LIVRE XVII
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il n’a point encore reçu d’informations assez, positives. Entraîné par son impatience , il se jette dans une voiture attelée de quatre chevaux de poste , et va au-devant de l’ officiergénéral qu’il a expédié à Paris , et dont il attend le retour avec tant d’anxiété. Il est suivi seulement de trois autres voitures , avec sa livrée , marchant au pas comme la sienne , et sans aucune escorte. A rembranchement de la route qui conduit au château de INIorangics , elles sont arretées par un général venant à franc étrier de Paris. A peine est-il à la portière de la première voiture, que Napoléon descend précipitamment , ainsi que plusieurs personnes de sa suite , au noip^trc desquelles se trouvoient le prince de Wagram , le grandmaréchal Bertrand et le grand-écuyer Caulaincourt. Napoléon rebrousse aussitôt chemin , marchant à pied vers laCour-de-France,se faisant suivre par ses voitures; et, dans ce court trajet , il apprend que Paris ne lui appartient plus , qu’aucun effort , aucune tentative n'a pu rompre ou empêcher la capitulation. A cette nouvelle , il est frappé comme par la foudre , et , revenu à lui : « J’au- » rois préféré , dit-il , qu’on m’eût percé le » cœur d’un coup de poignard. » il demande
3oa CAMPAGNE DE i8i4.
ensuite à l’officier-gcnéral si la garde nationale s’est battue avec courage. Sur la réponse qu’elle n’a pas tiré un coup de fusil ( fausseté insigne ) , il s’écrie : « Ah ! les lâches ! ils me » le paieront cher ! » Se reprochant alors, dit-on , deux grandes fautes : de n’avoir pas brâlé Berlin , et de n'avoir pas brûlé Vienne.
■ Arrivé à la Cour-de-France , Napoléon tieni une espece de conseil avec les officiers qui l’entourent. Il n’y avoit point encore là de corps d’armée , les têtes de colonnes n’ayant pas même atteint Fontainebleau ; mais on apercevoit aux ett^rohns des soldats errans q[ui avoîent allnmé quelques feux , des grenadiers de la garde iW^s Avec les fuyards , et dans un délàbremeiiC^ëlftréme. H est d’abord questioii dans cette conféréace de rassembler les débris des corps qui , dans leur retraite de Paris , **éparpiüoient sur toute cette route. Oti né ^t^oit W dîSaSéfiiter î’etat de découragement et d’épuisement absolu de l’armée. Les soldats s’attendoient à recevoir l’ordre de marchér sur Orléans pour s’y réorganiser. Napoléon resta prés de trois heures à conférer avec sei généraux. Le jour commençoit à paroître, et il étoit à craindre que la cavalerie légère de l’cimemi n’arrivât dans cette direc-
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