‹ Histoire des canadiens-français, 1608-1880 [microforme] (volume 3)Chapitre 12 sur 87 · DO TEE RESTE NEER · texte numérisé non relu

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dénonce les jésuites qu'il acruse d’abuser du confessional, de s'introduire dans les familles pour en connaître les secrets et les faiblesses ! et il signai* à la rigueur du ministre un de ces pères qui avait prêché contre la permission que le conseil supérieur donnait à tous les Français de vendre de l'eau-de-vie aux Sauvages. “J'ai été tenté plusieurs fois, dit-il, de laisser l'église avec mes gardes, d'interrompre le sermon; mais je me suis contenté d'en parler au grand-vicaire et au supérieur des jésuites quand tout fut fini.” Cela n’exonère point le conseil d'avoir rendu libre la traite des boissons enivrantes, mais on voit la situation des esprits. Frontenac ajoute, parlant des jésuites : “ Après avoir eu tant de peine à leur ôter la connaissance et la direction des affaires, serait-il à propos de leur fermer une porte pour les laisser entrer par une autre? D'ailleurs, les prêtres du séminaire de Québec et le grandvicaire de l'évêque (Mgr de Laval était en France) sont dans leur dépendance; il ne font pas la moindre chose sans leur ordre; ce qui fait que indirectement ils sont les maîtres de ce qui regarde le sipirituel, qui, comme vous le savez, est une grande machine pour mener tout le reste.” Dans une autre dépêche, le gouverneur va jusqu'à dire que les jésuites s'occupaient tout autant de la conversion du castor que de celle des âmes et que la plupart de leurs missions étaient de “pures moqueries.”

Les Français qui traitaient, soit légalement, soit d’une manière détournée, et qui accusaient les jésuites de leur faire concurrence ne sauraient être cru à la lettre, vu que des intérêts d'argent étaient en jeu, mais ces longs débats attestent de l'existence de quelque chose d'illicite et lorsque l'on considère ce qui s'est passé dans d’autres colonies au sujet des religieux du même ordre, il faut en arriver à la conclusion que toute cette affaire est louche pour le moins.

De 1632 à 1644, il est certain que les jésuites, sous le régime dont ils étaient les principaux supports, tenaient des Cent-Associés un privilége de traite”, La compagnie dite des Habitants leur continua cette faveur, pour leur aider à subsister. Cela est étrange lorsque l'on songe que les récollets s'étaient vu refuser la permission de revenir au Canada à cause de leur pauvreté et lorsque les colons n° cessaient de solliciter le retour de ces mêmes récollets qu'ils étaient parfaitement en état de nourrir, on le sait. En 1647, MM. de Montmagny et d’Aïlleboust certifient que “les pères jésuites sont innocents de la calomnie qui leur a été imputée (à l'égard de la traite) et que ce qu'ils en ont fait a été pour le bien de la communauté et pour un bon sujet.” Curieux raisonnement ! M. de Lauson, amené ici comme gouverneur par l'influence des jésuites (1651), fit accorder à ceux-ci des lettres-patentes

portant qu'une pension annuelle de cinq mille livres leur serait payée à l'avenir sur les revenus du pays. Plus tard, les Cent-Associés étant abolis, les ordonnances royales et une bulle du pape défendirent expressément toute sorte de trafic aux ecclésiastiques. Les

prêtres de Saint-Sulpice s'abstenaient de commerce. En 1664, les jésuites déclarèrent devant

1 A part cette lettre de Frontenac, voir l'exposé de La Salle : Société Historique de Montréal, 6e livraison, p. 68. 3 Relation, 1636, p. 49-51. Journal des Fésuites, p. 13.

le conseil Supérieur qu'ils n'avaient jamais « fait aucune Profession de vendre et n'ont jamais rieu vendu, mais Seulement que les marchandises qu'ils donnent aux Particuliers ne sont que Pour avoir leurs nécessités,” I] n'est pas besoin ici de lire entre les lignes. Le Journal des Fésuites nous aPPrend, à la date du 17 août 1665 que “Je père Frémin remonte supérieur au Cap de jià Madeleine, où le temporel est en bon état. Comme il est délivré de tout soin d'aucune traite, il doit s'appliquer à l'instruction tant des Montagnets que des Algonquins, te telle manière néanmoins que le père Albanel Saura qu'il est toujours chargé du Principal in de cette mission.” Le Père Albanel € ait alors Supérieur aux Trois-Rivières. On à :4 dans le présent Ouvrage (tome 1v, 102) ce que Talon disait de ja traite du Cap de la Madeleine. La Salle assure que le père Albanel avait traité en cette endroit “ pour sept cents pistoles de Peaux d'orignaux et de castors, lui-même me l'a dit en 1667. Il vend le pain, le vin, le blé, le lard, et il tient Magasin au Cap aussi bien que le père Joseph à Québec. Ce père gagne cinquante Pour cent sur tous les Peuples. Les jésuites ont bâti leur collége en Partie de leur traite ct en parti de l'emprunt.” 1] ajoute que le Souverneur ayant reproché ce trafic au père Frémin, Celui-ci répondit « que c'était une calomnie que ce grand gain Frétendu, Puisque tout ce qui se passait Par ses mains ne Pouvait produire Par an que quatre mille francs de revenant bon, tous frais faits, sans Comprendre les gages des domestiques.” Dans son mémoire de 1671, Péronne Dumesni] affirme que Mgr de Laval EXCOMmmunie tous les vendeurs d'eau-de vie à l'exception de quelques Personnes qu'il favorise : de plus, dit-il, l'évêque et le père Ragueneau Sardent un commis aux gaces de cinq cents francs par année Pour traiter avec les Sauvages qui lui cèdent des pelleteries pour de la boisson, si bien que durant Un Certain temps le Commerce de cette Nature se trouva Presque entièrement entre les mains de CES messieurs — Jes autres marchands ne pouvant Soutenir la con. urrence. Le revenu annuel des Jésuites était alors, suivant le même auteur, de vingt mille francs “ partie P?r la traite et Partie de dons charitables des amis de France.” Le 3 septembr. 1674, la Compagnie des Indes accorda aux jésuites ne EXemption de droits sur leurs Marchandises, tant En sortant qu'en arrivant, I] leur fut Permis de construire des moulins et des ENINs à sucre, d'avoir des esclaves, des Engagés et des domestiques, exempts de toute charge, même de la corvée d'une urvente nécessité : le tout en récompense de leurs efforts pour Convertir les nègres et les sauvages et instruire les Français, Le 14 novembre, même année, Frontenac écrivait au roi : « Je me suis acquitté de l'ordre Par lequel vous me Prescrivez de continuer à exciter Jes Jésuites, Je Séminaire de Montréal et les récollets à Prendre de jeunes Suvages pour les instruire à la foi et les rendre sociables ; les derniers ne demandent Pas mieux et s'efforcent de le fire dans la Maison de Cataracouy (le fort Frontenac), où ils feront assurément des Progrès, Pour les autres (les Jésuites) je leur ai donné l'exemple et tait Voir, quand ils Voudront se servir de leur crédit et du pouvoir qu'ils ont sur les Sauvages, ils les rendront sociables €t auront de leurs enfants fomme j'en ai, mais c'est une chose qu'ils ne feront Jamais, à moins que d'y être absolument Contraints... Ils en

Uséront de même à l'égard de l'étendue de leurs missions Sur laquelle je leur ai parlé de la

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is sorte que vous me l'avez ordonné, mais inutilement, m'ayant déclaré qu'ils n'étaient ici que di pour chercher à instruire les Sauvages, ou plutôt à tirer des castors, et non pas pour être Î . curés français. Ils ont même affermé, depuis huit jours, et retiré deux pères qu'ils ont toujours 1 2 eu à leur habitation du cap de la Madeleine, qui est une des plus nombreuses qui soit en

de ce pays parce qu'il n'y vient pas présentement assez de Sauvages'. Et quand j'ai voulu

: représenter doucement au père supérieur l'incommodité où se trouvaient les habitants ?

d'être sans secours spirituels, il n'a pas hésité à me dire les raisons que je vous marque.

- Cependant, après avoir résolu de n'y laisser aucun de leurs pères, les admonitions charitables

que je leur ai faites les ont obligés, depuis quelques jours, à changer de résolution, et le

supérieur m'est venu trouver pour me dire qu'ils en laisseraient un, mais je crois que ce ne

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sera que pour cet hiver et pour laisser passer le grand bruit que cela ferait.”

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Le mal de cette époque, où la colonie était si paisible, fut la traite, la contrebande, les

opérations cachées et ouvertes des trafiquants, les coureurs de bois en un mot, Frontenac se

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lia avec La Salle, DuLuth, La Taupine ; Duchesneau, l'intendant, eut aussi des associés

secrets ; les jésuites agissaient comme de coutume. Des tiraillements résultaient de ces divers intérêts mis en jeu : le colon était négligé, laissé à ses seuls ressources, comme il

arrive toujours lorsque les puissances ne s'accordent pas.

Louis XIV insistait, d'année en année, à faire abolir la traite dirigée par les ecclé-

siastiques ; en 1677, il formula des menaces contre tous ceux qui s’y livraient, “soient, dit-il,

les jésuites, ou d'autres prêtres ou leurs valets.” La Salle soutenait, quelques mois plus tard,

que la concurrence des jésuites étaient la plus redoutable pour les traiteurs attitrés, vu qu'ils

étaient privés d'absolution s'il vendaient de l'eau-de-vie et que les jésuites ne s’infligeaient

point cette punition à eux-mêmes. La Salle était emporté et d'un entêtement fort désagréable, aussi doit-on le lire avec réserve. Il avait les défauts de ses qualités. La faveur dont La Salle jouissait auprès de Frontenac lui fit tourner les yeux vers une

nouvelle entreprise. Le 13 mai 1675, le roi accorda à “ Robert Cavelier, sieur de La Salle,

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le fort appelé de Frontenac, avec quatre lieues de pays adjacent... les îles nommées Ganou-

Î | }| {| kouenot et Kaouenesvo et les îles adjacentes... et offre le dit de la Salle de rembourser la somme |! de dix mille livres, à laquelle monte la dépense qui a été faite pour construire le dit fort de |

Frontenac, entretenir le dit fort en bon état et la garnison nécessaire pour la défense d'icelui,

laquelle ne pourra être moindre que celle du fort de Montréal ; d'entretenir vingt hommes,

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pendant deux années, pour le défrichement des terres, et en attendant qu'il ait fait bâtir

une église, d'entretenir un prêtre ou religieux pour faire le service divin et administrer les

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sacrements, desquels entretiens et autres choses le dit de la Salle fera seul les frais et dépenses, jusqu'à ce qu'il se soit établi au-dessus du Long-Sault, nommé Garonsoi (ou Ganonouory), quelques particuliers avec semblables concessions que celle qu'il demande, A auquel cas ceux qui auront obtenu les dites concessions seront tenus de contribuer au dit Ü

1 Par suite des ravages de la petite vérole en 1670. \ 2 Les jésuites étaient aussi seigneurs du Cap.

entretien, à proportion des terres qui leur seront concédées… Voulons aussi que le dit Cavelier soit et demeure gouverneur pour nous du dit fort de Frontenac, sous les ordres de notre lieutenant-général au pays de la Nouvelle-France. Avons le dit Cavelier anobli et anoblissons.” La découverte du Mississipi n'avait pas rapporté à Jolliet de semblables avantages et ne lui procura jamais de lettres de noblesse.

Monseigneur de Laval, passé en France, l'année 1671, y était encore au printemps de 1675. Le 1er octobre 1674, une bulle de Clément X l'avait nommé évêque de Québec et suffragant immédiat du Saint-Siége. Il prêta serment au roi le 15 avril 1675. Le 19 maïil renouvela l'union de son séminaire avec celui des Missions-Etrangères.

Avant de retourner en Canada, Monseigneur s'occupa de l'acquisition de l'île Jésus, près Montréal. Cette propriété avait porté d'abord le nom de Montmagny et ce gouverneur paraît en avoir pris possession lors «l£ sa visite (1637) en compagnie du père Le Jeune! Elle passa aux jésuites, qui l'appelèrent île Jésus. Au mois de juin 1646, le père Jérôme Lalemant écrit, parlant des lettres de conce:isions accordées à son ordre : ‘ Pour l'ile de Jésus, il n'y a point de grosse en parchemin ; il n'y a qu'un seul extrait de l'assemblée générale, et une prise de possession par M. le gouverneur qui fa'! mention d'un mandement qu'il en a reçu, en vertu duquel il nous met en cette possession, sans qu'il soit fait mention d'aucune condition.” Il faut croire qu'on n'y opéra aucun défrichement puisque, en 1672, elle fut concédée par le roi à M. Berthelot”, lequel donna (20 mars 1674) une lieue d'étendue dans l'îe aux pères jésuites * ; puis, le 24 avril 1675, échangea le reste de ses droits pour l'ile d'Orléans, accordant en retour, à Mer de Laval, vingt-cinq mille francs, car l'île d'Orléans, habitée partout, valait beaucoup plus que l'île Jésus. Les églises Saint-Pierre, Saint-Jean et Saint-Laurent (parfois Saint-Paul) de l'île d'Orléans, datent de 1673. La division en quatre paroisses ou bourgades, semble dater de cette année. Un rapport de 1676 dit: “L'ile est peuplée de plus de mille personnes qui composent quatre grandes paroisses dans lesquelles il y a une église (Saint-Pierre?) entièrement construite et deux qui seront parfaites et achevées dans le courant de la présente année, et la quatrième l'année prochaine.” M. Berthelot fit ériger l'île (avril 1676) en comté noble sous le nom de Saint-Laurent qu'elle portait dès 1632. Plusieurs années après 1675, Mgr de Laval donna au séminaire de Québec la côte de Beaupré et l'ile Jésus, mais l'île d'Orléans n'a jamais appartenu au séminaire, Ce dernier commença à placer des habitants sur l'ile Jésus‘; de là vient qu'elle fut peuplée par des colons de Québec.

Le père LeClercq décrit le Canada tel qu'il lui apparut à son arrivée en 1675 : “ L'on jouissait d'une douce paix dans toutes ces vastes régions, durant laquelle les gentilshommes,

les officiers des troupes congédiées et quantité d'autres personnes considérables vendirent

1 Voir Charlevoix : Journal Historique, 1, 205. Le présent ouvrage, II, 107-9, 148.

2 Voir le présent ouvrage, IV, 95.

3 Ædits et Ordonnances, X, 104.

L.-P, Turcotte : /Zistoire de l'ile d'Orléans, 12, 49, 54, 82, 91, 105, 112, Charlevoix : Yournal Historique, 1, 206. Tenure Seigneuriale, vol, B., 86,

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tout le bien qu'ils avaient en France pour s'arrêter tout à fait en Canada. La colonie se multipliait insensiblement, car par une bénédiction particulière de Dieu l'on voit quelques fois jusqu'à quinze, dix-huit et dix-neuf enfants d'un père et d'une mère, ce que j'ai remarqué moi-même, Le commerce s'établissait aussi beaucoup par le libre accès que l’on avait chez les nations, à cinq ou six cents lieues, à droite et à gauche. Les sauvages mêmes venaient en flottes de deux cents canots portant les pelleteries dans le pays habité. La culture des terres s'avançait également. Les villages se formaient comme en France si bien que, le pays croissant, l'on était en état d'y établir une église dans toutes les formes.”

Avec Mer de Laval étaient venus de France (23 septembre 1675) l'intendant Duchesneau et plusieurs prêtres : les pères Potentien Ozon, Chrétien Le Clercq, Louis Hennepin, Zénobe Mambré, Luc Buisset et Léonard Duchesne, récollets ; Jean Enjalran et François Vaillant de Gueslis, jésuites ; Charles de Glandelet, prêtre. Depuis deux ans, on attendait ces récollets. Un religieux du même ordre, le père Eustache Maupassant, homme de talents, était venu de France (1673) avec le titre de provincial, et choisi par Frontenac pour son confesseur, il paraît avoir contribué à augmenter l'affection que ce gouverneur éprouvait à l'égard des récollets. C'était un prédicateur émérite “ce qui a obscurci et donné un peu de

chagrin à ceux (les jésuites) de ce pays qui ne sont pas assurément aussi habiles ” écrivait Frontenac en 1674, au moment où le père Maupassant était rappelé en France par ordre du roi. Frontenac ajoute : “ Si les pères récollets étaient en plus grand nombre et qu'on les voulût employer (on leur niait le droit d'aller dans les missions) ils feraient assurément des merveilles dans les missions... l'envie commence à être fort grand contre eux, quelque bonne mine qu'on (les jésuites) leur fasse.” Le père Le Clercq partit le 11 octobre 1675 pour la mission de lile Percée, sur les côtes de la Gaspésie, où la famille Denys avait un établissement. Dix-huit mois plus tard (9 mai 1677) à Québec, le père Ozon donna l'habit des récollets à Joseph, fils aîné de Pierre Denys et de Catherine Leneuf ; le père Valentin Le Roux, successeur du père Ozon, (septembre 1677) fit faire profession à ce novice, le premier récollet canadien, et donna, quelque temps après, l'habit à deux autres enfants du pays : Charles Bazire et Didace Pelletier, qui reçurent plus tard les ordres définitifs.

Des lettres-patentes (1677) ayant été accordées pour les établissements des récollets à Québec, à Percée et au fort Frontenac, la communauté de Québec fit construire un bâtiment à l'ile Percée, et par la suite une jolie église avec une maison bien montée ; la famille Denys contribuait largement de ses deniers dans toutes ces œuvres. À Frontenac, “ M. de La Salle fit bâtir à ses frais notre maison sur le terrain qu'il nous avait donné près du fort, dans lequel on ménagea une chapelle,” écrit le père Le Clercq. Une école s'ouvrit en ce lieu pour les enfants des Français et des sauvages. La même année (1678) le père Xiste Le Tac qui occupait la mission des Trois-Rivières y fit ériger une résidence au moyen des secours fournis par la maison des récollets à Québec. Enfin, le séminaire de Saint-Sulpice, de concert avec les habitants de Montréal, demanda les récollets : M. Tronson, supérieur-général de

Paris, approuva ce dessein, et le séminaire accorda (1678) quatre arpents de terres, à l'entrée

de la ville ; aidé par le don d'un particulier, les récollets achetèrent, en 1692, un spacieux terrain sur la rue Notre-Dame où ils tinrent, durant un siècle, une école pour l'éducation des enfants du peuple.

Les récollets, tout pauvres qu'ils fussent, se voyaient donc parfaitement accueillis par les Canadiens et mis en position de rendre les services de leur ministère,

Cette réforme, car c'en était une au point de vue du pays, fut accompagnée d'une autre, demandée depuis longtemps. Le roi établit, en 1678, la fixité des cures, contre le sentiment de Mgr de Laval qui voulait garder pour son séininaire le produit des dîmes et changer à son gré les prêtres des paroisses qu'il n'appelait jamais que des missions.

Vingt-cinq seigneuries furent concédées de 1675 à 1680. Les voici par ordre de date : Le 22 avril 1675, à Pierre Godefroy, sieur de Rocquetaillade, de la compagnie des gardes de Frontenac, une demie lieue à commencer depuis ce qui est concédé à Jean Godefroy, son père (fief Godefroy, près la rivière de ce nom), jusqu'aux terres dépendantes de la seigneurie de Nicolet, appartenant au sieur Cressé, avec trois lieues de profondeur. Le 6 mai 1675 à Charles Denys, sieur de Vitré, deux lieues au fleuve, du coté du sud, à prendre du milieu de la largeur de la rivière appelée Mitis en montant le fleuve, et deux lieues de profondeur, ensemble l'île du Bic qui est vis-à-vis; en 1774, une dispute s'étant élevée entre les propriétaires du Bic et de Rimouski, la cour rendit un jugement déterminant que le milieu de l'embouchure de la rivière Hatté serait la borne entre les deux seigneuries. Le 6 mai 1675, à Jean-Baptiste de Peiras, conseiller du roi à Québec, deux lieues de front au fleuve, côté du sud, à prendre du miliew de la rivière appelée Mitis où autrement les îles Saint-Barnabé, en descendant le fleuve ct deux lieues de profondeur, outre trois îles appelées Saint Barnabé qui sont vis-à-vis. Même mois, aux dames hospitalières “le comté d'Orsainville, contenant en superficie trois mille cinq cent soixante et quinze arpents, et de la profondeur de quatre lieues, à prendre du bord de la rivière Saint-Charles, sur différentes largeurs. Les fiefs de L'Epinay et de Notre-Dame-des-Anges touchent au comté d'Orsainville. Le 3 septembre, à Louis Gagnier dit Belleavance, dix arpents de front, à commencer depuis sa concession ?, en montant le fleuve, dans les terres non-concédées séparant icelle de ce qui appartient au sieur Fournier, avec une lieue de profondeur, pour être unie à sa part du fief Lafrenaye qui lui a été concédé conjointement avec le sieur Gamache ; ce fief porte le nom de Gagner ou Gagnier, comté de l'Ilet, Le 15 mars 1676, au sieur Berthier, “l'île située au bout de celle qu'on appelle île au Castor, sur le côté du nord-est, en descendant vers le lac Saint-Pierre, devant l’île du Pas” pour en faire un paturage ; c'est la première concession faite conjointement par le gouverneur et l'intendant en vertu des pouvoirs à eux accordés par le roi sous la date du 20 mai de cette année. Le 3 septembre 1676, Jean Serreau dit Saint-Aubin vend à Mgr de Laval sa propriété de la baie Saint-Paul, moyennant onze cents livres. En 1677,

concession à Etienne de Lessard, de l'île aux Coudres ; comme il n'avait pas mis sa concession

1 Voir tome IV, p. 94, du présent ouvrage,

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