‹ Histoire des CampagnesChapitre 183 sur 267 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

part ni d’aucune tentative. Ces hésitations, ces incertitudes ne faisoient que prolonger les maux de la France.

Tandis que Paris célébroit le retour de la paix par tous les témoignages de la reconnoissance et de l’allégresse publique , les villes de Sens , de Tonnerre et de Pithiviers , étoient encore en proie à toutes les horreurs de la guerre.

Le 5 avril , les ennemis étoient entrés à Pithiviers de vive force : en vain cent chasseurs avoient opposé une résistance trop honorable à deux mille hommes ; en expiation de la mort d’un parlementaire , tué par un employé des Droits - Réunis , la ville venoit d’ètre livrée au pillage.

Le lendemain on avoit appris à Sens une partie des heureux événemens qui venoient d’affranchir Paris ; mais les nouvelles ne cireuloicnt que sourdement : personne n’osoit manifester sa joie , la ville étant encore sous l’autorité militaire. Le même jour, quinze cents Autrichiens se présentent devant ses murs avec trente pièces de canon et plusieurs obusiers. Un parlementaire vient proposer à la ville de se rendre ; mais une fatale étoile y conduit dans ce moment même le général Alix ; alors l’effroi est

général ; le parlementaire se retire après avoir reçu la réponse que la ville seroit défendue jusqu’à la dernière extrémité. Le feu commence aussitôt; il étoit impossible de soutenir un siège, la garnison étant à peine de trois cents hommes. Résolu d’épargner le sang, le général auti-ichicn envoie un second ]>arlementaire ; mais l’inexorable Alix répond de nouveau qu’il s’ensevelira sous les ruines de lai ville , que telle est l’intention des habitans. Il connoissoit comme eux les événemensde Paris , mais il les avoit fait démentir par des proclamations pleines d’impostures , et il menaçoit de punir ceux qui répandroient des nouvelles contraires. Tout étoit disposé pour monter à l’assaut, lorsqu’une dame de la ville, voulant se dévouer pour le salut commun, se fait descendre sans être aperçue, par-dessus les murs, et se rend au camp des alliés ; là , elle annonce que ses compatriotes n’ont aucune part à la barbare résolution du général Alix. Les généraux ennemis font cesser à l’instant même le feu , et s’assurent bientôt de la vérité en voyant les hauteurs voisines se couvrir de la population tout entière qui se réfugioit dans] les campagnes. Indigné de l’imposture du général Alix, le commandant autrichien le fait soniT

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