‹ Histoire des CampagnesChapitre 134 sur 267 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

un grand nombre d’amis du roi pour les prévenir qu’il y auroitun rassemblement , et pour les sommer de s’y rendre. MM. d’Avaray et Auguste de Juigné sembloient aussi se multiplier pour faire appel aux royalistes , sans que l'élan de leur cœur tint à un plan arrêté d’avance. Le vicomte de Pons sortoit de chez lui aux cris de Vive le Roi! avec le comte Dubois de la Motte , le vicomte de Malartic , le comte Charles de Béthisy , le marquis de Pimodan le comte Alexandre de Mazancourt, et le chevalier de Eudes de Guébriant; tous se répandent à l’entrée du boulevard Italien , pérorent le peuple , et distribuent les premières cocardes blanches , que les femmes , surtout , saisissent avec transport.

Déjà M. le Pelletier de Morfontaine , M. de , Finguerlin , le baron Sury d’Aspremont , le baron Armand de Maistre, MM. Guillaume et Charles, de Nieuwerkerke , arborant les signes du royalisme , parcouroient à cheval' les boulevards, cherchant à propager le mouvement , et à préparer aux' monarques alliés la réception que méritoient des libérateurs. S’attachant surtout à remuer le X peuple , ils lui expliquent les avantages' de la restauration , en les lui rendant sensibles

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wjo CAMPAGNE DE 1814.

.(( C’est la paix, lui disent-ils, que nous vous » donnons; c’est la cessation de la conscrip- » tion et des -impôts vexatoires. » Le peuple se presse alors autour d’eux, et répète leurs cris avec plus d’enthousiasme encore. Les uns baisent leurs bottes , d’autres se roulent aux pieds de leurs chevaux; les femmes surtout les serrent, les embrassent, et font éclater une sorte d’ivresse : c’est ainsi que de proche en proche le mouvement se propage et se communique à la multitude. La garde nationale commençoit à le partager. M. de Bréant, l’un de ses capitaines , après avoir dissipe quelques perturbateurs, met en bataille le poste qu’il commande , vis-à-vis la Mairie du faubourg Saint-Honoré , ordonne au tambour de battre au champ , et , le premier , fait crier F’ke le Hoi/h. la garde nationale. Plusieurs patrouilles font entendre le même cri , et manifestent les mêmes sentimens. Tel est le bon esprit de la majorité de cette garde , que plusieurs postes ayant reçu l’ordre de tirer sur les royalistes , s’y refusent, et manifestent toute l’horreur que leur inspire la guerre civile. De nombreuses patrouilles se portent dans toutes les directions pour le maintien de l’ordre.

-Cependant les premiers cris de f^U'e le Roi!

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