LIVRE XXÎ. 4gg
positions locales, et celles des autorités civiles. Dans les places fortes du nord et de l'est , le mouvement fut subordonné à l'impulsion des autorités militaires prédominantes , qui , par> tout, embrassèrent la révolution avec une franchise apparente dont on ne pouvoit suspecter la sincérité.
« Les hommes sans peur etsans reproche, dit » lecomtcMorand, gouverneur deMayence(i), *> sont les vrais soutiens du trône et de la patrie. » Notre devoir est dans ces mots : Obéissance » et fidélité. »
« Ce seroit, dit le général Carnot, gouver- >» neur d’Anvers (2) , nous mettre en révolte » contre l’autorité légitime, que de différer » plus long-temps de reconnoître la dynastie » des Bourbons. L’avènement do nouveau roi >» au trône de ses ancêtres sera bien plus glo- » rieux , appelé par l’amour des peuples , ique » par la terreur des armes. »
Le 10 avril seulement, le récit des évéhemens qui venoient de sauver la France était parvenu dans la place de Metz , et à Tinstatlt même les habitans , dirigés par lih préfet qtii
(i) Ordre du jour du i5 arril.
(a) Proclamation da 17 avriL
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avoit défendu Louis XVI jusqu'à la dernière marche de son trône (i) , ouvrirent leur cœur à l’espérance , et manifestèrent leur joie.
Lille troublée un instant par la garnison nombreuse qui gamissoit la place , fut préservée et protégée par la fermeté et la sagesse du général comte Maison , qui suivit sans hésiter l’impulsion nationale.
« L’armée , avoit dit le maréchal Berthier , ,» maj or- général (2) , l’armée essentiellement y> obéissante n’a pas délibéré ; elle a manifesté » son adhésion quand son devoir le lui a perj» mis. Fidèle à sort serment , elle sera fidèle » au prince que la nation française appelle au » trône de ses ancêtres. » ^
Tous les officiers supérieurs et les chefs de corps , tous les généraux de terre et de mer , après avoir transmis successivement leur adhésion , sigiioient individuellement la promesse de fidélité.
Dès le 8 avril , le maréchal Jourdan et les soldats de la quinzième division militaire avoient juré obéissance à Louis XVIII, et arboré la cocarde blanche.
(i) M. Viennot de Vaublanc, membre de l'assemblée législative en 1793, aujourd’hui ministre de l'intérieur.
(a) Quartier-général de Fontainebleau , le ii avril.