‹ Histoire des Capétiens, rois de FranceChapitre 5 sur 24 · HENRI · texte numérisé non relu

HENRI

nombre de seigneurs dans son parti , entr'autres Baudouin -le -Barbu, comte de Flandre, et Eudes, comte de Cbampagne, prince turbulent, passionné pour la guerre, ami du trouble et toujours prêt à risquer ses propres États pour en conquérir d'autres.

Dans ce temps de désordre, les plus petits vassaux du roi bravaient son autorité dans sa propre seigneurie, et Henri vit s'armer contre lui, pour Constance, les seigneurs de Sens, de Soissons, de Melun, de Dammartin, deCoucy et FuUe .le du Puyset. Le roi, entouré de bannières enne-

co prince en . . ^ J'*x

Kormandie. mies , sc vovait au moment detre prisonnier dans Paris. Pour éviter cette honteuse captivité, il sc sauva au milieu de la nuit, suivi seulement de douze chevaliers, et courut en Normandie chercher un refuge.

Ses Le duc Robert l'accueillit avec joie, et em-

succès sur , p 1 . 1 • .

lestroiipes Drassa sa cause, moins par iidchte que par

de la reiue. , i r~>i l -i

haine contre le comte de Lliainpagne, dont il redoutait l'ambition turbulente. Il donna au roi une armée commandée par son oncle Mauger, comte de Corbeil. Henri , soutenu par ces troupes, attaqua et dispersa celles de la reine; il s'empara de la plupart des châteaux des rebelles.

Les villages et les champs des environs de Paris furent pillés, dévastés et incendiés par

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les Normands; ils suivaient, en exerçant ces barbaries, les instructions de leur duc, qui ne mérita que trop, par ses brigandages, le nom de Robert-le-Diable que ses contemporains lui donnèrent.

La reine Constance , vaincue , abandonnée Mon

„ , , , , . de celle

et torcee a se soumettre, mourut de chagrin, princesse. peu de temps après , dans la ville de Mclun , et fut enterrée près de son époux , dont elle s'approcha pour la première fois sans troubler son repos.

Cette reine avait fondé Tabbaye de Poissy. A cette époque, le clergé disait qu'un prince avait vécu sans gloire , lorsqu'il était mort sans avoir fait quelques fondations pour l'Église.

Henri paya cher sa victoire; car les grands vassaux , au lieu de donner loyalement des secours à leur suzerain, les lui vendaient. Robert reçut pour récompense de ses services la cession de Chaumont, du \exiri français et de Pontoisc : c'était resserrer le domaine royal dans de bien étroites limites. Henri , par bonté ou plutôt par faiblesse, affaiblit encore sa chancelante puissance en imitant les Carlovingiens; et comme il s'était réconcilié avec son frère Robert, il lui céda le duché de Bourgogne. Ainsi Robert devint la tige de cette maison depuis si formidable et si redoutée.

Le comte de Champagne, Eudes, n'avait point voulu signer la paix; le roi marcha contre lui, le haltit deux fois, et, dans un troisième comhat, le mit tellement en déroute qu'Eudes prit la fuite presque seul, et se vit contraint, pour échapper à son ennemi , de se cacher au fond des forêts dans les plus sombres retraites. La Pendant ce temps Ge effroi-Martel , qui gou-

nu^ pouvoir vcmait glorieusement l'Anjou durant l'absence

lie G CodVoi- ^ , T-< 1 TVT > A . T»

Marici. de son père rouiques JNera, entrame en ralestine par la dévotion du siècle, disputa la possession de la Saintongc au duc de Guicnne, Guillaume V. Une grande bataille, livrée à Montreuil Bellay, décida cette querelle, hc duc Guillaume fut battu et pris. Il resta captif pendant trois ans et n'obtint sa liberté qu'en cédant la Saintongc à son vainqueur.

Eirango Lcs mœurs barbares du siècle rendaient les d.s Fran- T rancais msolens et teroces après la victoire :

vais après ' . t n • i • •

lavkioirc. le guerrier que la fortune avait trahi était soumis par une étrange coutume à toutes sortes d'humiliations et même de tourmens. Son vainqueur, ou plutôt^son maître, le forçait à parcourir un certain espace de terrain, chargé d'une selle qu'il portait sur le dos; quelquefois il lui servait de marche-pied pour monter à cheval ; souvent même il était enfermé dans une ca(;e de fer et exposé à un feu ardent.

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jusqu'à ce qu'il eût payé la rançon exigée, ou cédé le domaine qu'on lui demandait.

Tandis que la France semblait se précipiter Accroisainsi de nouveau dans les ténèbres de la bar- ivmpire

. , d'A-Ucroa-

barie , dont Hugues-Capet avait voulu la faire guc. sortir, l'empire d'Allemagne prenait un accroissement rapide sous des Césars dignes de ce nom. Les Othons l'avaient illustrée. Leur successeur Conrad protégea efficacement Rodolphe , roi de la Bourgogne transjurane , contre ses ennemis. Ce roi n'avait point d'cnfans; il légua en mourant ses Etats à l'empereur Conrad, mari de sa sœur. Henri, à peine maître dans son palais, n'était point en mesure de s'opposer à cette extension de puissance. Le plus belliqueux des seigneurs français , le comte de Champagne, s'en chargea audacieusement. Il avait épousé aussi une sœur de Rodolphe, et disputa son héritage à l'empereur. Un prince, vassal des rois de Bourgogne , Origine <ks

¥Ti 11 r • n 1 maisims de

lIumbert-aux-Blanchcs- Mains, prohtant desavoicctdc

. 1 , Lorraine.

ces troubles , forma de la Maurienne et de la Savoie un État indépendant. Quelques auteurs le faisaient descendre de Witikind ; les autres de Hugues, roi d'Italie, l'un des petits-fils de Charlemajrne. Humbert fut la tiffe de la maison qui règne encore aujourd'hui en Savoie. A peu près à la même époque, Gérard d'Al-

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sacc , proche parent de l'empereur Henri III , reçut de lui en ficf le duché de Lorraine , et fonda cette célèbre maison de Lorraine, qui depuis donna tant de héros à la France et tant d'empereurs à l'Allemagne.

Lorsque Rodolphe mourut, l'empereur était absent et portait ses armes en Hongrie. Le comte de Champagne, favorisé par cet éloignement, s'empara de la plus grande partie du royaume de Bourgogne ; mais ce succès fut aussi court qu'il avait été rapide. Conrad revient à la tète d'une forte armée ; il chasse Eudes de toutes ses conquêtes , et ce comte opiniâtre , poursuivi par l'empereur et menacé d'un autre côté par l'inimitié du roi de France , fut forcé à s'humilier et à se soumettre.

Incendies On nc vovait partout que troubles , malen France. t» • i • • 1

heurs et désordres : Pans et les principales villes n'offraient aux regards que de rustiques maisons en bois et couvertes de chaume. La moitié de la capitale fut détruite par un incendie '^ ; les flammes consumèrent égale- Gucrrc en- Icmcnt Ics viUcs d'Anfrers et de Sens : mais la

«le Koberl- ^ . i r

le-oiai.ie et iureur dcs hommes était encore plus luneste que celle des élémens; Robert-le-Diable voulut contraindre les Bretons à venir nu-pieds lui prêter hommage j Icui' refus décida la

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guerre ; elle fut des deux parts infructueuse pour les princes et horrible pour les peuples. Tandis que Robert incendiait la Bretagne , le duc breton Alain dévastait la Normandie. Celui-ci fut enfin vaincu et chassé par un seigneur normand, nommé Allure-le-Géant , et la paix devint le fruit non de la raison, mais de la lassitude.

Les esprits ignorans et grossiers passent ra- RemoiJs de pidement du crime aux remords et de la férocité à la terreur; rien n'était si commun chez nos pères que la réunion d'une licence effrénée et d'une dévotion superstitieuse. Robert-le-Diable craifrnait non les hommes, mais l'enfer : rassasié de sang , redoutant l'avenir, il résolut de partir pour la Palestine , persuadé , comme ses contemporains, que quelques larmes , répandues sur le saint sépulcre , suffisaient pour laver tout le sang qu'il avait versé.

Cependant, malgré la crédulité du temps, so.i.i<part tous les évéques, tous les barons normands , Fèl"i'.ie\tsa effrayés de ce projet, cherchèrent à l'en détourner; ils lui représentèrent que, n'ayant qu'un lils bâtard, son absence ou sa mort exciterait en Normandie les plus grands troubles. Leurs remontrances furent vaines; il demeura inébranlable dans sa résolution. Mais, avant

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de partir, il fit reconnaître solennollcment, par les grands et par le peuple, ce fds bàlard pour son héritier. Cet enfant, dont la mère était une fille d'un pelletier de Falaise, se nommait Guillaume, et devint célèbre par la conquête de l'Angleterre.

Robert, crair^nant de mettre dans les mêmes mains son duché et son héritier, plaça le jeune Guillaume sous la protection du roi Henri, et confia la régence de ses États au duc Alain de Bretagne, son vassal. Les alarmes qu'excitait son départ ne furent que trop justifiées par l'événement : il mourut à Nicée; les seigneurs se divisèrent; la discorde régna en Normandie. Un grand nombre de Nobles , refusant de se soumettre à un bâtard, se déclarèrent les uns pour l'archevêque de Rouen, et les autres pour le comte d'Arqués, qui tous deux étaient ses oncles. Chacun courut aux armes et se fortifia dans son château.

Ces dissensions semblaient devoir amener la perte de cette contrée; ce qui sauva les Normands, ce fut non-seulement leur bravoure, mais leur résolution unanime de ne jamais subir le joug de l'étranger, tout en se servant de ses secours, de Ta pas- La renommée des Normands, autrefois la

sion lies - ii/-\ • 1 f • 1 1 •

croisades, tcrrcur de l Occident, était devenue, depuis

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trente ans, chevaleresque et brillante. Quarante guerriers de ce pays, arrivant de la Palestine en Italie, avaient arraché Salerne aux Sarrasins; leurs exploits rappelaient les temps héroïques et fabuleux : ils rapportèrent en Normandie d'immenses richesses; leur succès excita l'émulation de leurs compatriotes, qui s'enflammèrent plus que jamais d'une vive passion pour la guerre et pour les aventures. Dès-lors on vit un grand nombre de jeunes Nobles, ruinés ou dépouillés de leurs fiefs par les discordes civiles, chercher dans toute l'Europe la gloire et la fortune.

L'un d'eux, Drogo Osmond, ayant poignardé, dans le palais même du due, un seigneur qui avait enlevé sa fille, s'exila avec ses quatre frères, et courut en Italie offrir ses services au comte de Capoue. Les six fds de Tancrède de ïlauteville. Nobles de Coutanccs, portèrent leurs armes au-delà des Alpes, se rendirent célèbres par les victoires fréquentes qu'ils remportèrent tantôt contre les Grecs, tantôt contre les Sarrasins. La Fouille, la Calabre, la Sicile, furent successivement le théâtre et le prix des exploits de Drogon, d'IIumphroi, de Robert Guiscard, de Roger, de Boëmond ; enfin, ces vaillans paladins fondèrent des duchés, des principautés, des royaumes même,

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et toiilo la jeune Noblesse de l'Europe ne rêva plus que combats, aventures et conquêtes.

Chacun crut voir un sceptre, une couronne au bout de son épée, et bientôt cette ambition chevaleresque, se mêlant aux sentimens relir^ieux, embrasa l'Occident de cette passion pour les croisades , qui précipita toute l'Europe en Asie ; cette passion funeste et trompeuse enrichit quelques aventuriers, couronna quelques guerriers heureux, et en.gloutit des millions de chrétiens dans un immense tombeau.

Troubles en La Nomiandic , s'illustrant au dehors par la

Normandie. .,, i .• '^'i»

vaillance de ses aventuriers , se voyait intérieurement déchirée par l'anarchie. Alain , duc de Bretagne, digne de la confiance que lui avait montrée Robert , exila les oncles ambitieux de Guillaume, marcha contre les factieux, les défit et les comprima; mais, au défaut de force, ceux-ci, pour se venger, eurent recours à la trahison : Alain périt empoisonné; son fils Conan, qui lui succéda, était enfant, et la Bretagne perdit alors toute influence sur les troubles de Normandie.

Le roi Henri y renvoya le jeune duc Guillaume, et lui donna pour gouverneur le comte d'Hiesmes, dont on estimait l'expérience et la valeur. Ce vieux guerrier, non moins infor-

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tuné qu'Alain, mourut sous le poignard de Raoul de Vassi et de quelques Nobles normands. Deux nouveaux précepteurs, donnés à Guillaume, furent successivement assassinés par le comte de JMontgommery. Mais ce barbare ne tarda pas à recevoir le châtiment qu'il méritait. Un des parens de sa dernière victime, nommé Aubert , rassembla quelques amis , s'introduisit la nuit dans le château du comte, et regorgea ainsi que tous les gentilshommes de sa suite.

Pendant que la Normandie était le théâtre Guerre en

Lorraine*

de ces scènes sanglantes, Tincorrigible Eudes, comte de Champagne, reprit les armes, entra en Lorraine , s'empara de Commercy et menaça la ville de Bar. Le duc de Bar lui livra une bataille sanglante et remporta une victoire complète. Un grand nombre de Nobles champenois, parmi lesquels brillait Manassès, comte de Dammartin , périrent dans cette journée. Eudes lui-même fut tué d'un coup de lance. On porta sa tète à l'empereur. Sa mort fut un triomphe pour ses ennemis et un soulagement pour ses vassaux, qui le disaient plus riche en terres qu'en probité.

Ses deux fils, Thibaut et Etienne, partagèrent ses États : le premier eut pour lot les comtés de Chartres, de Blois et de Tours; le ■ 4. 7

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second possëda les villes de Troyes et de Mcaux ; il prit \c titre de comte palatin de Champagne et de Bric.

Guerres La FraHcc, impuissante au dehors, voyait

■privées en ^ • i i •

France, de tous cotés SOU sciu déchiré par des guerres privées. GeoiTroi-Martel , non moins turhulent que le comte de Champagne , prit les armes contre le duc d'Aquitaine, et trouva le moyen daffaiblir son ennemi en excitant une révolte dans ses États. Cependant le duc s'avança pour le combattre ; mais il fut tué , en voulant prendre d'assaut le château d'un rebelle. Sa mort délivrant Geofi'roi de tout obstacle , il s'empara rapidement du Poitou, de la Guienne, dont son neveu Gui Guillaume hérita, et réunit ces deux provinces à la Gascogne. Il fallait que le roi de France fût alors bien dénué de lumières ou de forces, pour laisser tranquillement ainsi un vassal s'étendre et se former une seigneurie plus puissante que le duché de France. Henri ne s'occupait activement que des troubles de la Normandie, plutôt pour en profitei' que pour les finir. Guillaume se voyait disputer son héritage par un grand nombre de seigneurs ambitieux, et ce fut probablement aux adversités de sa jeunesse qu'il dut la prospérité de son âge mûr. Une lutte continuelle pour d(>fendre son existence endurcit son courage, for-

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tifia son caractère et le prépara aux conquêtes.

Roger, descendant d'un oncle de Rollon , voulait lui enlever son duché ; Guillaume le défit et le tua. Richard , comte d'Évreux , appuyé de forces plus considérahles , forma le même dessein; mais le roi Henri vint le combattre , le vainquit et le réconcilia avec le jeune Guillaume, qui dans lasuite le fit comte de Warwick.

Le roi secourait alternativement le duc et Projet de ses ennemis, espérant les détruire l'un par >or^'il'die. l'autre et réunir la INormandie à la France. Bientôt il embrassa la querelle du comte d'Arqués , qui voulait chasser Guillaume de ses États. Ce fut dans ce temps que les braves Normands, qui combattaient avec tant de gloire en Italie, remportèrent sur l'armée de l'empereur d'Orient, dans la plaine de Cannes, une victoire si sanglante et si décisive , que les Grecs ne purent jamais depuis relever en Italie leur puissance ruinée.

Les projets du roi Henri sur la Normandie furent traversés et retardés par la révolte des deux comtes de Champagne, qui attirèrent dans leur parti Eudes, frère du roi. Ces comtes cessèrent alors de rendre hommage cà Henri, prétendant qu'il avait enfreint les lois féodales en refusant de secourir leur père , son vassal ,

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lorsqu'il était attaqur par rcmpcrciir. Eudeî; ^ excité par eux, réclamait avec hauteur les anciens droits des princes français, et demandait que Henri lui cédât une part de l'héritage de llohert, c'est-à-dire du royaume. Peut-être un autre prince eût été secondé par un parti nombreux, en invoquant ces vieilles et désastreuses coutumes : mais Eudes était généralement haï; il souillait l'éclat de son rang en se livrant aux vices les plus honteux; son caractère était féroce ; et les chroniques du temps disent qu'il employait sa vie à piller les villes, à dévaster les champs et à voler sur les grands chemins.

Une de ces chroniques raconte <■( qu'un jour j) Eudes , après avoir livré au pillage toutes » les terres cultivées par les serfs d'une abbaye i) de bénédictins, voulut donner à ses compa- » gnons un festin très somptueux. D'abord il » enlève aux habitans toutes leurs provisions; » ensuite il entre dans l'église et emporte le » cierge pascal , dont il se sert pour éclairer i) son orgie ; mais bientôt Dieu lui infligea un )) juste châtiment; il mouiut peu de temps » après : tant il est vrai , ajoutent les bons » moines, que nul roturier, gentilhomme ou » prince , ne peut toucher impunément aux » biens de saint Benoît. »

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Le roi triompha sans peine d'un si indigne rival ; il dispersa les troupes des rebelles , poursuivit son frère, le contraignit à se renfermer dans un château, l'y assiégea, le prit et le garda long -temps captif dans la ville d'Orléans ; il enleva ensuite plusieurs terres au comte Etienne, et confisqua le comté de Meulan sur Galeran, son allié.

Pendant ce temps, GeofFroi-Martel , embras- Cession

, . 1 11 1 • de la Tou-

sant pour son intérêt la querelle du roi, com- raine à batlit Thibaut, frère d'Etienne, lui enleva Marui. toute la Touraine, et ne lui accorda la piix qu'après lui avoir fait jurer la cession de cette province. Suivant les usages d'un temps où l'on violait les promesses, GeoflVoi exigea que le serment d'Etienne fût signé par cinquante de ses châtelains et par cinquante de ses gentilshommes.

Au moment où l'épée de GcofTroi acciY)is- numiiit«<ie sait ainsi la puissance des comtes a Anjou, son raicsuac. père. Foulques Néra, désabusé du monde, et ne cherchant qu'à s'ouvrir les portes du ciel, surpassait en piété dans la Palestine les plus dévots pèlerins; « il se fit, dit-on, traîner la » corde au cou , tout nu , sur une claie , et » fustiger près du saint sépulcre, implorant n à haute voix la pitié de Jésus-Christ en fa- » veur du traître Foulques. » On ne peut sa-

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