‹ Histoire des CampagnesChapitre 143 sur 267 · LIVRE XVII. a · texte numérisé non relu

LIVRE XVII. a

feau des Tuileries : « Messieurs , » répondit Alexandre après avoir consulté le roi de Prusse qui s'en remit à sa décision, « faites ce » que vous voudrez. »

Les troupes, ou plutôt toute cette armée d’élite, s’élevant à cinquante mille hommes, après avoir suivi les boulevards intérieurs du nord , se dirigea par la rue Royale et la place Louis XV, vers les Champs-Elysées, tandis que d'autres colonnes défiloient par les boulevards extérieurs le long des murs de Paris , pour aller prendre leurs cantonnemens aux environs.

Entourés de leur nombreux état-major, les deux monarques firent balte aux Champs- Elysées, et se placèrent sur le côté droit, vers le milieu de l'avenue. Là, les troupes défilèrent devant LL. MM. dans le plüs bel ordre et pendant plusieurs heures. Cette imposante cérémonie militaire acheva d'entraîner la partie la plus éclairée de la nation; il permis à une foule de citoyens d’exprimer des sentimens depuis si long-temps contenus au fond des cœurs. Aux acclamations de Vive l'empereur Alexandre! Vive le roi de Prusse! se mêlèrent sans contrainte les cris de yive le Roi! y ivent les Bourbons! Vive Louis XV UH.

On ceignoit l’écharpe, on arboroit la cocarde blanche. Sensibles aux marques d’un enthousiasme aussi vif que sincère , les souverams, les officiers - generaux alliés répondoient avec une noble réserve : « Français !

» nous ne prétendons point influencer votre » opinion ; déclarez-vous d’une manière posi- » tive et légale , et nous vous répondrons du » reste. » Une scène plus touchante . encore marqua l’arrivée d’Alexandre vers les Champs- Elysées : une dame qui s'étoit signalée par sa participation active au mouvement royaliste , se jette aux genoux du czar, et les yeux mouillés de larmes , elle lui demande son roi. « V ous le voulez , la nation française le désire j » hé bien, vous l’aurez, » répond Alexandre en la relevant. Cette bonté presque divine laissoit dans tous les cœurs une impression profonde qui s’exhaloit par les plusiardcns témoignages de reconnoissance et de respect. Ce jour-là meme , à trois heures après midi , M. le comte de Nesselrode rédigeoit chez le prince de Talleyrand l’écrit fameux par lequel l’Europe s’interdisoit de traiter avec l’ennemi commun. • .

Tout Paris sut en un moment que pour la première fois peut-être la victoire ne répaii-

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