‹ Histoire des CampagnesChapitre 144 sur 267 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

droit que les bienfaits précurseurs d’une paix universelle; que la capitale de la France Seroit exempte de contributions et de charges de guerre , et que tous ses monumens scroient respectés.

Les transports du peuple retentirent de toutes parts. Les fastes de l’histoire n’offrent pas l’exemple d’un enthousiasme aussi éclatant et aussi sincère. On ne peut retracer que foiblement le sentiment électrique dont tout Paris fut saisi, et que tout Paris manifesta. Comment reproduire ce grand et sublime spectacle , d’ailleurs présent encore à tous les yeux ?

L’attention étoit successivement captivée par les scènes les plus frap[>antes ; là , c’éloil la garde nationale armée et en uniforme , débarrassant les avenues pour le passage des troupes alliées dans toute la pompe d’une parade militaire , le lendemain d’un combat sanglant et acharné; ici , un monarque étranger étoit reçu comme un père dans la capitale d’un Etat conquis et délivré par ses armes , et recueilloit avec la plus touchante modestie les hommages dont l’environnoit tout un peuple ivre de reconnoissance ; plus loin , ce peuple opprimé la veille manifestoit tout à coup son vœu una- 2. 19

ago CAMPAGNE DE 1814,'

nimc pour la paix et pour le renversement de la tyrannie , jouissant comme d'un bonheur et de sa délivrance , et du spectacle d’une armée conquérante. On aperçut aussi , comme pour compléter cet immense tableau, ce même peuple , naguère tremblant devant les images de son oppresseur , et guidé par un intrépide Vendéen (i), jetant une corde au cou de la statue de Napoléon , qui surmontoit le faîte de la colonne de la Victoire, et s’efforçant de la renverser aux cris répétés à' A bas le tyran ! La haine du peuple rendu à luimême, ne connut bientôt plus de bornes; non -seulement les signes du gouvernement qne ce jour voyoit s’écrouler, disparurent pour faire place aux signes de la royauté, mais encore les Parisiens , renouvelant les outrages qui marquèrent dans l’antiquité les funérailles de Néron , répandirent le plus juste opprobre sur le terme de la domination de Napoléon Buonaparte.

Enfin le bonheur de cette jouitiée à jamais célèbre fiit scellé en quelque sorte par les assurances les plus positives des sentimens

(i) M. René Nicolas, officier vendéen de première origine, aujourd’hui chevalier de Saint-Louis et 'garde-du-corps du roi.

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