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LIVRE XVI. a

couvroit déjà de scs premières ombres la retraite successive des braves troupes qui avoient si vaillamment défendu la capitale : elles s’écoulèrent sans désordre et sans bruit.

A la chute totale du jour, un spectacle nouveau vint frapper les regards. D'innombrables feux couvrirent d’une lumière rassurante et vive cette suite de collines qui^ du nord à l’est , commandent Paris. Ce voisinage des alliés rappela aux Parisiens qu’ime année auparavant Napoléon avoit juré que , lors même que les ennemis occuperoient les hauteurs de Montmartre, il ne leur rendroit pas un seul des villages réunis aux antiques domaines de la France.

L’espérance et le calme commençoient à rassurer les esprits; on se disoit tout bas : « Enfin , on a capitulé , Paris est sauvé ; il » est sauvé pour là France, et perdu pour » Napoléon. Dieu a livré aux souverains » alliés la capitale de l’empire français J» comme un juste châtiment des malheurs » infligés à Moscou, à Vienne, à Madrid, » à Berlin , à Lisbonne , par le dévastateur » de l’Europe. »

Mais Paris n’étoit pas encore à l’abri de tous les périls; une horrible tentative de

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destruction menaçoit encore cette capitalè que deux cent mille soldats étrangers venoient de respecter. Buonaparte avoit donne l’ordre de faire sauter la poudrière de Grenelle, et ce magasin contenoit deux cent cinquante milliers de poudre en grain , cinq millions de cartouches d’infanterie, vingtcinq mille gargousses à boulet, trois mille obus chargés, et une immense quantité d’artifice. La moitié de Paris eût été anéantie de fond en comble , par l’effet d’une si épouvantable explosion ; etc’étoitlà, sans doute, ce dernier coup de désespoir dont on menaçoit sourdement Paris , et qui devoit effrayer les générations présentes et futures. A neuf heures du soir , arrive près de la grille Saint- Dominique, un colonel, à cheval, qui demande le directeur de l’artillerie. Le major de Lescourt se présente ; « Monsieur , dit le colonel, le ' magasin à poudre de Grenelle » est-il évacué? Non, répond le major; d » ne peut même pas l’être : nous n avons » pour cela ni assez de temps, ni assez de chevaux. — Hé bien, il faut le faire sauter » sur-le-champ. » A ces mots, le major pâlit, et sé trouble. — « Hésiteriez-vous, « Monsieur? » dit le colonel. Revenant à

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