‹ Histoire des CampagnesChapitre 29 sur 267 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

(doar lui-même présentoit un obstacle presqu'insuripontable , tant par sa largeur et ses débordemens , que par les forces imposantes et l'habileté du général qui défendoit le passage. Wellington vouloit-il le tenter au-dessus de Bayonne : là seprésentoientlesplus grandes düTicultés , car il falloit d'abord franchir plusieurs rivières ou gaves quin'étoient pas guéables dans la saison des pluies. Les mêmes causes rendoient les routes impraticables à l'artillerie et aux bagages. Wellington vouloit-il essayer de passer au-dessous de Bayonne, la difficulté étoit immense : il falloit d’abord construire un pont de plus de deux cents toises de longueur, malgré une garnison zélée et nombreuse qui , faisant flotter seulement sur l'Adour des solives et des trains de bois , pouvoit mettre le pont en pièces , à la vue même de l'ennemi. Ce fut pourtant dans un tel pays , défendu par un tel adversaire , que W^ellington détermina d’étendre ses opérations depuis la base des Pyrénées jusqu'aux rives de la Ga-' ronne. Il résolut de passer l'Adour au-dessous de Bayonne même ; mais , soit qu'il franchît la rivière au-dessus ou au-dessous , il falloit d'abord manœuvrer pour chasser de la rive gauche l’armée du maréchal Soult , afin de

passer au-dessus de Bayonne , si l’autre passage étoit trouvé impraticable. Mais des pluies excessives avoient inondé les deux bassins de la Garonne et de l’Adour, et l’armée anglaise se trouvoit .comme enchaînée dans ses cantonnemens ; enfin , le 1 1 février , il y eut un' intervalle sans pluie , et Wellington n’hésita’ plus de mettre son armée en marche.

Le i4 , sa droite , commandée par le général Hill , repoussa les piquets français sur la rivière de Joyeuse , et forma l’attaque de la position de Halette , sur la rive droite , d’où fut délogé le général Harispe , qui se replia vers Saint-Martin. Le même jour avancèrent sur Baigorry et Bidarrey les troupes espagnoles du général Mina , cantonnées dans la vallée de Bastan. Par ce mouvement combiné , Saint-Jean- Pied -de -Port, n’ayant plus de communications avec l’armée du maréchal Soult, fut bloqué par Mina. • • .

Poussée par le général Hill , l’aile gauche de l’armée française venoit de prendre position en avant de Garris , vers Saint-Palais ;• là , le général Harispe fut renforcé par le général Paris qui , déjà en marche vers l'intérieur de la France , avoit été rappelé en toute hâte. < .

LIVRÉ Xllî»

tandis que le général Hill effectuoît son mouvement oÉFensif pour ou\Tlr à l’armée tout le pays qui se trouvoit sur sa droite , la division espagnole du général Murillo repoussoit aussi dans la même direction les avant-postes qui lui étoient opposés ; puis se portant vers Saint-Palais , par une chaîne de hauteurs parallèles aux positions que venoient d’occuper les divisions françaises , elle tourna leur gauche pour leur couper la retraite , secondée par la deuxième divbion anglaise du général Stewart , qui se disposoit à les attaquer de front. Ces mouvemens simultanés furent poursuivis avec tant de précision et de bonheur, que la position , quoique singulièrement forte, resta aux alliés , sans une très-grande perte. Mais , dans deux attaques très-vives , les généraux Harispe et Paris firent des efforts réitérés pour la reprendre : le combat devint alors plus meurtrier. Attaqués par trois divisions anglaises , les deux généraux français se défendirent avec une rare valeur, et firent acheter à l’ennemi , au prix de beaucoup de sang, le terrain que le nombre les forçoit de céder ; le major-général Pringle et le lieutenant-colonel Bornes furent grièvement blessés.

La droite du centre de l’armée de'Wel-

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lington ayant fait un mouvement correspondant à celui de l’aile droite , les avant-postes anglais furent établis le 1 3 au soir sur la rivière de Bidouse. Les divisions françaises , se repliant la nuit vers Saint-Palais , détruisirent les ponts , mais ils furent réparés aussitôt , et le général Hill continua son mouvement offensif Jusqu’au gave de Mauléon. Là , les corps français crurent arrêter sa marche en rompant le pont d’Ariverette , et en se retirant derrière le gave ; mais un gué fut découvert audessus du pont , et le quatre-vingt-douzième régiment anglais , soutenu par le feu de l’artillerie légère , le passa , et attaqua avec intrépidité deux bataillons français postés dans le village : assaillis par des forces supérieures , ils l’abandonnèrent.

Forcées de céder le terrain , les deux divisions de l’aile gauche du maréchal Soult filèrent dans la nuit au delà du gave d’Oléron, et prirent une forte position près de Sauveterre, où elles furent renforcées par des troupes fraîches, sous les ordres du général Clauzel: elles bivouaquèrent sur les hauteurs. Le i8 février, les avant-postes de l’armée alliée s’établirent sur le gave même d’Oléron , prêts à marcher en aYîmt.

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