LIVRE XIII. g
» mais si vous venez comiile allié de notre au • » guste souverain , Louis XVIII , je vous offre )) les clefs de cette ville intéressante, où vous J) serez bientôt témoin des preuves d’amour » qui se manifesteront de toute part en faveur « de notre roi légitime. A ces témoignages, se » joindront les sentimens de notre vive grati- » tude pour nos libérateurs. » Le maréchal Béresford réitéra , avec un ton affectueux , les promesses de lord Wellington, ajoutant qu’il croyoit entrer dans une ville alliée et soumise à Louis XVIIl. A peine eut-il achevé que le maire fit entendre le cri de le Roi ! Ce cri fut répété aussitôt avec enthousiasme par les royalistes qui suivoient le commissaire du roi. Le comte Lynch, ôtant son échaïqje rouge, qui en couvroit une blanche , prit l’antique emblème des Français , ainsi que la cocarde , symbole de la paix publique.
A l’instant même , Bordeaux voit flotter le drapeau blanc sur le clocher de Saint-Michel , et la cocarde blanche est arborée dans toute la ville. Le général anglais ne peut plus douter de l’amour que portoit au roi de France ce bon peuple, qui couroit en foule au-devant de ses libérateurs. Les cris de Vivent les Bourbons ! V~ive le Maire ! se succèdent. Le con-
g6 CAMPAGNÈ DE 1814.
lentement brille snr tous les visages, et les larmes de joie coulent de tous les yeux. Arrivé à l’Hôtel -de- Ville , le maréchal Béresford reçut les adjoints, et le commissaire du roi, décoré de l’écharpe royale , qui lui furent successivement présentés par le maire. Le maréchal leur donna de nouveau l’assurance que sa nation leur préteroit son appui.
Mais les acclamations du peuple ; mais tous les vœux demandoient le petit-fils de Henri IV, l’auguste époux de la fille de Louis XYl ; chacun accouroit pour voir le neveu de son roi pour témoigner à ce prince l'affection qu’il inspiroit aux bons habitans de la Gironde. La plupart des royalistes s’étoient portés à trois lieues au-devant du prince. A l’instant paroît le duc de Guiche, qui vient annoncer l’arrivée de S. A. R. La nouvelle est bientôt répétée par mille échos. Les cris de Vive le Roi!, s’élèvent , se reproduisent de toutes parts , et la joie devient universelle. De nouveaux détachemens de jeunes royalistes partent et se succèdent pour aller grossir le cortège. Le maire remonte en voiture avec le commissaire du roi ; ses adjoints et une partie du conseil municipal l’accompagnent ; la foule est immense sur toute la route. Déjà le peuple entier
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