‹ Histoire des CampagnesChapitre 229 sur 267 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

soumission; il fit proposer à lord Wellington d’accéder à une suspension d’hostilités, afin d’avoir le temps de vérifier les faits par luimême. Le général anglais ne jugea pas à propos d’acquiescer à cette demande , et il fit partir deux nouvelles divisions de son armée pour marcher à la poursuite du maréchal Soult , vers Castelnaudary , dans le Bas- Languedoc.

Son armée alloit être tournée dans ses nouvelles positions , et comme si le sang n’eiit pas encore assez coulé, il y eut de nouveaux engagemens entre l’arrière-garde française et la cavalerie anglaise. D’autres faits d’armes signaloicnt encore dans le midi les dernières convulsions de cette campagne sanglante.

Le général Blondeau, laissé dans Saint-Jean- Pied-de-Port , continuoit de défendre les approches de cette place , voulant en interdire l’accès aux alliés.

Le 1 4 avril, le général TliouvenotfaLsoit une sortie vigoureuse à la tête de la garnison de Bayonne, détruisant les ouvrages avancés, chassant au loin l’ennemi , et faisant prisonnier le lieutenant-général Ilope avec son étatmajor et quatre cents soldats anglais.

Au même moment le maréchal Suchet,’ avec son corps d’armée , rentroit sur le sol de

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la France , laissant des souvenirs pleins de gloire dans la Péninsule dont il venoit decicatriser les plaies, en remettant lui-même à la nation esj)agnole son roi légitime ; mission lionorable et accomplie avec autant de fidélité que de noblesse, prélude heureux du rétablissement des trois branches de l’auguste famille dî^s Bourbons sur le trône de leurs ancêtres. Ainsi furent couronnées les brillantes campagnes du vainqueur de Maria , de Belcliite et de Sagontc; du conquérant de Lerida , deMéquinen/a , de Tortose , de Tarragone et de Valence , de celui que les Espagnols eux-mêmes appellent le plus i^aitlanl et le plus heureux de tous tes maréchaux de sa nation; de celui enfin qui , délaissé avec une poignée de braves , s’ étoit maintenu, entouré d’armées nombreuses, lorsque déjà tout étoit perdu , et la France envahie. Mais ce guerrier avoit honore le caractère espagnol ; il avoit relevé la discipline , et administré avec sagesse. Adoré de ses soldats dont il étoit le père , estimé , respecté des peuples même qu’il avoit assujéiis par ses armes, il ramenoit au secoui's de sa patrie une armée d’élite dont aucun revers , dans cette guerre fatale , n’avoit obscurci les hauts faits. Devenue presque le seul espoir du raidi

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