‹ Histoire des Capétiens, rois de FranceChapitre 2 sur 24 · DÎ · texte numérisé non relu

DÎ

Othon, posséda le duché de Lorraine, et mourut sans laisser d'enfans : la vie de Louis fut probablement courte ; son sort resta ignoré. Quelques auteurs prétendent cependant qu'il devint la tige des landgraves de Thuringe.

Les filles de Charles furent mariées, l'une, nommée Gerberge, à Lambert, comte de Louvain, et la seconde, llermengarde, à Albert-, comte de Namur. Depuis, les maisons les j)lus illustres de l'Europe prétendirent , sans en trouver de preuve , qu'elles descendaient, par CCS princesses, du sang de Charlcmagne; et les partisans du duc de Guise, pendant la ligue, prêtèrent cette illustration à la maison de Lorraine. Ce qui est certain, c'est que cette race carlovingienne , qui avait jeté un si vif et si rapide éclat dans rOccident, s'éteignit alors comme une pâle lumière, sans exciter de surprise et sans laisser de regrets.

Depuis long-temps on méprisait la faiblesse Extinction des derniers Carlovingiens , et le respect pour >i"i;i«"s. leur nom n'était plus que le souvenir d'un songe brillant ; les princes de leur temps , témoins des derniers momens de leur grandeur, disparurent de la terre à la même époque. La mort frappa presqu'en même temps Conrad , roi de la Bourgogne Iransjurane; Guillaume Ili, duc d'Aquitaine; Herbert, comte de Champa-

gne ; Arnould , comte d'Angoulcme , et Richard, duc de Normandie.

Ce duc, indigne héritier du vertueux Rollon, gouverna ses peuples en tyran. Dominé par son ardente passion pour la chasse, il avait dépouillé tous les propriétaires de leurs hois, et laissait les champs en proie à la voracité des nomhreux animaux dont il défendait sous peine de mort la destruction. Cette oppression insupportable excita le désespoir des paysans; ils se révoltèrent. R^ichard prend les armes ; accompagné de son orgueilleuse Noblesse, il attaque ces infortunés, les défait, les disperse, fait couper les pieds aux chefs qui les avaient soulevés, et, par cette rigueur barbare, rétablit non la paix , mais le calme de la terreur. Son fils Richard H lui succéda paisiblement.

Gneirc La Rrctaguc n'avait point pris part à la lutte lirtugiic. de Charles et de Hugues; elle était alors ellemême déchirée par une guerre civile : le duc Judicaël s'était armé contre Conan, comte de Nantes; il tua d'abord les fils de ce comte; mais, peu de temps après, ayant été surpris et battu, il tomba dans les mains de Conan, Le vainqueur épousa la sœur du duc de Normandie ; et, fort de son appui, il soumit à son autorité toute la Bretamic.

HUCUES-CÀPET. aS

A cette époque , une funeste contagion , Contagion nommée par sa violence le feu des ardens , dé- le/^u des

ardent.

vasta le midi de la France : quarante mule personnes périrent victimes de ce fléau.

Ilufi^ues-Capet avait enfin abaissé rorfijueil de Associaiioi, tous ses iiers vassaux ; et, pour altermir 1 auto- à la «.urite de sa race, il associa a sa couronne son lils Robert , que tous les seigneurs reconnurent pour roi. Trop liabile pour imiter la faiblesse impolitique de ses prédécesseurs , il partagea la royauté, mais non le royaume. Son fils porta la couronne; mais, tant que son père vécut, il ne posséda aucune partie de ses États. Cependant plusieurs auteurs rapportent que Robert , secondé par quelques vassaux , s'arma contre Hugues ,• mais ils ne donnent aucun détail de ces troubles passagers.

Ilugues-Capet, comme tous les grands liommes, loin d'avoir un horizon rétréci, portait, au dehors comme au dedans, les regards d'une vigilante prévoyance. Vainqueur de ses sujets, Othon seul pouvait, dans Tavenir, lui faire craindre quelque danger; et d'avance le roi, cherchant à lui susciter des obstacles et des rivaux, entama une négociation avec Bazile et Constantin, qui régnaient alors en Orient. On a conservé une des lettres qu'il leur écrivit pour leur ollVir son appui en Italie, s'ils consentaient

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à se liguer avec lui contre l'empereur d'Allemagne.

i^^""^' lIufTuos avait éprouvé , dans sa brillante et

ae Hugues. y '

laborieuse carrière, trop de fatigues de corps et d'esprit pour que sa vie pût être longue : il mourut à Paris le 29 août 996 , âgé de cinquante-cinq ans : il en avait régné neuf. Ce prince fut enterré dans l'abbaye de Saint- Denis.

Blanche ne lui donna pas d'enfans; mais il laissa de sa première femme Adélaïde, fille du duc d'Aquitaine, un fils nommé Robert, et trois filles : la première épousa le comte de Ilainaut , la seconde le comte de Nevers , la troisième le comte de Pontliieu , auquel elle porta pour dot le comté d'Abbeville.

Hugues -Capet consomma une grande révolution , fonda une nouvelle dynastie , commença pour la Fiance une nouvelle ère, et lui laissa un chef plus puissant encore comme seigneur que comme roi. Aussi Montesquieu, avec sa sagacité ordinaire, remarque a cette occasion que « tout , dans cette révolution , )) se réduisit à deux événemens : la famille » régnante, dit-il, changea, et la couronne » fut unie à un grand fief. »

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