‹ Histoire des CampagnesChapitre 184 sur 267 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

mer de nouveau , et lui déclare que sur son refus il passera toute la garnison au fil de l’cpée, en commençant par lui Alix. Cette menace, appuyée par des préparatifs formidables, intimide le général, et il capitule enfin; mais déjà plusieurs maisons et quelques édifices étoient la proie des flammes ; et Alix , en partant, laissoit un nom à jamais exécré dans une malheureuse ville qu’il avoit exposée trois fois à l’incendie , à la destruction et au pillage.

On l’accuse d’avoir excité sans cesse les habitans des bourgs et des campagnes à l’insurrection , en leur persuadant qu’il les soutiendroit, tandis qu’il les abandonnoit à la colère de l’ennemi. Après avoir évacué Sens, il se porta jusqu’à Montbard avec son corps de partisans ; il rétrograda ensuite vers Auxerre devant la division du prince de Lichtenstein , que les alliés détachoient dans cette direction , pour châtier la ville de Tonnerre où des partisans formés par Alix et quelques habitans armés, venoient de tuer des soldats faisant partie d’une patrouille autrichienne. Découvrant le cadavre d’un soldat mutilé inhumainement, les ennemis ne respirent plus que vengeance. Ils font précéder leur entrée à Tonnerre de quelques volées de canon, et autorisent

le pillage de la ville. Une partie des habitans avoient fui à leur approche. Deux maisons du faubourg d’où étoient partis les coups de fusil sont livrées aux flammes, et l’ennemi prend aussitôt des otages qu’il dirige sur Dijon. Quelle destinée cruelle ! Des citoyens sont exposés aux fureurs des deux partis ! Ainsi , la ville de Tonnerre qui venoit de voir emprisonner son premier magistrat par ordre d’Alix , pour avoir obéi aux réquisitions de l’ennemi , ctoit li\Tée à peu de jours de distance aune exécution mili* taire, pour avoir attaqué l’ennemi dans sesmurs.

L’armistice vint mettre un terme à tant de maux. Ce futle y avril que M. de Caulaincourt , et les maréchaux Ney et Macdonald conclurent, avec le généralissime prince de Schwartzenberg , une convention particulière pour là cessation des hostilités ; elle fut fondée sur la déclaration solennelle que les alliés avoient proclamée avant d’entrer dans Paris, et portant qu’ils ne traiteroient point avec Buonaparte comme chefdugouvernementfrançais. La conventicm exprimoit la base de ces dispositions, la France étant Cdttàidérée" dès lors comme replacée sous iuh gouveïtiement dont les principes ofFrôient les sûretés nécessaires pour le maintien de la paix. • * '

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