‹ Histoire des CampagnesChapitre 28 sur 267 · LIVRE XIII. 6i · texte numérisé non relu

LIVRE XIII. 6i

deaux se déclareroit à la seule approche de M*' le duc d’Angoulême , et il le pressa d’attaquer sur tous les points pour se faire jour, et donner la main aux royalistes. Soit que ces assurances et une si noble franchise fussent comme un aiguillon pour le général anglais , soit qu’il eût déjà formé le plan d’une attaque sur toute la ligne , il dit au marquis de la Rochcjaquelein qu’il marcheroit bientôt en avant, et il ajouta : « Restez à mon quartier- » général quelques jours encore , et vous me » verrez ouvrir les gaves ; » désignant ainsi , selon l’expression du pays , les principales rivières qui se jettent dans TAdour.

Le mois de janvier s’étoit écoulé sans événemens importans : des pluies continuelles avoient fait déborder la Nive , l’Adour, les deux gaves de Pau et d’Oléron. L’armée anglaise sembloit hésiter de s’avancer dans un pays inondé qui lui offroit peu de ressources , ayant d’ailleurs devant elle les Landes , territoire pauvre et inculte , où elle se seroit exposée à périr de faim et de misère.

Cependant cette armée grossissoit à vue d’œil , par l’approche successive de sa cayarie et des réserves espagnoles. Au contraire le départ de deux divisions venoit d’affoiblir

€a CAMPAGNE DÈ 1814.

rarmée du maréchal Soult. L’approche dcl danger et le besoin de s’entourer de troupes aguerries avoient déterminé Napoléon à dé* tacher de ses forces du midi douze mille hommes d'élite commandés par le général Levai , qui , le a5 janvier , s'étoit dirigé en toute hâte de T Adour vers la Loire. Ces troupes ne furent remplacées que par des conscrits , ou par des soldats novices.

Wellington accéléra ses préparatifs. Mais queid'ohstacles à surmonter pour répondre à la vive impatience de la Guienne et du Languedoc ! 11 fait oit vaincre la nature même du pays , devenu le théâtre des opérations. A l’est du sommet des Monts-Pyrénées, le terrain descend en pente douce dans les plaines du Languedoc ; néanmoins tout ce qui s’étend vers la gauche, depuis les Pyrénées jusqu’à l’Adour, est entrecoupé de colijues et de vallées profondes qui , pendant l’hiver, sont inondées par des torrens rapides. Derrière l’Adour est cette vaste étendue de terrain stérile , connue sous le nom de Landes de Bayonne. Un semblable sol offroit naturellement les plus grands avantages à l’armée française , qui , par le choix de ses positions , pouvoit arrêter l’ennemi à chaque pas ; l’Ar

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