‹ Histoire des canadiens-français, 1608-1880 [microforme] (volume 4)Chapitre 16 sur 39 · RE · texte numérisé non relu

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Les longs et fréauents voyages avaient occupé trois générations d'hommes actifs, mais.

les intervallss trs ces courses étaient marqués par la fainéantise et la répugnance au travail

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de la terre, 4 75 à 1700 les dépenses de la colonie n'avaient cessé d'augmenter avec le développement 5: familles ; le revenu restant à peu près stationnaire, par suite du chiffre croissant des coureurs de bois, le roi s'était cru obligé de combler, d'année en anné: les déficits du budjet, si bien que, vers 1706, le crédit du Canada ne valait rien. On ne pouvait plus compter que sur de menues pelleteries et la guerre qui sévissait rendait circonspects les commerçants. L'année de la signature du traïté d'Utrecht (1713) les Canadiens offrirent au roi de lui rendre toutes les monnaies de carte, à condition qu'il en payerait la moitié ; le trésor était vide — il fallut attendre. M. de Vaudreuil!, navré de l’état du pays, alla en France (1714) intercéder pour ses malhéureux habitants. Les milices s'étaient couvertes de gloire depuis un quart de siècle, mais ses rangs s'étaient éclaircis et les fermes se ressentaient de la stagnation des affaires. Le Canada et l'Acadie sortaient de la guerre maltraités par la France plus que par les Anglais,

La grande et riche province d'Acadie, observe Charlevoix, a été longtemps partagée entre différents particuliers, dont aucun ne s’est enrichi, tandis que les Anglais faisaient sur ses côtes un profit immense par la pêche”. Les établissements que ces propriétaires y ont faits manquant de solidité, et eux-mêmes manquant de vues et se détruisant les uns les autres, ils ont laissé le pays à peu près dans le même état où ils l'avaient trouvé, et dans un décri dont il ne s'est bien relevé qu'au moment où nous l'avons perdu. Ce sont nos ennemis qui nous ont fait comprendre ce qu'il valait. Le Canada peut faire, et fait quelques fois, avec les iles de l'Amérique un commerce assez considérable de farines, de madriers et d'autres bois propres pour les bâtiments. Comme il n'y a peut-être pas au monde de pays qui porte de plus de sortes de bois ni de meilleure espèce, jugez quelle richesse il en pourra un jour tirer, Il paraît que très peu de personnes sont bien instruites sur cet article... Outre les congés accordés en faveur des veuves et des o1 helins, il y en a pour les commandants des postes et pour des besoins extraordinaires, et le gouverneur en donne encore sous le nom de simple ‘“ permission ”. Ainsi, une partie de la jeunesse est continuellement en course (1720) et, quoiqu'elle n'y commette plus, au moins si ouvertement, les désordres qui ont si fort décrié cette possession, elle ne laisse pas d'y prendre une habitude de libertinage dont elle ne se défait jamais parfaitement : elle y perd, au moins, le goût du travail, elle y épuise ses forces, elle v devient incapable de la moindre contrainte, et, quand elle n'est plus propre aux fatigues de ces voyages, ce qui arrive bientôt parce que ces fatigues sont excessives, elle demeure sans

aucune ressource et n'est plus propre à rien, De là vient que les arts ont été longtemps

! Philippe Rigaud, chevalier de Vaudreuil, qui (1677) servait dans les mousquetaires, s'était distingué à la prise de Valenciennes Nommé gouverneur de Montréal (1698) il prit le titre de marquis à la mort de son père (1702) et succéda (1704) à M, de \'allières comm gouverneur-général, Sa femme appelée à la cour (1709) pour être gouvernante des enfants du duc de Berri, demeura plusieurs snnces en

France, ? Le recensement de 1721 est accompagné d'un mémoire de Vaudreuil et Bégon qui parle de l'impulsion donnée à la péche aix marsouins à la baie Saint-Paul, à la pointe aux Alouettes, à la rivière Ouelle, à Kamouraska, et constatant l'existence de quatorze pares |

vingt-cinq à cinquante arpents chacun, ayant pris cent quatre-vingt-deux marsouins dans l'année,

HISTOIRE DES CANADIENS-FRANÇAIS al

négligés et que quantité de bonnes terres sont encore incultes, êt que le pays ne s'est point peuplé... En 1706, le commerce de la plus ancienne de nos colonies ne roulait que sur un fonds de six cent cinquante mille livres. Les choses n'ont pas beaucoup changé depuis ce temps-là. Or, cette somme, répandue sur trente mille ! habitants, ne peut les mettre à leur aise, ni leur donner le moyen d'acheter les marchandises de France. Aussi, la plupart vont:ils tout nus, surtout ceux qui sont dans les habitations un peu écartées. Ils ne vendent pas même tout le surplus de leurs denrées aux habitants des villes, parce que ceux-ci sont obligés, pour subsister, d'avoir des terres à la campagne et de les faire valoir par eux-mêmes... Il est vrai que la nécessité a enfin ouvert les yeux aux Canadiens : ils se sont vus obligés de cultiver le lin et le chanvre, de faire des toiles et de mauvais droguets de la laine de leurs vieux habits * mêlée avec du fil ; mais la longue habitude qu'ils avaient contractée de ne rien faire, ne leur a pas permis de sortir tout-à-fait de misère. Tous, à la vérité, ont du blé ct des bestiaux suffisamment pour vivre’, mais plusieurs n'ont pas de quoi se couvrir, et sont obligés de passer l'hiver, qui est fort long et fort rude, avec quelques peaux de chevreuils. Il s'ensuit de là que tout le monde, ici, a le nécessaire pour vivre. On y paie peu au roi. L'habitant ne connaît point la taille ; il a du pain à bon marché ; la viande et le poisson n'y sont pas chers. Mais le vin“, les étoffes, et tout ce qui faut faire venir de France, y coûtent beaucoup. Les gens à plaindre sont les gentilshommes et les officiers, qui n’ont que leurs appointements et qui sont chargés de familles. Les, femmes n'apportent ordinairement pour dot à leurs maris que beaucoup d'esprit, d'amitié, d’agréments et une grande fécondité — mais Dieu répand sur les mariages dans ce pays la bénédiction qu'il répandait sur ceux des patriarches. 11 faudrait, pour faire subsister de si nombreuses familles, qu'on y menât aussi la vie des patriarches — mais le temps en est passé. Il y a dans la Nouvelle-France plus de noblesse que dans toutes nos autres colonies ensemble. Le roi y entretient encore vingt-huit compagnies des troupes de la marine et trois états-majors. Plusieurs familles y ont été anoblies et il y est resté plusieurs officiers du régiment de Carignan-Salières, ce qui a peuplé le pays de gentilshommes, dont la plupart ne sont pas à leur aise, Ils y seraient encore moins si le commerce ne leur était pas permis et si la chasse et la pêche n'étaient pas ici de droit commun. Après tout, c'est un peu leur faute s'ils souffrent de la disette ; la terre est bonne presque partout et l'agriculture ne fait point déroger. Combien de gentilshommes, dans toutes les provinces de France, envieraient le sort des simples habitants du Canada s'il le

connaissaient |! Et ceux qui languissent ici ians une honteuse indigence sont-ils excusables

1 Le recensement de 1720 donne un peu moins de vingt mille âmes,

? Les Anglais ayant enlevé, durant la guerre de 1702 à 1713, des navires chargés de marchandises pour le Canada, les habitants firent de nécessité vertu et donnèrent plus d'essor que jamais à l'industrie du tissage des étoffes,

3 Le recensement de 1721 montre 62,145 arpents en culture, 12,203 en pâturages, 282,700 minots de blé, 4,585 d'orge, 04,035 d'avoine, 57,400 de pois, 7,205 de maïs, 54,650 de lin, 2,100 de chanvre, 48,038 de tabac, 5,603 chevaux, 23,388 bêtes à cornes, 13,823 moutons, 16,250 cochons

4 Vers 1698, la production du vin avait tellement diminuée en France que, dans la Champagne et la Bourgogne, on établissait force brasseries de bière, Des villes, où jusqu'alors on n'avait connu que le vin, se mirent à consommer de la bière. En Canada, l'habitant s'en tenait à ce dernier breuvage ; les brasseries étaient plus nombreuses que jamais parmi nous, Le clergé, le militaire, la noblesse, les marchands français, buvaient du vin,

de ne pas embrasser une profession que la seule corruption des mœurs et des plus sains maximes a dégradée de son ancienne noblesse ?... Il n'en est pas de même, dit-on, des Anglais nos voisins. Qui ne connaîtrait les deux colonies que par la manière de vivre, d'agir et de parler de; colons, ne balancerait pas à juger que la nôtreest la plus plaisante. Il règne dans la Nouvelle-Angleterre et dans les autres provinces du continent de l'Amérique soumises à l'empire britannique, une opulence dont il semble qu'on ne sait point profiter, et, dans la Nouvelle-France, une pauvreté cachée par un air d'aisance qui ne paraît point étudié. Le commerce et la culture des plantations fortifient l2 première ; l'industrie des habitants soutient la seconde, et le goût de la nation y répand un agrément infini. Le colon anglais amasse du bien et ne jait aucune dépense superflue ; le français jouit de ce qu'il a, et, souvent, fait parade de ce qu'ilkn'a point. Celui-là travaille pour ses héritiers ; celui-ci laisse les siens

dans la nécessité, où il s'est trouvé lui-même, de se tirer d'affaire comme il pourra.”

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| I 4 1689-1730 il ; 1} à Î Les HABITANTS ONT LA PASSION DES ARMES. — ETAT EFFICACE DE LA MILICE, — EXPÉDITIONS LOINTAINES, mme fi! sl RÉCOMPENSES MILITAIRES. — PRINCIPAUX FONCTIONNAIRES DE LA COLONIE, — TROUPES ROYALES, il BRAVOURE DES CANADIENS. — QUELQUES OPINIONS SUR L'ORIGINE DE LA POPULATION CANADIENNE, qi à

ç AIBLE comme chiffre de population, comparée à ses voisines de la Nouvelle- 4 Angleterre, la colonie canadienne présentait néanmoins le spectacle d’une nation

redoutable sur les champs de bataille et envahissante par système. L'habitude

de porter des armes et de repousser les attaques des sauvages date des com-

| (@\ mencements de la colonie, et cela non pas dans une certaine classe de ‘a y population canadienne seulement, mais dans toutes — les femmes et les enfants compris”, Si les Anglais nous eussent aidés tout d'abord à vaincre les Iroquois, le goût des combats ne se serait point développé parmi nous. L'élément militaire s'était ainsi constitué ou plutôt s'était emparé des habitants plusieurs années avant l’arrivée des troupes (1665).

À partir de ce moment le roi et:ses ministres appuyèrent leur politique américaine sur la

passion que les Canadiens nés dans le pays témoignaient pour le métier des armes, et ils cultivèrent celle-ci de plus en plus. Lorsque la France et l'Angleterre en vinrent aux prises A (1689) notre milice était chose établie de longue date. Il n’en coûtait pas plus à un Canadien

d'entreprendre des courses de cent lieues, en toute saison, qu'à un soldat ordinaire de faire

étape d'une ville à l'autre. L'été, en canot d'écorce, l'hiver sur des raquettes, le milicien, peu

embarrassé de son mince bagage, s'enfonçait dans les profondeurs des bois et vivait à même

le pays qu'il parcourait. Dormir dans la neige, raccommoder chemin faisant son embarcation,

la soirée les Iroquois se montrèrent, Les amoureux Saisirent chacun un fusil,“ chassèrent les maraudeurs, et reprirent la conversation

| ! Parmi les anecdotes du temps, il en est d'assez curieuses, En 1693, un vieux garçon courtisait une veuve à Lachesnaye, Durant Hi |

interrompue,

ses armes, son vêtement ; conserver une bonne humeur inaltérable au miiieu des épreuves de cette rude existence, voilà le type dont nulle colonie anglaise ou espagnole ne nous offre d'exemple, Lorsque les rivages inhospitaliers de la baie d'Hudson résonnaient au chant de la Claire Fontaine ; que les côtes de Terreneuve entendaient les refrains de nos chansons à boire ; que les flots du Mississipi et du goife du Mexique portaient nos joyeux canotiers redisant des couplets d'amour, ou lorsque venait éclater aux oreilles des garnisons anglaises l'hyinne de guerre des fils du Saint-Laurent, tout un continent rendait hommage à la race héroïque de ces campagnards devenus soldats par nécessité, découvreurs par goût et poètes par vocation, De tels hommes fondent des empires. C'était à la France à surveiller l'impulsion de leur ardeur, à tenir l'équilibre entre ces forces éparpillées au loin et le foyer d'origine, le Bas-Canada. Au lieu de leur fournir aide e”: protection, la mère-patrie exigea davantage des Canadiens, elle les poussa aux aventures, honnra le métier des armes, puis cessa d'envoyer des cultivateurs ; elle fit peser sur ce petit peuple le dur monopole du commerce, et tendit enfin jusqu’à les briser les ressorts de cette machine admirable.

Frontenac, au temps de sa première administration, avait fait de la milice ce qu'elle devait être par la suite. Il écrivait en 1672 : “ Les soldats ne reviendront pas plus cher (en les recrutant) ici qu'en France et je puis garantir qu'on les tiendra bien munis de toutes choses à raison de six sols de France par jour, sans qu'il soit besoin de faire venir que les étoffes et les équipements, qui seraient du reste retenus sur la paie.” Va sans dire que ceci a trait aux troupes royales, dans les rangs desquelles les volontaires canadiens commençaient à entrer. En temps de guerre tous les miliciens comptaient comme soldats. Le pays passa bientôt à une sorte de régime de caserne, voulu par les colons et trop encouragé par le roi. Des règlements furent promulgués. Etaient seuls exempts du service militaire les prêtres, les juges, les notaires, les procureurs-fiscaux, les greffiers et les seigneurs, encore ces derniers se regardaient-ils pour la plupart comme obligés de marcher à la tête de leurs censitaires. Il y avait un capitaine dans chaque paroisse un peu peuplée ; dans les grandes on en comptait deux ou trois ; les hommes composant une compagnie étaient tenus d'obéir aux ordres de cet officier. La colonie entière ayant ainsi des cadres de milice toujours au complet, on les utilisait en temps de paix pour la transmission des volontés du gouvernement — civil ou judiciaire. À la deuxième génération, ce mécanisme fonctionnait admirablement. Au milieu de ses fermes, le cultivateur faisait un continuel apprentissage de la guerre et de la discipline ; la jeunesse allait par les bois, se formant aux fatigues de la vie en plein air ; d'année en année, d'anciens soldats licenciés se joignaient aux habitants et entretenaient ainsi l'esprit militaire parmi eux. Les lieux d'étude des Canadiens, comme-dit Parkman, étaient les lacs et les cours d’eau “et ils s'y montraient écoliers consommés. Forestiers experts, adroits et hardis canotiers, toujours prêts à combattre, servant souvent sans paie, ne recevant du gouvernement que les vivres et l'embarcation, ils étaient debout en un instant pour toute

périlleuse entreprise ; dans la guerre d'escarmouche au milieu des forêts, il y en avait peu de

comparables aux membres de cette vaillante organisation.” Les titres de noblesse.accordés,

ct on pourrait dire prodigués, par Louis XIV en faveur des Canadiens de mérite, se complètaient par des grades dans l'armée et des décorations, jusqu'à la croix de Saint-Louis inclusivement ; des pensions, d'un bas chiffre il est vrai, mais qui se reportaient ordinairement sur la veuve ou sur la jeune famille récompensaient les services militaires. En un mot, des carrières étaient ouvertes à l'ambition et au courage des fils de l'habitant, Le chef de la colonie était toujours un homme qui avait gagné ses éperons ; son entourage se ressentait de cette influence. La haute classe de la société, bien que pauvre, était remplie de l'élan et de la fierté de cette ancienne noblesse qui voyait dans la guerre la seule occupation digne d'un gentilhomme et qui estimait la gloire des armes plus que les honneurs et la fortune,

Les lignes suivantes de La Hontan sur l'administration du pays, ont leur place dans ce chapitre : “ Le gouverneur-général de Québec a la disposition des emplois militaires. Il donne les compagnies, les lieutenances et les sous-licutenances, à qui bon lui semble, sous le bon plaisir de Sa Majesté ; mais il ne lui est pas permis de disposer des gouvernements particuliers, des lieutenances de roi, ni des majorités de places. Il a de même le pouvoir d'accorder aux nobles, comme aux habitants, des terres et des établissements dans toute l'étendue du Canada ; mais ces concessions se font conjointement avec l'intendant. Il peut aussi donner vingt-cinq congés où permissions par an, à ceux qu'il juge à propos, pour aller en traite chez les nations sauvages de ce grand pays. Il a le droit de suspendre l'exécution des sentences envers les criminels, et par ce retardement il peut aisément obtenir leur grâce s’il veut s'intéresser en faveur de ces malheureux ; mais il ne saurait disposer de l'argent du roi, sans le consentement de l'intendant, qui seul a le pouvoir de le faire sortir des cofires du trésorier de la marine. Il a vingt mille écus d’appointement annuel, y comprenant la paie de la compagnie de ses gardes et le gouvernement particulier du fort (de Québec) ; outre cela, les fermiers du castor lui font encore mille écus de présent. D'ailleurs, les vins et toutes les autres provisions qu'on lui porte de France ne payent aucun fret ; sans compter qu'il retire pour le moins autant d'argent du pays par son savoir faire, L'intendant en a dix-huit mille; et Dieu sait ce qu'il peut acquérir par d'autres voies? ; mais je ne veux pas toucher cette corde-là, de peur qu'on ne me mette au nombre de ces médisants qui disent trop sincèrement la vérité, L'évêque tire si peu de revenu de son évêché, que si le roi n'avait eu la bonté d'y joindre quelques autres bénéfices situés en France’, ce prélat ferait aussi maigre chère que cent autres de son caractère dans le royaume de Naples. Le major de Québec a six cents écus par an. Le gouverneur des Trois-Rivières en a mille, et celui de Montréal deux mille. Les capitaines des troupes cent vingt livres par mois. Les lieutenants quatre-vingt-dix livres, les lieutenants réformés‘ cinquante, les sous-lieutenants quarante, et les soldats six sols par

! Ce que l’on nomme vulgairement le tour du bâton.

? Il dit, parlant de M. de Meulles, ‘ je crois qu'il n'a pas négligé ses propres affaires ; il y a même apparence qu'il a fait un certain commerce souterrain qui est un vrai petit Pérou. ” Ce même M. de Meulles dénonçait avec chaleur les gentilshommes canadiens engagés dans la traite sans permission.

3 Le roi avait fait réunir les deux manses de l’abbaye de Maubec en faveur de l'évêché et du chapitre de la cathédrale de Québec,

sous Mgr de Laval ; l’abbaye de Benevent fut ajoutée à ces bénéfices du temps de Mgr de Saint-Valier, * Ceux qui, après un temps de service, sont détachés des troupes.

| jour, monnaie du pays. Les conseillers qui composent le Conseil Souverain en Canada, ne | peuvent vendre, donner, ni laisser leur charge à leurs héritiers ou autres, sans le consente- | ment du roi, quoiqu'elles vaillent moins qu'une simple lieutenance d'infanterie, Ils ont coutume | de consulter les prêtres ou les jésuites lorsqu'il s'agit de rendre des jugements sur des affaires | | délicates ; mais lorsqu'il s'agit de quelque cause qui concerne les intérêts de ces bons pères, | | s'ils la perdent, il faut que leur droit soit si mauvais, que le plus subtil et le plus rusé jurisconsulte ne puisse lui donner un bon tour.”

En 1691, la solde de treize cent treize hommes, avec leurs officiers, coûtait deux cent dix-huit mille livres, soit cent soixante et six livres par homme. La population du Bas- Canada était alors de douze mille âmes. Quelques centaines de volontaires se trouvaient répandus à la baie d'Hudson, Terreneuve, l'Acadie et sur les frontières de la Nouvelle- Angleterre ; les hommes restés dans le Bas-Canada se plaignaient que Frontenac, tout à ses projets belliqueux, les écrasait de corvées, pour transporter les troupes, escorter les convois et travailler aux fortifications. La paix de Ryswick (septembre 1697) rendit les bras à l'agriculture et permit aux Canadiens de se réjouir de leurs nombreux succès durant une | guerre de huit années. La population du Bas-Canada s'élevait alors à quinze mille âmes, y

compris les sauvages domiciliés. Les Iroquois déposaient les armes dans une assemblée solennelle tenue à Montréal. Le commerce de l'ouest reprenait vigueur, ainsi que celui de la

| baie d'Hudson. Les troupes campaient dans les saisons propices : les dispersait chez

les habitants pour aider à faire les récoltes ; une partie était employ à raccommoder les chemins du haut de l'île de Montréal. Le séminaire de Saint-Sulpice creusait le canal de

Lachine. On élevait des retranchements à Québec “ pour divertir les troupes.” D'Iberville À

fondait la Louisiane ; Lamothe-Cadillac établissait le Détroit. Les missionnaires se répan daient au delà des lacs, chez les Illinois, au Mississipi. Le tableau qui suit donne le résumé

du recensement de 1698 :

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