VIII NOTICE BIOGRAPHIQUE
Aussi disparut-il regretté de tout le monde.
Son nom restera glorieux dans notre histoire pour être transmis à la postérité la plus reculée.
Parmi les compositions littéraires qu’il a laissées, son Histoire des Caciques d'Haïti dont nous publions la deuxième édition, après quarante années d'intervalle, est incontestablement l’œuvre nationale la plus digne d'intérêt que l'on puisse consulter sur les antiquités haïtiennes.
Remarquablement bien combinée, présentée sous une forme attrayante et écrite dans le style le plus correct, cette magistrale étude n’a pas été sans attirer seulement l'attention de nos concitoyens; elle a encore mérité l’insigne honneur d’être soumise à l'appréciation de la presse étrangère.
La Feuille du Commerce des Courtois, le Moniteur officiel de la République, la Revue contemporaine de Paris, ont été les trois principales publications qui ont, tour à tour, fait l’analyse critique du livre de la facon la plus élogieuse pour l’auteur.
Comment pourrait-on laissér périr une telle œuvre ?
Justement appréciée des contemporains de l’auteur, elle ne pouvait, en effet, être ignorée de notre génération. Nous avons compris de nôtre devoir de la faire revivre pour la mettre entre les mains de cette brave jeunesse qui s'intéresse tant aux choses de l'esprit.
Voilà ce qui explique pourquoi nous avonsentrepris cette tâche avec l’autorisation des parents d'Émile Nau.
Qu'il nous soit permis, en terminant, d'exprimer un regret : c'est de n’avoir jamais connu l’illustre écrivain autrement que par ses œuvres. Cela ne suffit pas pour nous permettre de parler à l’aise de l’homme qui a fourni à la République une carrière courte 1l est vrai, mais pleine de dévouement, de fierté et d’indépendance.
A d’autres est réservé le soin de faire des recherches plus savantes pour présenter dans l’histoire de la littérature haïtienne cette glorieuse figure d'Émile Nau qui fut toute sa vie non seulement un amant passionné des lettres, mais encore un citoyen modeste autant qu’un ami sincère,
Port-au-Prince, le 10 mai 1893,