LOC MA C. CL. YIIII. MC
(( Tombeau de deux cent cinquante-neuf martyrs en Jésus-Christ. »
Les tombes sont fermées soit avec de larges tuiles, soit avec des dalles de pierre ou de marbre parfaitement incrustées dans le tuf. C'est là que se trouvent gravées les inscriptions dont l'étude offre un si puissant intérêt à la science et à la piété. Demain nous la commencerons; car aujourd'hui le temps nous presse de descendre dans les Catacombes.
Quand il a franchi l'ancienne porte Trigemina, ainsi appelée des trois Horaces, qui la passèrent en se rendant à leur fameux combat, le voyageur se trouve sur la voie d'Ostie. A quelque distance de la ville, elle se divise en deux bras, dont l'un s'étend vers Ostie. l'autre vers les Eaux Salviennes ou Saint-Paul-Trois- Fontaines. C'est dans ce dernier lieu, à l'endroit appelé Gutta jugiter mano.ns, que le grand Apôtre eut la tête tranchée. Dans la visite de Rome, nous avons parlé de la Catacombe de Saint-Zénon et des trois églises des Eaux Salviennes, élevées en mémoire du triple bond que fit la tête de l'Apôtre en tombant sous la hache du licteur. 2^ous avons dit encore que son corps sacré fut recueilli
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par sainte Lucine et enterré par elle dans une de ses proprié lés. Or, nous voici sur cette Gatacombe, immortalisée toutàlafoisparlasépulturedu grand Apôtre et d'une foule de martyrs et par la Basilique Constantinienne, élevée dans ce lieu par le premier empereur chrétien : nous sommes à Saint-Paul h')rs des murs.
Comme on le voit, la Gatacombe de Sain te -Lucine ou de Saint-Paul remonte au berceau de l'Église. On y descendait autrefois par un oratoire souterrain, dédié à l'Apôtre : cet oratoire est aujourd'hui fermé. Une ancienne inscription, écrite sui- le pavé en marqueterie de l'ancienne Basilique, témoignait de la multitude des martyrs inhumés auprès de saint Paul :
SVB HOC PAVIMENTO TESSELLATO
CŒMETERIVM S. LUCIN.E
MATRO.X.E
IN QVO ■t>LVRIiIA SAN'CTORVM
MARTYRVM CORPORA
REQVIESCYNT.
(( Sous ce pavé en mosaïque est le cimetière de la matrone sainte Lucine, dans lequel reposent les corps d'une multitude de saints martyrs. »
Parmi ces hôtes illustres il suffira de nommer les saints Timothée, Julien, Basilisse, Gelse et Marcionille, dont les corps sont aujourd'hui sous l'autel de sainte Brigitte. Le premier était un citoyen d'Antioche qui était venu à Rome sous le papeMelchiade. Né dans le paganisme, il se montrait fort attaché à la religion de ses pères, lorsque la lumière de la foi lui dessilla les yeux. Apôtre aussitôt que néophyte, il se met à prêcher publiquement la divinité de Notre-Seigneur et l'absurdité de l'idolâtrie. On l'écoute, on se convertit
en grand nombre ; mais le tyran Maxence apprend ce qui se passe.
Ordre est donné à Tarquinius, préfet de Rome, d'arrêter le prédicateur. Digne ministre de son maître, Tarquinius fait jeter Timotiiée dans une noire prison, ordonne de le couvrir avec de la chaux vive et d'exercer sur son corps toutes les tortures qu'une rage impuissante peut inventer. Le martyr résiste à tout; enfin la hache du licteur finit son glorieux combat. Une sainte femme, nommée Théodora, recueillit son corps et le déposa dans un champ qui appartenait au martyr et qui prit le nom de Gatacombe de Saint-Timothée. Contigu au cimetière de Sainte-Lucine et enfermé plus tard dans l'enceinte même de la Basilique, ce champ sacré n'est qu'un quartier de la Gatacombe de Saint-Paul ^. Quant aux autres martyrs, leur présence dans ces lieuxest un témoignage de plus de cet immense désir, je dirais volontiers de cette jalousie maternelle que Rome manifesta dès le principe, d'avoir auprès d'elle ses plus illustres soldats de l'Orient et de l'Occident, de l'Espagne et des Gaules. Julien etBasilisse, son épouse, habitaient Antioche, voisine de Nicomédie, où fut d'abord publié redit delà dernière et de la plus sanglante persécution. Antioche fut une des premières villes qui envoyèrent au ciel les intrépides témoins de la foi persécutée. Julien fut de ce nombre, après avoir rendu sous le président Marins un illustre combat, bes compagnons de courage et de gloire furent Marcionille et le jeune Gelse, son fils, petit enfant qui, trop faible encore pour porter ses fers, étonna ses bourreaux par son intrépidité. Or Rome possède leurs reliques, et les montre parmi ses plus précieux joyaux. Ainsi de toutes les par-
J Mazzol., Sagri Cimiterj, p. SOG.
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ties du monde elle a des témoins de sa foi; et c'est à juste titre que ses Catacombes portent l'auguste nom de Conciles des martyrs : Concilia martyrum.
Dans le couvent des Bénédictins attenant à la Basilique de Saint-Paul on trouve, incrustées dans les murs du cloître, une foule d'inscriptions qui servaient de pavé à l'ancienne église. Elles racontent les gloires de la Catacombe de Sainte-Lucine et font connaître les papes, les préfets de Rome, les illustres chrétiens et les martyrs plus illustres encore, auxquels ces antiques souterrains servirent de dortoir en attendant le réveil de la résurrection. Je n'en rapporterai qu'une seule, que la Providence a pris soin de conserver comme un monument du zèle et de la sollicitude empressée de nos pères et de nos mères dans la foi pour les saints martyrs. Le seul titre de gloire que Mandrom veut faire passer à la postérité, c'est son pieux respect et son courageux amour pour les soldats de Jésus-Christ.
MANDROSA HIC NOMINE OMNIVM GRATIA PLE.\A
FIDELIS IN XTO EJV3 MANDATA RE5ERVANS
MARTYRUM OBSEQVIIS DEVOTA TRANSEGI FALSI SECVLI
YITAM VNIYS VIRI CONSORTIO TER QYINVS CONVICTA
PER ANNOS REDDIDI NVNC DXO RERVM DEBITYM