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LES « PARTIS OUVRIERS » ET LES SYNDICATS

supérieure, mais uniquement une nouvelle couche J’aspiranls-politiciens, à peine cllfTcrents des radicaux et dépourvus du prestige, alors incontestahle, des députes de l’Extrôme-Gauche. Aussi le corps électoral, pour qui le mol « socialisme » ne représentait aucune idée nouvelle, se gardait-il de donner scs suffrages à des inconnus, mettant ainsi le Parti dans l’impossibilité d’offrir aucun des avantages qu’il avait promis.

J’our achever de discréditer le parlementarisme préconisé par le Parti, il ne fallait plus que l’adoption par les chambres de quelques lois <( sociales ». Expérimentalement, le peuple se convaincrait que, non seulement ces lois étaient ou incomplètes ou inapplicables, mais qu’nlles ne pouvaient pas ne pas l’ètre, l’argent plaçant les hommes au-dessus de la loi, leur soumettant tous les pouvoirs, juridiques et politiques, et (à défaut même de ces prérogatives) leur assurant la possibilité de rejeter sur la classe qui produit, le poids des charges légales dont ils viendraient à être frappés. C’est ce que permirent, en effet, de constater, outre la loi du If) mai 1874 sur le travail des enfants et des tilles mineures, celles du 12 juillet 1880 supprimant l'interdiction de travail prononcée par la loi du 18 novembre i8i4 pendant certains jours de l’année) du 16 février i883, qui remettait en vigueur celle du 9 septembre 1848 sur la durée du travail et qui n’a jamais été appliquée; du 10 décembre 1884 sur les conseils de prud’hommes, le décret du 3 avril 1889, qui apporta des exceptions à l’article i®’’ de la loi du 9 septembre 1848, l’arrêté du Conseil d’Etat en date du 21 mars 1890 et relatif aux travaux publics communaux, du 8 juillet 1890 relative aux délégués à la sécurité des ouvriers mineurs, du 2 novembre 1892 sur le travail des femmes, des filles mineures et des enfants.

Toutes ces lois, rendues inapplicables par le judaïsme des interprétations, par la fertilité d’esprit des employeurs (prompts à substituer aux moyens d’exploitation interdits des moyens plus oppressifs encore), éclairèrent les hommes qui composaient les diverses fractions du Parti sur la va-

leur lie l’action parlementaire. Insensiblement, mais incessamment, les raug-s s’éclaircirent, les membres des groupes les plus modérés entrant dans les groupes plus révolutionnaires pour en ressortir bientôt et se donner tout entiers à l’action économique, devenant peu à peu des négateurs de toute action législative et remplacés par de petits bourgeois désireux de jouer aux dépens des masses, aveugles et d’autant plus confiantes, un rôle politique.

Ainsi, dès la renai.ssance du mouvement ouvrier en France, deux conceptions se partagèrent les esprits, touchant le mode d’organisation et de lutte de la collectivité socialiste. L’une, professée par des hemmes ignorants et routiniers (en dépit de leurs connai.ssances économique.s), s’inspirait uniquement des faits visibles et, crojaut que l’Etat, simple instrument de l’organisation sociale, en avait été l’artisan, le considérait comme indispensable au perfectionnement des sociétés et, par suite, tendait à augmenter ses attributions en y ajoutant celles de producteur et de répartiteur de la richesse publique. L’autre, émanée d’hommes chez qui l’intuition suppléait au défaut de science économique, considérait (avec Proudhon) que les fonctions sociales peuvent et doivent se limiter à la satisfaction des besoins humains de tout ordre, et, con.statant que l’Etat n’a pour raison d’être que la sauvegarde d’intérêts politiques superflus ou nuisibles, concluait à son remplacement par la libre association des producteurs. La première de ces conceptions recommandait la conquête .systématique, mais légale, de chaque fonction élective, la substitution du personnel politique socialiste au personnel politique capitaliste devant entraîner la transformation du système économique; la seconde parlait de mutuellisme, de coopération, de crédit, d’association et professait que le prolétariat possède en lui-même l’instrument de son émancipation.

Sans doute, on pouvait reprocher aux unions professionnelles une timidité excessive. Elles se défendaient de professer le socialisme et n’avaient même pas été éloignées de

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