‹ Histoire des CampagnesChapitre 42 sur 267 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

dperdu, le se*nateur*Cornudet , commissaire exlraordinaite , ne voyant plus de moyens capables de préserver la ville de Bordeaux, donne les ordres les plus précipités pour le déplacement des autorités civiles et ecclésiastiques, exigeant même que le plus petit receveur , le plus chétif employé s’éloigne , sans doute par imitation de sa propre conduite. Non-seulement il fait enlever les caisses publiques , mais encore il emporte de l’hôtel des Monnaies tous les instrumens de la fabrication. On enlève également les poudres et salpêtres, avec si peu de soin , qu’une grande quantité, déposée sur les rives de la Garonne , est volée ou gâtée. Le délégué extraordinaire ordonna même de détruire deux frégates en construction ; et , comme le peuple menaçoit de s’y opposer , il fit mettre le feu aux chantiers. Le peuple s’agita , et ne fut calmé que par l’extrême prudence de l’adjoint chargé de la police. '

L’autorité militaire montra plus de sagesse. Elle étoit dans les mains du général de dmsion Lhuilicr; sans doute il eût désiré préserver Bordeaux , mais il r^’avoit autour de lui •que cinq cents hommes , et à peine auroit-il pu réunir deux mille soldats dans tout le dépar-

tement. Comment , avec sî peu de force , couvrir une ville immense et ouverte , qui , située sur la rive gauche de la Gironde , n’est susceptible d’aucune espèce de défense contre des troupes marchant dans cette direction? Ce général jugea, par la foihlesse de ses moyens, qu’une résistance inconsidérée pourroit exposer Bordeaux aux plus grands malheurs , s ans espoir d’aucun succès, et il prit le parti de la retraite , le seul convenable.

. Debarrassés des autorités et des troupes, les royalistes, maîtres du' terrain, attendirent avec plus de confiance le moment qui devoit combler leurs désirs. Fidèle à sa parole , le comte Lynch étoit resté à Bordeaux , de meme que l’archevêque , prélat si vénérable et si vénéré. Tout fut préparé par le commissaire du roi, et par le maire, pour recevoir les alliés d’une manière éclatante, digne de la cause qu’ils venoient protéger et défendre. Des courriers furent expédiés au-devant du maréchal Béresford, et des députés allèrent porter aux pieds de M*' le duc d’Angoulême les vœux et les hommages anticipés des habitans de Bordeaux. ^

Le général anglais ne rencontra sur sa route aucune force armée capable de lui disputer le

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