‹ Histoire des CampagnesChapitre 153 sur 267 · LIVRE XVIIL 3o · texte numérisé non relu

LIVRE XVIIL 3o

bientôt le spectacle le plus animé et le plus riant : une population immense circuloit dans les rues , sur les quais et dans les places publiques ; la satisfaction brilloit sur tous les visages.

La rive gauche de la Seine , entre le pont Royal et le pont Louis XVI , offrit un coup d’œil curieux et pittoresque. Des cavaliers de diflérens régimens et de différentes nations établirent là leur bivouac ; et tout le port qui borde les casernes de Napoléon , aujourd'hui l’hôtel des gardes-du-corps , fut couvert d’artillerie , d’armes et d’équipages. Le peuple se promenoit, sans inquiétude et avec la curiosité la plus attentive au milieu de ces instrumens de guerre , de ces soldats accourus des Steppes de l’Asie , et dont l’attitude paisible ne respiroit plus que la concorde. Le mouvement se prolongeoit vers le pont Louis XVI et vers les Champs-Elysées , convertis déjà en un véritable camp de cavalerie nomade. Les vivandières et les marchandes se faisoient entendre par signes , et la plus parfaite harmonie i-égnoit entre l’habitant de Paris et ces guerriers Hyperboréens qu’on lui avoit représentés comme des hommes à' la fois stupides et £é~. roces.

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Cependant la journée du 3i mars n’avoit encore ofTert que les préludes de la restauration ; il falloit d’autres événemens pour amener renversement total de la tyi-annie. Lie voile qui avoit couvert' si long-temps ses traits hideux et livides, étoit ‘ déchiré , il est vrai et l’idole alloit apparôître dans toute sa difformité jaux regards de la nation française. Lé joug étant brisé 'subitement , la' pensée et la parole qui* depuis "'tant d’ânij^es restoient enchaînées au fond des cœurs purent s’^exna- 1er sans contrainte^ Les écrivains 'ressaisirent toiit à coup la’ plumé;* et “la pressé , "devenue rùn des principaux ihstirumens de la politique pour tromper’ les peuptés gémit enfin èh faveur de la^vérité et "de la justice. . "•

Frappés déstupe'iïfet ‘d’ épouvante àuxàcclamations dé le 'Roi .'dés inquisiteurs’ de la pensée' pubriqûe s^étoiént disperses et cachés, et'enfin les journaux se voyoiéht affranchis dé leurs dures entraves. Longtemps* \dctimes de la spoliation la plus inique , les anciens propriétâîres d’uné feuille justement célébré (t)s*étoi^ïresMusis, dès le 3i mars, de leur propriefë iittérairei'sous les yeux même

(i) Jourual du

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