LIVRE XVI. a4i
soit de l’attaque générale des alliés , soit de l’effet désastreux des ordres transmis par Napoléon.
S’ils pai’vinrent trop tard aux chefs militaires , il n’en fut pas de même à l’égard des chefs de la police. Ces hommes , si lâchement voués au despotisme , n’avoient pas cessé un instant de provoquer la ruine de la capitale. Avant même d’avoir eu connoissancc des intentions de leur maître , si conformes au plan infernal qu’ils avoient essayé jde mettre â exécution, ils faisoieii^ eiiç^e des Bulletins ipour tromper le peuple et pour l’exaspéren Leurs' émissaires parcouroient tous les quartiers , annonçant tantôt que l’ennemi éloit repousse, tantôt que le roi de Prusse venoit d’être coupé avec une colonne de dix mille hommes, et qu’on alloit le voir entrer prisonnier; ils débitoient ces grossiers mensonges au moment où le peuple apercevoit des excellences, des altesses, des grands dignitaires, des majestés mêmes , triste exemple de la fragilité des grandeurs humaines, continuer leur retraite , et déceler, par leur abattement , la fausseté de ces bruits de victoires. Mais rien ne pouvoit décourager les adhérens de Napoléon. Quand ils eurent l’assurance qu’il s’approchoit en personne de Paris avec son armée ^ ils poui'7
24a CAMPAGNE DE 1814.
suivirent avec une nouvelle energie 1 execution de leurs projets sinistres. Ils semèrent l’argent parmi la populace dans le faubourg Saint- Antoine , ainsi que dans les autres quartier» populeux, et l’excitèrent à se -soulever, en faisant un appel aux plus furieux démagogues; en assignant des conciliabules nocturnes , et en mettant tout en oeuvre pour traverser la capitulation ou pour la rompre avec violence , par un mouvement populaire. Mais 1 attitude impassible de la masse des Parisiens déjoua leurs calculs affreux; et , contre cette force d’inertie, vinrent se briser leurs tentatives homicides.
Vers la fin du jour seulement , on avoit su , dans Paris, que le frère de celui à qui on pouvoit imputer tous les malheurs publics , avoit autorisé le maréchal duc de Raguse à traiter avec les généraux alliés , et l’on avoit MO bientôt la ville se remplir de troupes dont le mouvement annonçoit aux yeux les moins exercés un abandon prochain.
Quelques coups tirés des hauteurs qui dominent Paris, apprirent à ses habitans que désormais leur destinée ne dépendoit que d’eux-mêmes , et de l’accueil qu’ils préparoient à l’armée européenne. La nuit
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