LIVRE XV
les dispositions des allies , et quelque favorables qu’on pût supposer les intentions des souverains , on ne devoit guère admettre qu’il leur fût possible de contenir leurs troupes , et de préserver Paris de sa ruine. C’étoit'dans cette immense capitale que presque tous les chefs de l’armée avoient, ou leurs familles, ou leurs amis, ou enfin ce qu’ils possédoient de plus cher. Napoléon parut céder un instant au sentiment d’inquiétude et dè* pitié que manifestoient ses généraux , et il fit partir en toute hâte Je général Dejean avec l’ordre formel de ne pas sacrifier Paris par une défense obstinée. On croit aussi que , dans ce court intervalle de résignation , voulant avoir recours à l’empereur d’Autriche , qu’il s’étoit flatte quelques jours auparavant de tenir en son pouvoir comme prisonnier , il appela auprès de lui , et fit mettre en liberté le baron de Wissemberg , ministre autrichien , récemment arrêté entre Doulevant et Bar-sur- Aube , et qu’ayant eu avec lui une conférence , il avoua sa détresse, et le conjura de se transporter en hâte auprès de l’empereur son beau-père, pour intercéder en faveur de Marie-Louise , et recommander son fils le roi de Rome à la tendresse et à l’intérêt politique de François II; enfin on assure
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que le baron de Wissemberg , cédant aux instances de Napoléon , se mit aussitôt en route pour Dijon , où venoit de se retirer l’empereur son maître. Un M. de Galbois y fut aussi expédié ; il passa à Châtillon-sur-Seine , accompagné de M. Guinet, chef d’escadron adjoint à l’état-major-général du prince de Wagram ; et cet adjoint revint de Dijon sous l’escorte d’un ofRcier autrichien , qui le reconduisit jusqu’à Vandœuvres, quartier-général de Na-; poléon , dans sa marche forcée et inutile sur Paris. Que la mission de M. de Galbois ait précédé ou suivi la négociation du baron de iWissemberg , il en résulte toujours qu’avant l’arrivée de l’armée à Fontainebleau, et l’entrée des alliés à Paris, Napoléon jugeoit sa cause tellement désespérée, qu’il cherchoit un appui tardif auprès de l’empereur d’Autriche , dont il avoit refusé si durement la médiation ; mais ce monarque étoit trop dévoué à la cause de l’Europe et de sa monarchie pouf la sacrifier à des intérêts personnels et secondaires.
Ces tentatives siiperflnes ne servirent qu’à marquer l’agonie d’un pouvoir expirant. Ce fut en vain que , ranimé par quelques lueurs d’espérance , Napoléon crut étonner et sur-