‹ Histoire des CampagnesChapitre 152 sur 267 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

Situation de Paris après Tentrée des allies. — Ils refusent de traiter avec Napoléon. — Le conseil municipal de Paris réclame le rétablissement des Jlourbons. — Déclaration de Louis XVllI. — Déclaration de Tempereur de Russie. — Le sénat I convoqué extraordinaircineiit, établit un gouvernement provisoire. — Le mouvement royaliste continue dans Pans. — Représentation à TOpérà. — Délivrance des prisonniers français eu Russie. — Acte de décliéance de Napoléon. — Réunion de son armée à Fontainebleau. — Il veut marcher sur Paris. — l^es maréchaux lui arrachent son abdication. — * Régence de Blois. — Situation critique de la France. *— Conféremes pour la régence; intervention du. prince Talleymnd. — La régence est rejetée. — Napoléon consent à se retirer à l'ile d Elbe — Attaque et pillage de Pilhiviers. — Pillage de la ville de Tonnerre. — Troisième attaque de Sens et prise de cette ville. — Ligne de démarcation entre Us armées alliées et les armées françaises.

L’esptut public , mêlé aux transports de la reconnoissance , venoit de se manifester avec tant d’éclat , que les monarques alliés regardèrent comme inutile d’établir dans Paris des mesures de police sévères. Le général baron Sacken en prit le gouvernement militaire , et ce choix fut bientôt justifié par le bon

tlVÎlE XVitti 3o5

totdre et la tranquillité qui régnèrent dans cette immense capitale. Toutes les afîaires reprirent leur cours naturel : la circulation ne fut plus entravée ; on rouvrit les barrières ,■ les boutiques et les magasins ; la sécurité devint générale dans une ville occupée par des armées étrangères , et que les émissaires de Napoléon chercboient à remplir d’alarmes.

On savoit déjà que les monarques alliés avoient repoussé la mission du grand écuyer Caulaincourt , que Napoléon , dans sa détresse , venoit d’envoyer pour négocier la paix à tout prix , et souscrire à tous les sacrifices.

Cette résolution énergique scmbloit assurer à jamais le salut de la France et de l’Europe. La paix avec Napoléon n’eût été possible qu’à des conditions aussi déshonorantes pour lui qu’onéreuses à la France même ; on auroit exigé d’énormes contributions , et les places frontières en garantie des traités. Humilié dans son orgueil , trompé dans son ambition , Na-* poléon eût tourné toute sa fureur contre la France épuisée et désolée ; il l’eût couverte de proscriptions et de deuil. Déjà des villes entières étoient condamnées ; les confiscations , les expropriations auroient précédé et 2. 20

3oS CAMPAGNE DE i8i4.

suivi ks supplices. "Vingt jours avant sa catastrophe , n’avoit-il pas dit à ses soldats , pour exciter leur courage à la bataille de Graonne :

« Je vous partagerai les terres des ennemis de « l’Etat. » Ces ojinemis étoient tous ceux qui abhorroient sa domination. Ainsi la guerre civile auroit encore aggravé les malheurs de la guerre étrangère , et un despotisme sanglant et féroce se serôit assis pour jamais sur les ruine* de la-France. Que disrje? le démon révolutionnaire , enchaîné un moment par les revers , mais relrquvant-:de noüvelles fcuxes , auroit profits., do;4lk:i)irçbiière guerre suscitée au sein de l’Earope pour, rompre ses fers , pour s’élander- au“dela du Rhin et des Pyrénées avec plus .de furk eacore,

La perspective; d’uï» si horrible tableau disparut pour, faire place à un avenir plus prospère; Rpciks âpx conseils de la sagesse ,/ou plutôt inspirés.î>âr la sagesse même , les mor narques alliés désarmèrént par leur justice la nation française , dont l’asservissement n’aoroit jamais pu être consommé ni par la ruse , ni par la force des armes ; car la France peut être envahie , et non subjuguée.

Ce fut sous ces auspices favorables que s’annonça la journée du i“ avril : eUe présenU

Page 1