous les efforts avaient un caractère individuel et aucune des individualités, à l'exception d'une peut-être, celle de David d'Angers, qui n'est pas au sens précis du mot un médailleur, n'était arrivée à s'imposer à l'attention publique par des travaux qui pussent rivaliser avec les chefs-d'œuvre des autres genres. Au débul même, tandis que la peinture, avec David, n'avait pas attendu les jours nouveaux pour trouver un idéal en concordance avec les temps, \i\ médaille qui semblait si bien faite par sa nature pour consacrer les grands événements coup sur coup répétés de cette tragique période, bi médaille, à lacjuelle on fait pourtant un appel pressant de toute part, tout en se multipliant à l'infini, ne répond pas à ce qu'on pouvait espérer d'elle. Ce|)endant on ne peut oublier les noms de maints graveurs, savants |)i'aticiens ou artistes pittores([ues et animés, qui rattachent le siècle nouveau à l'ancienne tradition décorative des Pioetliers et des Warin. C'est Benjamin Duvivier, célèbre surtout [)ar

''* L'orgauisalL'ur de celle pelile série en a pajjalioii des livres darl, 1897; ^'^'^ incdailcnnserve' le souvenir dans une plaquelte qui leurs français conlemponiiits , album de Sa pi., fait connaîti'e les vicissitudes de son histoire à IL f^aurens, i8«)8; Les médail'rurs modernes , travers le siècle. (Voii- Roger Marx : Les mé- album de 3-2 pi., 1901.) duilleuvs français depuis y 7 Sg, Société de pro-

les médailles qu'il exécuta sous le règne de Louis XVI [la j\l(mscm(e du Dauphin, F Arrivée du roi à Paris en 178^), Augustin Dupré, l'auteur de la pièce a rHcrcuk et du Génie qui jusqu'à ces dernières années occupait la face de nos monnaies d'or; Droz, technicien habile; J.-E. Dumont, puis Galle et Gatteaux, qui, durant leur longue vie, formèrent plusieurs générations successives; Andrieu, artiste fécond et souvent heureux; Lavv, l'auteur d'une des plus belles elligies de Bona-

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