‹ Histoire des CampagnesChapitre 256 sur 267 · LIVRE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE XXI

sement de toutes les idées , que , depuis vingt ans , la génération qui s’élevoit , ne soupçoniiüit pas même qu’un peuple put exister au sein de l’ordre et de la paix.

Celle de Paris oflroit cependant l’immense avantage de ne laisser aucun germe de dLs.sen* siou politique avec les antres puissances. Les Français^étoient les seuls dont le repos allok commencer à l'instant meme ; le reste de l’Europe, encore en armes, avoit À. régler do^pr^tenlioo^ compliquées , quand déjà la France jpui^j,t ^de ;^>ute 1^ plénitude d'une heureu^.j^acifi,qati(^,i^; ^toutes ses relations étoient.réial^lies.,^l\es|>ect et reconnoissance

prem^ier

l)|ej>la.it fut de su])$tltuçr |a paix universelle à

^ Apr^^ reçdule.çalmeàlqFrançe ; après l’avoir délivrt^dM pQids énorme de quatre cent miile^ so^l^. étrangers ^de roi se, hàla de don- , ner^j^ SOU peuple ;Une, constitution libérale. Sans c^te.^ le successeur, d’un tyran ,cùt, pu régner aussi sur des esclaves v les adorateurs et l^s panégyristes, du pouvoir éloient tQ,ut prêts; ils Jréclamoieat , non un. père indul-’

gent , mais . .un^matlrc çxige,^t, jpourvu^qu’il, fût prodigue.ji.ouisjX|YIU ne ^ voulut régner (|uc par lcs lois.

543 CAMl’AGNE DE 1814.

Cette intentioa magnanime t é tdit d’aitteur»' conforme aux désirs et aux voeux qii'avoient manifestés , au début de la restanratioh’,' et depuis dans les conseils, les personnages les plus influens de l’Ëlat qui avoient tooncoulru au renversement de Napoléon.'' ■•■■.. t yj •

Le 4 juin s’ouvrît la séance royale dans la salle du corps législatif. Des acclamations non interrompues de f^ive le liai! accompagnèrent le monarque et son "cortège depuis>'les Tuileries jusqu’au Palais-Bourbon:' Jamais la majesté royale n’avoit paru environnée de plus de splendeur et de bienveillance.

Le roi, précédé d’une députation du corps législatif , stnvî des pitances du sang et des maréchaux de 'France' , entra dans la salle , et aussitôt l’assemblée entière se leva aux cris mille fois 'répétés de Vivgi le 'Roi ! Vivent les Bourbons ! (ies accens' unanimes se méloient au bruit du canon de la paix , et au son d’une musique mélodieuse qui së faisoit entendre an dchorst. Les acclamations' redoublèrent quand IC' rol.s’approcinarat dc son’ trône, on vit la plus ’iilustiie noblesse de France , les plus 1> raves , généraux de . l’armée ' i ' ■ les ' mi nistres- et les. hommes td’Etat les' pins recommandables se- placcT' autour du < BfKHtarqtte , et partager

le respect et l’enthousiasme qu’inspirolt sa présence.

S’étant assis et couTcrt , le roi , environné de tout l'appareil de la grandeur, prit la parole, et prononça d’une voix ferme et sonore le discours suivant :

«< Messieurs , lorsque pour la première fois » je viens dans cette enceinte m’environner >» des grands corps de l’Etat , des représcn- « tans d’une nation qui ne cesse de me pro- » diguer les plus touchantes marques de son » amour , je me félicite d’ètre devenu le dis- » pensatcur des bienfaits que la divine Provi- « dence daigne accorder à mon peuple.

» J’ai fait avec l’Autriche , la Ifussie , l’An- » gleterre et la Prusse, une paix dans laquelle » sont compris leurs alliés , c’est-à-dire tous » les princes de la Chrétienté. La guerre étoit » universelle ; la réconciliation l’est pareille- » meut. yiBu ».l d» i ••

j»;^Le rang que la France ai toujours occupé » parmi les nations a’a été trausféréà aucune »,.aulre, et lui demeure sans 1 partage j' Tout 'ce » que les autres Ertats acquièrent deSsécùrité , » accroît é^lement la sienne y: cti par consé- » quetit-r ajoute 'à sa^puis6ance véritable. Ce » qu’elle ne conserve pas de ses conquêtes ne

» doit donc pas être regardé commae retran- » ché de sa force réelle.

» La gloire des armées françmses n’a re<;u » aucune atteinte ; les monumens de leur va>

)) leur subsistent , et lès chefe-d’œuvre de»

» arts nous appartiennent désormais par des » droits plus stables et plus sacrés que ceux » de la victoire.

» Les routes de commerce , si long-temp»

» fermées , vont être libres. Le marché de la » France ne sera plus seul ouvert aux produc- » tions de son sol et de son industrie. Celles » dont l’habitude lui a fait un besoin , ou qui » sont nécessaires aux arts qu’elle exerce , lui » seront ~foimHê§" |Taf Tes possessions qu’elle » recouvre. Elle ne sera' plus réduite à s’em » priver , ou à ne les obtenir qu’à des cbndi- » tions ruineuses. Nos manufactures vont re- » fleurir ; nos villes maritimes vont renaître , ».et tout nous promet qu’un long calme au » dehors et une félicité durable au dedans se- . » ront les heureux fruits de la paix.

» Uu' souvenir douloureux vient toutefois » troubler ma joie. J’étois né , je me flattois » de rester toute ma vie le plus- fidèle sujet du'

>. meilleur des rois ; et j’occupe aujourd’hui'

» sa place ! Mais du moins.il n’est pas- mort

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