LIVRE XXI
Sot
« Ceux qui combattent depuis vingt ans » pour la gloire , mandoit le maréchal Suchet » au gouvernement provisoire (i) , dévoue- » i-ont leur cœur et leurs bras à une cause j> noble et pure ; au retour d’une constitution » sage , et à celui du prince , héritier de » Henri IV, le gage du repos de l’Europe, a.
« Essentiellement obéissante et nationale ,* » l’armée des Pyrénées , dit aussi le maréchal » Soult (2) , doit se conformer au vœu de la a nation.. »
L’armée française d’Italie déposoit également aux pieds du roi , par l’organe de ses généraux (3) , l’hommage de sa fidélité et de son obéissance.
« Vous êtes déliée de vos sernaens , dit le » maréchal Augereau à l’armée du Rhône (4) ; » vous en êtes déliée par la nation en qui ré- » side la souveraineté ; «vous l’êtes encore par J* l’abdication d’un homme qui , après avoir » immolé des milliers de victimes à sa cruelle » ambition , n’a pas su mourir en soldat.
(i) Quarlier-général de Narbonne . le 14 avril.
(a) Quarlier-génëral de Castelnaudary , le ig avriL
(3) Le lieulenant'génëral comte Grenier, etc. Quartiergénéral de Pavie, le a5 avril.
(4) Quartier-géBéral de Valence , le 16 avril.
5o*, CAMPAGNE DE 1814.
» Jurons fidélité à Louis XVIII , et arbo- ;; roos la couleur vraiment française. »
Tels furent dans tout ie Royaume et aux armées les heureux progrès de la restauration. Péconcertés par cette masse imposante de vœux et de témoignages qui s’offroient en si grande majorité au souverain légitime , les s^dhérens de Napoléon , les hommes égarés ou coupables <jui frémissoicnt de voir luire sur la France l’aurore du bonheur public , dissimuloient leur dépit , et concentroient leur rage. Jusqu’au dernier moment ils s’étoient flattés de trouver dans les intérêts privés do la cour de Vienne un principe d’opposition qui ne pouvoit tarder de se manifester en faveur de leur cause; mais la conduite noble et frapche de l’empeiteur d’Autriche anéantit leurs dernières espérances. Ce monarque , revenant-de Dijon pour se rendre à Paris, suivi de sa. garde , fit distribuer lui-métne sur son passage des imprimés annonçant l’avènement de Louis XVllLau trône de ses ancêtres ; tel étoit pourtant l’esprit de vertige qui affligeoit encore une foule d’habitans des, provinces de l’est, qu’au moment même où l'empereur d’Autriche se prononçoit si formellement pour la restauration f les incrédules s’écrioient en
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