LIVRE XIII
'»> Ehl)ien ! reprend ■vivement S. A. R. , j’ai > confiance en vous ; partez. » Wellington ne balança plus.
Le maréchal Béresford fut immédiatement autorisé à se porter de Mont-de-Marsan-sur Bordeaux , avec une colonne de quinze mille hommes, et à prendre possession de. cette ville , dont l’occupation étoit d’une extrême importance militaire. M*'le ducd’Angoulême donna au marquis de la Rochejaquelein ses instructions et scs derniers ordres concernant Bordeaux. Ce gentilhomme poitevin y arrive secrètement le 10 mars , rassemble les chefe du parti royal , et leur annonce que les troupes anglaises, qu’ils ont si vivement désirées , sont en marche , et se présenteront le surlendemain aux portes de la ville ; qu’il ne reste plus qu’à se déclarer , si Ton veut jouir enfin de la présence du petit-fils d’Henri IV , de l’époux de la fille de Louis XVI , du neveu de Louis XVIII. Tous les membres du conseil partagent l’impatience de M. de la Rochejaquelein : toutefois des réflexions , suggérées par la prudence , portent quelques-uns d’entre eux à proposer de différer de quarantehuit heures le mouvement , pour concerter les mesures , et pour mieux disposer le peuple ;
go CAMPAGNE DE i8i4.
mais le caractère prompt et décisif de M. la Rochejaqiiclein repousse tout délai. Le frère du héros de la Vendée juge , qu’en révolution , délibérer lorsqu’il faut agir , c’est tout compromettre ; il réunit toutes les opinions, et le.s royalistes de Bordeaux arrêtent de se déclarer irrévocablement le 12 mars. Il falloit sans doute un grand courage pour se prononcer ainsi contre le gouvernement de Napoléon , au moment même où les grandes pui.^sances de l’Europe traitoient avec lui à Châtillon-sur-Seine ; mais qu’on ne cherche pas dans les délibérations des Gascons les timides calculs inspirés par la circonspection et la crainte : sentir et agir vivement, tels sont les traits qui les caractérisent.
A peine cesdemières résolutions eurent-elles été concertées , que le marquis de la Rocliejaquelein expédia M. J. J. Luelkens au maréchal Bércsford , déjà en marche de Mont-de- Marsan vers Langon. Le maréchal détacha aussitôt une avant-garde anglaise de huit cents hommes d’élite , dont il prit lui-même le commandement. Au seul bruit de son approche , et de la retraite du maréchal Soult , la consternation s’étoit emparée 'des principaux agens de Napoléon dans la Gironde. Troublé »