LIVRE XVII
Roüre , Duparc et ses fils , Armand de Fraguier, Dubouchage , René de Bonald , Théodore de Fontenay , le marquis d’Alesmc , et de plusieurs autres formant un cortège de plus de soixante personnes parées de la couleur royale. Il se réunit à d’autres groupes formés , ou à dessein , ou spontanément , avec des succès divers (i).
Cependant , de même que les boulevards , la place Louis XV devenoit aussi le grand quartier - général des royalistes. En moins d’une heure plus de dix mille personnes s’y étoient rassemblées. Là , et dans l’espace compris entre la rue Royale , l’entrée de la rue
( i) A peine la première édition de cet ouvrage eut-elle paru , que de nombreuses réclamations , très-respectables dans leur objet , furent rendues publiques par des royalistes qui regrettoient de ne pas figurer dans le récit de la journée du 3i mars. 11 m’a été impossible d’éviter le même écueil dans une seconde édition. Pouvois-je au milieu de tant de détails, donner le contrôle de tous les royalistes qui se sont montrés honorablement dans cette première journée de restauration? Ne me serai-je pas perdu dans un dédale, si j'avois voulu relater minutieusement tous les faits individuels? L’histoire contemporaine se nourrit, il est vrai, de particularités; mais elle n'en doit pas moins reléguer les longues nomenclatures dans les gazettes ou dans les relations olhcielles. Probablement la critique trouvera ma narration déjà trop circonstanciée ; mais les lecteurs contemporains ne me feront pas le même reproche, «I, pour l’écrivain , il n’y a pas de succès sans lecteurs.
Saint-Honoré et les boulevards de la Madeleine , avoient eu lieu les premières distributions de cocardes blanches. Là venoient de se réunir plusieurs dames, telles que la >’icomtesse de Chateaubriand , M®' de Vauvineux , M®' de Semallé , la comtesse de Choiseul , la princesse de Léon , M““ de Courtemanche , de Virieux , de Lostanges , et d’autres encore qui excitoient les jeunes gens à se parer des couleurs royalistes , distribuant elles-mêmes avec autant d’empressement que de grâce , des cocardes ou des morceaux de rubans blancs que le peuple recevoit comme des signes de paix. Honneur , hommage à l'influence exercée par les dames françaises sur le dénoûment de la plus longue et de la plus horrible tragédie de notre histoire ! Pouvoientelles ne pas abhorrer une domination qui bannissoit du sol natal la piété , l’amour, les lumières et la politesse? Aussi formoient - elles mille vœux secrets pour le rétablissement d’une monarchie dont elles firent presque toujours l’ornement , et dont elles conservoient seules , pour ainsi dire , la tradition. L’élan le plus honorable , les sentimens les plus nobles et le plus beau dévouement firent des Parisiennes , dans cette journée immor-