LIVRE XVII
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la place Louis XV devint le théâtre , prouva combien il est facile de toucher des cœurs français par la seule impression des sentimens nobles et élevés. Une foule de' jeunes gens à pied et â cheval , tous des familles les plus distinguées de la capitale , s’étoient rassemblés; un peuple nombreux les environnoit et recevoit d’eux à l’envi des cocardes blanches. Deux jeunes magistrats étoient au milieu d’eux , M. de Broë et M. Agier , substitut du procureur- général. Tout à coup celuici , pénétré d’un saint enthousiasme , s’écrie : « A genoux, Messieurs, sur cette place où » Louis XVI fut rendu à la vie immortelle; à » genoux devantDieu qui, seul , a pu produire » le miraclé de rtotre délivrance. » A ces mots, prononcés d’une voix forte, quoique émue, plusieurs cavaliers mettent pied à terre, et se jettent â genoux avce le plus grand recueillement; le peuple les imite, et répondant à cette religieuse impulsion', fait entendre les cris de Loüh XP^llU'M. Agier, cédant ensuite aux instances'dés spectateurs , lit tout haut l’éloquent arrêté du conseil général aux applaudisseÀiéns du peuple , qui donne ainsi en meme temps des si^cs visibles 'de respect et de la plus vive émotion.