‹ Histoire des CampagnesChapitre 146 sur 267 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

» dans cette lutte inégale. Quelle est donc la » position qui n’ait pas été disputée avec cons- » tance et courage? Montmartre, dites-vous; ï) mais le roi Joseph y étoit en personne : c’est » donc lui qui , par sa fuite précipitée , a trahi » la cause de Napoléon? Est-il un seul général, » un seul officier, un seul soldat qui , dans 5» cette journée sanglante , n’ait pas suivi la » route de l’honneur et du devoir? Dix-huit à » vingt mille soldats n’ont-ils pas résisté pen- » dant dix heures aux efforts de deux armées X immenses? Comment se flatter qu’une poi- » gnéc de braves conserveroit Paris , qui ne » pouvoit plus être présené que par la géné- » rosité des vainqueurs? Quelle est d'ailleurs la » cajiitale, abandonnée par son gouvernement , » qui , dans le cours de cette guerre euro- » péenne , ait opposé une résistance aussi hoj> norable? Madrid lui-même , que le peuple 5>. vouloit défendre contre rusurpatour , n’a- » t-il pas cédé avec moins de gloire ? Rien n’a » donc flétri riionneur des drapeaux français, » et il est resté sans tache. Si l’exemple de la » lâcheté a été donné, ce n’est que" par les j> courtisans et les flatteurs de Napoléon : un » tel contraste fait ressortir encore plus la va- » leur- héroïque des troupes françaises. Paris ,

3> il est vrai , pour éviter sa ruine , a préféré » souscrire , sous les auspices de la magnani- » mité, à une capitulation qui assuroit son }) salut, et préparoit celui de la France entière. » La Franco, dites-vous, ne s’est pas levée » non plus pour défendre le trône de Napoléon : mais quel est le peuple qui, gémissant j> sous le joug, ait jamais couru aux armes par >» enthousiasme? Quelle est la nation qui se » soit dévouée pour son gouvernement, quand j> la patrie, n’étant plus qu’un vain mot, se » réduisoit à l’intérêt d’un seul homme et de » quelques familles? Les tyrans n’ont d’autres » défenseurs parmi les citoyens, que des satelj> lites, et jamais la masse du peuple qu’ils » oppriment : telles sont les seules causes de j> la catastrophe du dominateur de la France. » En vain la nation a-t-elle été poussée depuis j> six mois par l’astuce, la fraude et la violence, » à la défense du trône de rusurpateur; en » vain plus de cinq cent mille hommes ont-ils 3> été levés et enrégimentés, et Napoléon a-t-il » reçu jusqu’à dix mille hommes par jour; en » vain ses armées de Lyon et de Bayonne ont- » elles obtenu des renforts dans la même pro- » portion. A peine ces hommes arrachés vio- » lemment à leurs foyers et à leurs familles ont-

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