LIVRE XX
'de la France , cette armée avoit fourni un détachement de vingt -deux mille hommes à celle du Rhône et de l’Isère ; elle avoit laissé dans les places conquises dix-huit mille hommes de bonnes troupes , bien disciplinées et animées d’un excellent esprit (i). Réduite à quatorze milles braves, l’armée du maréchal Suchet repassa les Pyrénées avec son illustre chef, le 1 2 avril , deux jours après la bataille de Toulouse. Depuis trois mois tous les regards s’étoient portés vers cette armée valeureuse , comme pouvant seule , par l’habileté de son général, arrêter les progrès de Wellington. A chaque revers on annonçoit que l’armée du maréchal Suchet venoit enfin d’opérer sa jonction avec l’armée du maréchal Soult. Mais CCS bruits, si long-temps accrédités par im sentiment d’estime universelle , n'atôléktt 'aâcim fondement réel. Le système de défense du midi commandoit la séparation des deux armées ; celle du maréchal Soult deVoit couATÎr
(i) A Sagonle, près de V'alence; à PenLsrola qui a soutenu un bombardement dont la moitié de la garnison a été la victime; a Tortose qui a été bloqué pendant onze mois ; à BarccloiiBe également bloqué par un corps anglo-espagnol ; à Hoslalrick , et au grand fort Saint-Ferdinand à Figuières. Toutes ces garuisons sont rentrées en France avec armes et bagages.
les routes de l’Océan et tout le Haut-Languedoc; celle du maréchal Suchet alloit défendre les routes de la Méditerranée , qui couvrent le Bas-Languedoc et la Provence. S’il eût abandonné, après une marche plus rapide , les positions de Perpignan et de Narbonne, pour voler à la défense de Toulouse, une seconde armée de quarante mille Anglo- Espagnols eût percé à travers les Pyrénées, dans cet espace qui sépare Toulouse de Narbonne , et le canal du Languedoc ainsi que la ville de Montpellier eussent été livrés aux invasions de l’ennemi.
Au premier avis des heureux événemens qui venoient de mettre un terme aux maux de la France , le maréchal Suchet envoya le colonel Richard, de son état-major, au quartier-général de lord Wellington, afin de traiter d’une convention pour la suspension des hostilités avec l’armée qui étoit sous son commandement immédiat.
En meme temps arrivoit aussi à Toulouse, de la part du maréchal Soult , le général de division Gazan , pour informer lord W ellington que le maréchal veuoit de reconnoître le gouvernement provisoire, et qu’il réclamoit instamment la suspension des hostilités.