RoTï : La Peinture, plaquette fondue
parte (face de la médaille du rattachement de la Républi(|iie italienne à la France) ; Dumarest, Brenet, etc. Les derniers de ces graveurs arrêtent définitivement le caractère de la nouvelle période qui se manifeste, comme de toutes parts dans l'inspiration, par le retour à l'antique. Les générations suivantes, avec Barre, Bovy, iMichaut, Depaulis, Domard, Gayrard, Ernest Dubois, continuent plus ou moins librement cette tradition. Sur le llan de la médaille, les événements con-
temporains sp traduisent en doctes allégories, où Mercure avec son caducée, Pallas et son bouclier, les Victoires et les Renommées agilant
leurs palmes. ou leurs trompettes, les Sources ap|)uyées sur leurs urnes, et toutes sortes de jeunes femmes |)eu vêtues portant des couronnes et des drapeaux, tutoient les souverains en manteau de couronnement ou en uniforme de général, au milieu d'un jeu plus ou moins varié et tout aussi expressif d'accessoires emblématiques.
Mais voici pour la médaille, comme pour
les autres arts, une heure exceptionnellement
propice. Le romantisme, en ramenant le goût
jj pour un passé qui n'était plus exclusivement
, , ,, , "" le passé antique et en remettant en honneur
Ail il (Itcoralinn. • 1
Daniel DuPLis : La Source. 1''^ petits arts p| les techuiqucs vanéos, réveilla les curiosités des sculpteurs et les dirigea en partie sur la médaille. J ai déjà nommé précédemment les Jehan du Seigneur, les Antonin Moine, les Préault, les Klagmann, etc..
sculpteurs romanti([ues qui s'adonnèrent _______
aux petits bas-reliefs du médaillon ou de {•!|^^f7 la médaille. Mais de même que dans la l statuaire, se détache de ce milieu, à un ■' ^ rang tout à fait hors pair, la figure de David d'Angers.
Si. comme statuaire, ce maître a pu \ être exalté au delà de ses mérites, nul ne songe à lui discuter la gloire qu'il s est
acquise par l'admirable série de ses in- • ^
nombrables médaillons. Le choix de toutes ; A-nnirr !
les grandes physionomies humaines (pu [
ont illustré son époque, est traduit avec
la plus haute et la plus puissante éloquence
et tel de ses portraits résume à tel point le génie du personnage
représenté ([u'il en demeure insépai'able dans le soiivenii*. On peut
O. IloTï ; l^astiMir.
dire que, bien que conçue en dehors des formes de la médaille proprement dite, son œuvre assure un point de départ nouveau à la médaille moderne.
Sans doute Tart de la médaille n'est pas encore près d'atteindre son plus haut période. Il reste encore entre les mains des professionnels qui, comme partout, vivent sur les traditions et ne préparent qu'une marclie lente au progrès. Toutefois, dans les générations suivantes, autour des doyens qui restent debout, comme Gatteaux, pendant presque l'espace entier d'un siècle, on peut distinguer deux
Arl et ilécoialion .
J.-C. Chaplain : 0. (jréard.
figures particulièrement intéressantes. L'une est Farochon, dont on ne peut oublier le porlrail dlngres, de face, si énergique et si expressif, ni le si intelligent jeton delà Société des Biblio'phdes français; l'autre, plus importante, car elle marque un petit pas en avant, est Oudiné. Le nom de cet artiste est devenu populaire tant on Ta vu pendant longtemps au-dessous de nos avant-dernières monnaies que certaines des nouvelles font regretter. Esprit distingué et artistiquement doué, s'il continue la tradition dans l'abus monotone des dispositions symétriques pour ses éléments figuratifs et dans l'emploi d'un langage
siiraniië d'emblèmes rebattus pour la composition des rébus allégoriques d'usage, il se tourne avec intelligence du côté de la Grèce jinli(|ue au moment où un groupe de peintres, dont nous avons parlé, la remettait en faveur, et il lui doit Félégance, la pureté et la noblesse de certaines de ses figures représentatives.
Art et décoralloii.
Bottée : Plaquette décorative.
Nous touchons à l'aurore de la renaissance de la médaille. Elle est annoncée par toute une pléiade de sculpteurs tels que Carpeaux, Gbapu, et, plus jeune, Degeorge, qui re[)rennent l'œuvre de David d'Angers et, à l'imitation des grands Florentins du xv*" siècle, que leur génération, peintres et sculpleurs. prenaient volontiers pour modèles, ils conduisent le médaillon vers la médaille fondue qui a brillé un peu plus tard, avec Chaplain et Roty, d'un si vif éclat.
Ail ft déanat
Bottée : Plaquette décorative.
Chapu avait débuté comme médailleur, puisqu'il avait obtenu en i85i le second grand prix pour la médaille. Si le sort lui avait assigné le premier j)rix, peut-être sa carrière se fiU-elle principalement développée dans cette voie. Il garda pour cette forme d'art une prédilection, marquée par la série de portraits et de sujets, traités à la façon de la médaille, en reliefs de très faible saillie. Il eut autour de lui une intluence considérable, reconnue ouvertement par ses héritiers.
A côte d'eux, le graveur Ponscarme, tout récemment décédé et qui a distribué l'enseignement officiel à l'Ecole des Beaux-Arts, jusqu'aux dernières générations, assurait le renouveau de la médaille frappée par l'affranchissement de servitudes étroites et de pratiques surannées (pii sévissaient dans l'exécution. Il tint dans la médaille le rôle que joua Gaillard dans la gravure au burin. La pièce qui marqua cette rupture avec les errements du passé est la médaille de iSaudet^ membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, cr devenue historique??, écrit justement M. Boger Marx.
<}<sr^^i'^
Arl et décoration.
0. RoTï : Médaille commémoralive des funérailles du président Carnot, face.
La petite révolution que Ponscarme accomplit ne peut se comprendre qu'en comparant cette médaille de Naudet à celles qui la précédaient. Jusqu'alors, sur le fond luisant et glacé du flan, le profil se découpait en une silhouette nette jusqu'à la dureté, tandis que la rclettrer, gravée à part, développait dans une régularité indifférente ses caractères typographiques au-dessous d'un éternel grènetis. Pons-
carme appliqua à sa médaille frappée les lois de la statuaire et Te'tal)lil comme il eût lait d'un médaillon, reliant au fond, désormais maté, la figure qui s'y fondait insensiblement, supprimant l'encadrement banal du pointillé et modelant lui-même sa lettre, apportant en somme à sa composition Tunité et Tharmonie qui faisaient défaul à celles d'autrefois. Ces trouvailles, bien menues sembic-t-il, furenl pourtant le point de départ de l'évolution nouvelle. Les élèves de Ponscarme développèrent cet esprit d'observation et de méthode et il en devait sortir quelques personnalités qui ont formé une exceptionnelle génération.
Art el Jêcnrntion