STATUTS
lO II est formé entre : i° les ouvriers, journaliers, domestiques de ferme et ouvriers des industries annexes à l’agriculture ; 2° les colons, fermiers et métayers cultivant par eu.x-mêmes ; 3° à titre
^.ü4 HISTOIRE DES BOURSES DU TRAVAIL
exceptionnel, les [iropriélaires de fonds ruraux ne dépassant pas 10 hectares en cultures diverses et i hectare en vignes à com[)laut, (jui adhéi'cront aux présents statuts, une union ijui aura pour titre : Syndical des travaillenns de la terre et des industries annexes du canton de...;
•i» La durée de cette union et le nombre de ses membres sont illimités ;
Sii Tout travailleur d’une des catégories énumérées dans l’ai'l. i peut faire [larlie de Tunion, quels que soient son sexe et sa nationalité.
4“ L’union a pour but de .sauvegarder les intérêts matériels et moraux de ses membres.
5“ § I . Elle se préoccupera d’abord des conditions du travail, s'elïorcera non seulement de maintenir, mais d’élever par tous les moyens possibles le taux des salaires ; interviendra dans les discussions et les conflits (|ui naîtront entre les patrons et les ouvriers, se mettra en rapports avec les propriétaires et tâchera d’obtenir d’eux les conditions les meilleures, s’elTorcera de procurer des emplois à ses membres de façon à amener progressivement la diminution, puis la disparition des louées publiques.
I 2. Pour éviter à ses menibres des frais de justice, elle établira des comités d’arbitrage chargés de régler à l’amiable les conflits entre ouvriers et patrons qu’elle n’aurait pu résoudre elle-même.
I 3. En ce qui concerne les conditions du métayage et du fermage, elle recueillera toutes les données possibles sur le prix des terres dans la eontrée, le montant de leur affermage, le rapport entre ce montant et le revenu brut et net des terres, puis elle établira des modèles de baux, et, en général, fournira aux colons, métayers et fermiers tous les renseignements statistirpies et judiciaires de nature à leur permettre de discuter leurs intérêts avec les propriétaires sur le pied de l'égalité.
§ 4. bille exigera, des propriétaires admis parle § 3 de l’art, i, qu’ils n’emploient, le cas échéant, d’autres ouvriers, journaliers et domestiques, que ceux ayant adhéré à ses statuts, et elle établira avec eux le taux des salaires à payer.
§ Elle organisera ou encouragera les entreprises de travail en commun : transport aux marchés voisins du plus grand nombre de produits avec le moins d’animau.x, de voitures et de personnel possible; pacage collectif dans les landes et les prés communaux; création de coopératives pour la fabrication du beurre,
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(lu fromag'e, eic. ; organisation d’équipes de l)a(leurs;en un mot, elle suscilera toutes les entreprises collectives possibles et propres à diminuer les frais de revient d’outilla<^e, de transport et de locaux.
I G. Elle favorisera l’entente entre ses membres pour l’achat collectif des outils, semences et engrais; elle recherchera les acquereurs de proeJuits agricoles et s’efforcera de les mettre en rapports avec scs adhérents.
§ 7. Elle soutiendra, en matière de salaires, de blessures entraînant une incapacité de travail, de dol, etc., les intérêts de Ses membres devant les tribunaux et se chargera de faire exécuter les jugements; elle consentira les avances d’argent à ceux de ses mendires qui ne pourraient attendre l’exécution du jugement rendu en leur faveur.
I 8. Elle fera tous les efforts nécessaires, non seulement pour éviter qu’on aliène, mais encore pour obtenir qu’on augmente les biens communaux ;
Go I. Pour aider au développement moral de ses membres, l’union créera une bibliothèque. Elle organisera en outre des conférences périodiques ayant pour but : lo d’exposer tes avantages du syndicat au point de vue de l’amélioration immédiate de sort des travailleurs; 2“ d’indiquer pourquoi cette amélioration ncpeut être que temporaire, et est subordonnée à l’aggravation du sort d’autres groupes d’individus, la fin nécessaire de toute association de producteurs étant ainsi la suppression de la propriété individuelle ; .3° d’exposer le fonctionnement économi(jue de la société et de montrer qu’en même temps (|ue les méthodes de production nouvelles augmentent de plus en plus la richesse générale, le nombre de ceux qui possèdent moins que le nécessaire devient de plus en plus considérable; l\° de montrer les avantages de l’association et du travail en commun à l’aide d’instruments mécaniques, tant en ce qui concerne l’augmentation de la production qu’en ce qui concerne l’économie des frais;
70 L’union viendra pécuniairement en aide, selon ses ressources, cà tous les travailleurs agricoles syndiqués en clu'image.
8° Pour faire partie de l’union, il faut verser un droit d’entrée
de . . cette cotisation étant payable dans le courant de l’année,
aux époques fixées par l’adhérent.
Sont dispensés de la cotisation les membres malades, en clmmage ou accomplissant une période d’instruction militaire. Cette
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exception ne concerne pas les adhérents des deux dernières catégories ;
Ç)° L’Union est administrée par un secrétaire et un trésorier élus en assemblée générale, toujours révocables et rééligibles, et par une commission de contrôle permanente composée, tous les trimestres, de trois membres de l’union pris dans l’ordre alphabétique ;
10“ L’union se réunit tous les trois mois en assemblée génénérale ;
I io Le bureau se réunit ordinairement tous les huit jours, et extraordinairement sur la demande de deux de ses membres. Il a pour mission de veiller aux intérêts de la société, d’appeler son attention sur tout ce qui se rattache à l'objet de l'union, ainsi que sur tout ce qui pourrait produire l’amélioration matérielle et morale des sociétaires, sans nuire à l’exercice de leur liberté.
II organise les conférences et recueilletous les documents énumérés au § 3 de l’article 5;
12° Le secrétaire rédige les procès-verbaux et la correspondance et noue des relations avec les autres syndicats similaires de la France et de l’étranger, la fédération départementale des syndicats de travailleurs de terre de la région et la Bourse du Travail voisine;
i3“ Le trésorier recouvre toutes les sommes dues à l’Union, solde les dépenses visées par le secrétaire, dresse chaque trimestre un état financier destiné à être examiné par la commission de contrôle et discuté par l’assemblée générale. Il doit déposer dans une caisse publique toute somme excédant le montant normal des dépenses du trimestre;
i4“ L’union adhère à la Bourse du Travail voisine;
i5° Elle ne traite que de questions économiques et n’adhère à aucun parti politique ;
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Méthode pour la création des Maisons de marins et des Syndicats de pêcheurs (1).
... Dès les premiers jours de janvier, nous pressentîmes quelques-unes des Bourses du Travail des ports sur les moyens qui nous semblaient propres à l’organisation des marins, des pêcheurs et des ouvriers des docks. Au moment, disions-nous, où s’agite la population qui vit de la pêche (allusion aux grèves nombreuses et parfois violentes qui ont éclaté depuis deux ans sur le littoral de l’Océan et dont V Oavriei' des Deux-Mondes s’est occupé l’année dernière, n“ 0, pp- 88-91) et où dirigeants et capitalistes s’efforcent, les uns d’exploiter au profit de leurs intérêts économiquesle mécontentement des pêcheurs contre les fabricants de conserves, les autres de servir leurs intérêts politiques en ouvrant aux marins, pendant leurs séjours à terre, des asiles où ils puissent les soustraire à la prédication socialiste ; il est urgent que les syndicats ouvriers mettent toute l'énergie et toute la force dont ils disposent au service des exploités de la mer. Et comme, ajoutions-nous, ces travailleurs sont d’humeur indépendante et vivent peu à terre, le seul moyen de les attirer et de les obliger, en quelque sorte, à entendre notre enseignement, c’est de leur olfrir ce que leur offrent les maisons-de-marins capitalistes : le placement rapide et avantageux et, dans l’intervalle de leurs campagnes, l’alimentation saine et économique d’une maison ouvrière. Entrés ainsi dans l’organisation corporative, rien ne sera plus facile que de les y retenir en leur ouvrant nos livres et nos journaux et en leur exposant les principes d’association économique et de liberté individuelle qui sont toute la doctrine socialiste.
Pour faciliter la réalisation de ce programme, nous esquissons (laissant aux camarades de chaque port le soin de la perfectionner ou même de la modifier) la méthode de propagande à (notre
(i) Extrait du rapport sur les travaux du Comité fédéral pendant . l’exercice 1897-1898, présenté au VII» Congrès national des Bourses du Travail (Rennes, 21-24 septembre 1898). — L’Ouvrier des Deux-.Mondes, n» 18, août 1898.
sens la pins pralnpie. Parmi les maisons-de-marins qii’onl fondées de concert armateurs, conseils g’énéraux el municipaux et eliamlires de commerce, aidés tlu ministère de la Marine, quelques-un’s, il est vrai, disposent d'un budg-et considérable, et, bien que les Bourses du travail nous paraissent posséder des moyens exceptionnels qui leur permettent de faire concurrence aux capitaux bourg'eois, peut-être n’aurions-nous pas osé proposer aux Bourses de rivaliser avec nos adversaires, si toutes les maisonsde-marins s'étaient constituées avec les ressources qu’ont eues, par cxcm[)le, celles de Bordeaux et de xMarseille. Mais, outre que les bùtcls-de-marins pourvus de grosses dotations n’oul sur les autres que la supériorité d’une installation plus luxueuse (les services étant les mêmes et les marins n’y fréquentant pas plus que dans les hôtels de second ordre), la modicité du budget d’hôtels comme celui de Nantes nous- avait frappés. Si, pensionsnous, avec quelques milliers de francs seulement par an (beaucoup moins que ne dépensent bien des Bourses du Travail), sans aucune des ressources que possèdent les organisations ouvrières, sans les affinités latentes qui existent entre hommes de même condition et également exploités, sans l’habileté d’organisation et de propagande qu’une longue expérience a donnée aux syndicats, el surtout malgré la naturelle répugnance que doivent éprouver les marins à se soumettre volontairement pendant leur séjour à terre au joug patronal subi par force pendant leurs campagnes, si, malgré tous ces obstacles, quelques milliers de francs ont suffi aux conservateurs pour créer au moins un embryon de Fédération parmi les travailleurs de la mer, à quels résultats nos associations ouvrières, mues par l’idéal socialii-tc, ne pourront-elles pas prétendre? L’utilisation de leurs ressources matérielles et morales, limitées financièrement, mais pour ainsi dire infinies et extrêmement variées par ailleurs,jointe à une savante division du travail, leur facilitera le succès. Aux Bourses du Travail, le groupement des marins et des pécheurs, leur [)lacement, leur éducation économique, la coordination des tentatives faites par eux depuis (juelques années pour la défense de leurs intérêts ; aux sociétés coopératives, l'administration des hôlels-de-marins et la constitution d’associations pour la vente directe aux consommateurs des produits de la pèche, presque intégralement absorbés aujourd’hui par les fabricants de conserves.
Eu ce qui concerne les pêcheurs, du reste (et l’ouverture de
pareathèse ii’esl pas inutile, car les Bourses du travail doivent connaître les tentatives occultes faites contre leur œuvre par la classe bourgeoise), un événement récent nous a prouvé que notre projet était de réalisation relativement facile et de nature à séduire tous ceux qui s'intéressent aux travailleurs encore étrangers au socialisme : les uns pour les mettre en garde contre le socialisme, les autres pour le leur enseigner. En rendant compte (n“ 10, p. lôa) des Congrès de Toulouse, l’Oaurier des Deux-Mondes annonça la constitution, sous le titre : les Pêcheurs français et l’étiquette coopérative, d’une société ayant pour but de « créer dans chaque centre de pêche un magasin rjui distribuerait aux pêcheurs à des prix de gros les aliments et les objets nécessaires à leur industrie; de vendre en commun le produit de la pêche, sans intermédiaire ni criée locale, etc. » Cette société était, en réalité, l’œuvre d’un seul, et un seul parvint non seulement à poser les fondements d’une Fédération gigantesque comprenant tous les pêcheurs du littoral, mais encore à augmenter de 60 0/0, par la vente directe des produits de la pêche à Paris, le bénéfice des pêcheurs. Depuis, et pour des motifs où les intérêts de la politiriue conservatrice ont une part prépondérante, l’initiateur de la société les Pécheurs français vient d’être supplanté par le Musée social, et une société (celleci composée de conseillers supérieurs de la marine marchande, de commissaires généraux de la marine) est en voie de formation pour travailler sur nouveau.x frais à l’exploitation de l’ignorar'ce des pêcheurs.
Or, ce qu’un homme seul, privé de capitaux, doué seulement de son activité, a pu tenter avec succès, la Bourse des sociétés ouvrières de consommation de Paris, les sociétés coopératives et les Bourses du Travail des ports ne pouvaient -elles pas l’accomplir? Pour le groupement et la coopération des pécheurs, frais de propagande et d’admisistration presque nuis. Tandis qu’une personnalité devait pourvoir pendant la période d’organisation aux dépenses nécessitées par ses séjours dans les différents centres de pêche, les Bourses du Travail et les sociétés coopératives, constituées sur place ou à proximité, pouvaient associer les pêcheurs, leur prodiguer aide et conseils, les mettre en garde contre les manœuvres des fabricants de conserves, en utilisant leur administration propre; d’autre part, la Fédération des sociétés coopératives socialistes de Paris pouvait constituer l’administration chargée à la fois des relations avec les ports et
avec les consommaleurs parisiens. Quant aux hùlels-Je-marins, leur établissement était plus facile encore, puisque (la consommation des marins pourvoyant aux dépenses d’alimentation) l’unique dé])eusc qui incomberait aux Bourses du Travail et aux sociélés coopératives serait la location de modestes immeubles contenant une salle de restaurant et une salle mixte : à la fois bureau de placement, bibliolhèipie, centre de conférences.
Nous exposâmes donc aux Bourses du Travail la partie de ce projet la plus immédiatement réalisable, celle, au reste, en qui se trouve contenu le projet tout entier, à savoir : l’ouverture des hôtels-de-marins et la création parmi les pêclieurs de syndicats, qu’il serait ensuite facile de fédérer et d'amener à une entente avec les sociétés coopératives otwriéres de Paris. Ceprojel, qui, pour le dire en passant, intéresse plus de cent mille travailleurs, et a été en partie préconisé par les Cong-rcs. nationaux maritimes, notamment pai' celui tenu à Bordeaux en iSqa, fut favorablement accueilli. De Nantes, de Saint-Nazaire et du Havre, des encouragements nous sont venus; néanmoins, l’effort nécessaire a paru trop grand, étant donnés les insuccès antérieurs. Des tentatives, nous déclare-t-on, ont été déjà faites pour grouper les marins; malheureusement, cette catégorie de travailleurs est si préoccupée, dans l’intervalle des campagnes, de dépenser les réserves de force accumulées pendant les campagnes mêmes, qu’elle est, pour ainsi dire, insaisissable et que, jusqu’ici du moins, il n’a pas été possible de la faire participer à l’action ouvrière socialiste. Les maisons-de-marins conservatrices avouent elles-mêmes, dans des rapports récents, n’avoir « pas recruté parmi les marins toute la clientèle sur laquelle elles comptaient «. D’autre part, on nous objecte que les sociétés coopératives ont assez à lutter contre les coalitions commerciales pour ne pouvoir actuellement disperser leurs efforts en essais nouveaux.
Assurément nul n’espérait ([ue la campagne de propagande ouverte par le sixième Congrès des Bourses du Travail pùt produire des résultats immédiats ;peut-être y faudra t-il des années, et l’assurance donnée par nos camarades des villes maritimes qu’ils entendent ne point négliger les travailleurs de la mer, nous permet d’augurer favorablement de l’avenir; cependant, les objections exigent dès maintenant les réponses suggérées par une étude plus approfondie de la campagne commencée.
Tout d’abord, le groupement des marins ne sera difficile, croyons-nous, que si, au lieu de les conquérir à l’idée de ce grou-
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pemenl par la perspective cl’avantag'es comprenant à la fois l’affranchissement de l’exploitation des placeurs et surtout le respect de leur indépendance, on ne leur présente que des avantap;’es moraux dont l’utilité leur échappe. Leur recommander l’association pour l’association, la constitution de syndicats pour l’attrait exclusif de l’enseignement social qu’ils y recevront, c’est intervertir l’ordre logi([ue des choses, puisque leur indilférence pour le syndicat vient précisément de leur ignorance en matière de socialisme. Bien plus facile, à notre sens, serait leur recrutement et, par suite, la tâche de les enseigner, si on leur offrait, avec la certitude d’un embarquement net de toutes les charges imposées aujourd’hui par les marchands d’hommes, une hospitalité fraternelle qui laisserait intact leur appétit de liberté. En tout cas, le problème consiste, étant données l’indilFérence et l’insaisissabilité des marins, à trouver les moyens les plus pratiques de les faire entrer dans le mouvement syndical, c’est-à-dire là seulement où ils seront, en quelque sorte, obligés de connaître le socialisme.
En second lieu, pour réaliser ce but, il est évident que si les Bourses du Travail et les Sociétés coopératives, unies, peuvent tout, isolées, elles seront impuissantes. Les seniors' home, par exemple, ont un double caractère : syndical et corporatif, (jui ne peut pas, qui ne doit pas être méconnu ou négligé. Les Bourses du Travail n’ont pas plus les facultés administratives des sociétés coopératives que celles-ci n’ont les facultés d'organisation et de propagande des Bourses ; ces deu.x formes d’association ouvrière doivent donc concourir également à l’œuvre mixte (jui concerne les travailleurs de la mer et y concourir par une entente, non par une fusion .
Ces observ'alions émises, il importe de considérer les conséquences capitales d’une propagande telle que nous venons de l’exposer parmi les marins et les pêcheurs. Elle ferait pénétrer le socialisme doctrinaire dans des cerveaux (|ui lui ont été jusqu'ici fermés ; elle adjoindrait au.x forces révolutionnaires des hommes dont la sincérité et l’énergie sont considérables ; enfin, l’union créée par elle entre les associations ouvrières de tout genre donnerait à l’ensemble de ces associations une cohésion telle qu’elles pourraient désormais entreprendre avec les plus grandes chances de succès tout ce qui est de nature à hâter la transformation sociale et n’auraient, pour ainsi dire, plus rien à craindre de l’arbitraire capitaliste et gouvernemental, maître aujourd’hui du sort de nos institutions divisées.
Statuts de la Fédération des Bourses du Travail de France et des Çolonies
Article premier. — Une Fédération est formée entre toutes les Bourses du Travail de France et des Colonies . Elle prend le titre de: Fédération des Bourses du Travail de France et des Colonies.
Elle a pour but :
1“ D’unifier et de faire aboutir les revendications des Syndicats ouvriers ;
2“ D’étudier et de propag'er l’action des Bourses du Travail dans les centres industriels et agricoles ;
3° De réunir tous les éléments statistiques et de les communiquer aux Bourses adhérentes, et en même temps de généraliser le placement gratuit des travailleurs des deux sexes et de tous les corps d’Etat
Art. 2. — Pour l’exécution des décisions de \di Fédération des Bourses du Travail de France et des Colonies, immédiatement après la réunion du Congrès annuel, les Bourses du Travail fédérées nommeront chacune un délégué afin de constituer le Comité fédéral, qui siégera dans la ville désignée par le Congrès. Ces délégués devront faire partie d’un Syndicat adhérent à une Bourse du Travail.
Le Comité fédéral nomme son bureau ainsi composé : un secrétaire (permanent si besoin est et si ta caisse le permet); un secrétaire-adjoint, un trésorier, un trésorier-adjoint. Le secrétaire ou le trésorier représentent la Fédération pour signer ou recevoir toutes pièces ou valeurs adressées au nom de la Fédération .
Art. 3. — Une commission de trois membres pris dans le Comité fédéral est nommée pour vérifier la gestion financière de la Fédération et présenter ua rapport au Congrès.
Art. 4 — Au cas où les pouvoirs publics entraveraient l’action du Comité fédéral, celui-ci serait remplacé d’office par la Commission exécutive de la Bourse du Travail où aurait eu lieu le dernier Congrès de la Fédération.
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Cette Coriirnission ferait convoquer immédiatement les Bourses fédérées en un Congrès extraordinaire dans la ville précédemment désignée.
Art. 5. — Il est créé, au sein de la Fédération des Bourses, une Commission d'initiative et de propagande chargée d’envoyer des conférenciers dans les centres ne possédant pas de Bourse, afin d’étendre le plus possible ces institutions. Le Comité fédéral est autorisé à charger les Bourses du Travail elles-mêmes de faire cette propagande dans leur région.
Art. 6. — Les frais créés par le Comité fédéral sont à la charge des Bourses du Travail fédérées.
Art. 7. — Les statuts de la Fédération ne sont révisables que par un Congrès. L’ordre du jour du Congrès de la Fédération devra être publié et envoyé aux Bourses deux mois au moins avant le Congrès.
.\rt. 8. — Les délibérations officielles du Comité fédéral seront insérées dans les Bulletins des Bourses du Travail.
Art. 9. — La présence de la moitié plus un des représentants des Bourses du Travail fédérées sera nécessaire pour assurer la validité des délibérations du Comité fédéral.
Le Comité fédéral devra avertir les Bourses du Travail fédérées lorsque leur membre aura mampié trois fois de suite à ses séances.
Les Bourses du Travail devront statuer dans le délai d’un mois.
Art. 10. — Sont admises au Congrès toutes les Bourses du Travail, mais l’adhésion au Congrès implique l’adhésion à la Fédération.
Les Bourses qui n’auront pas justifié d'un trimestre de présence et de cotisation à la Fédération n’auront que voix consultative.
Nul délégué ne pourra avoir plus de 4 mandats.
Art. II. — Les Bourses du Travail adhérentes <à la Fédération doivent refuser tout concours pécuniaire aux Bourses du Travail non fédérées, ainsi qu’aux Syndicats qui ne sont adhérents ni II l’Union nationale de leur profession, ni à l’Union locale des Syndicats.
Art. 12. — Les ressources de la Fédération des Bourses du Travail de France et des Colonies se composent des cotisations des Bourses du Travail fédérées. Elles sont ainsi fixées; .
Bourses ayant de i à 5 Syndicats, i fr. 76 par mois ;
Bourses ayant plus de 5 Syndicats, o fr. 35 par Syndicat et par mois.
Art. i3. — Les Bourses du Travail fédérées devront acquitter leurs mensualités au moins tous les trimestres.
Chelles dont les municipalités ou l’Etat auront supprimé les subventions devront inviter les organisations syndicales les composant à pourvoir au paiement des cotisations à la Fédération. Ces cotisations seront centralisées par elles, pour être versées par trimestre au moins.
Art. 14. - Toute Bourse fédérée, en retard du paiement de scs cotisations, sera considérée comme démissionnaire, après un avis de payer resté sans réponse, dans un délai de trois mois.
Toutefois elle ne pourra être rayée que par décision du Congrès des Bourses.
Dans le cas de force majeure, et sur sa demande, un laps de temps lui sera accordé pour se liquider. En aucun cas, ce délai ne pourra excéder une année.
Art. i5. — Toute Bourse du Travail radiée ou démissionnaire, pour être admise de nouveau à la Fédération, devra acquitter ses cotisations à partir du jour où les paiements ont été suspendus jusqu’au jour de la demande de réadmission.
Le Comité fédéral appréciera les raisons qui empêchent une Bourse de payer ses cotisations. Le Congrès décidera.
AaT. 16. Un règlement intérieur sera élaboré parle Comité
fédéral.