‹ Histoire des catacombes de RomeChapitre 43 sur 172 · MENSIS. VI. DIES XVIII · texte numérisé non relu

MENSIS. VI. DIES XVIII

DEPOSIONE NON V . KL. IMIAS QVESQVI IN PAGE.

« Donatus, qui vécut trente ans six mois dix-huit jours . Sa déposition, le neuf des calendes de mai ; il repose en paix. » On peut croire que le caractère distinctil de ces deux chrétiens avait été la vigilance tant recommandée dans l'Évangile ; en sorte que leur tombe, grâce au signe emblématique, continuait de prêcher après leur mort la vertu qu'ils avaient glorieusement pratiquée durant leur vie *.

Dans un ancien sarcophage des Catacombes Vaticanes on voit le coq placé sur une colonne ; ce qui, du reste, est assez fréquent dans les monuments d'une époque postérieure. « 11 rappelle, dit Rasponi dans sa description de Saint-Jean de Latran, l'infirmité humaine dont les pontifes eux-mêmes ne sont pas exempts '^. »

Le règne animal n'est pas le seul à fournir des emblèmes à l'art primitif ; le règne végétal, si gracieux et si varié dans ses productions, lui apporte un large tribut. Image de Notre-Seigneur, image de l'homme dans sa vie, dans sa mort et dans sa résurrection, les arbres sont souvent reproduits dans la partie décorative des monuments primitifs. Quelquefois même ils occupent le champ de la peinture et

1 Lib. VI,, c. XXXVII, p. 329.

- Pontifices humanae imbecillilatis atlmoneiitiir. De Bns. Lnter,, lib. I, c. xiY.

de la sculpture *. Entre tous les membres de cette grande famille, le cyprès est un de ceux qui reviennent ordinairement.

On le comprend, la pensée de la mort, symbolisée par cet arbre, était et devait être sans cesse présente aux premiers fidèles ^. Une pierre tumulaire découverteparBosio dansles cimetières delà Voie Appienne, représente un cyprès entre deux maisons. Ces maisons signifient le corps humain, qui est comme la demeure de l'âme, demeure détruite par la mort, dont le cyprès rappelle le souvenir. Du reste, les maisons se reproduisent le plus souvent sur les loculi ; c'est la place qui leur convenait -^

Parmi nos emblèmes sacrés, figurent aussi avec distinction le palmier et l'olivier. En parlant des martyrs, nous verrons la signification de la palme. Quant au rameau d'olivier, qu'on retrouve à^chaque instant sur les tombes et dans les peintures, tantôt seul, tantôt avec une colombe qui le porte à son bec ou qui est perchée dessus, on devine sans peine les idées dont il est le symbole. Héritiers des traditions primitives, tous les peuples anciens conservèrent, avec la connaissance du déluge, le souvenir de la colombe, mystérieuse messagère qui, en signe de la paix rendue à la terre, apporta au patriarche un rameau d'olivier. De là, chez toutes les nations, l'olivier regardé et employé comme le symbole de la paix '*.

1 S. Cyril. Hieros., Catech. xviii. — S. Hier., Hom. m, in Cant. — Orig., lib. VI, m Epist. ad Rom.

2 ViRGiL., JEneicL, lib. VI. — Horat., Od. v. — Ovid,, Tvist, eleg. xiii, etc., — Bosio, lib. IV, c. xlh.

^ Bosio, lib. IV, c. XLVii, 35G-7.

^ Quemadmodum post aquas diluvii, quibus iniquitas antique purgata est, post baptismum,iit ita dixerim, mundipacem cœlestis

Appliquant cette idée à leurs rapports avec Dieu, les chrétiens peignirent ou gravèrent des rameaux d'olivier, toutes les fois qu'ils voulurent annoncer le triomphe de l'âme et la paix dont elle jouissait en récompense de ses victoires. Or, cette paix délicieuse, ils la devaient au divin Maître, appelé notre paix ; et ils avaient soin de lui en rapporter la gloire. Tel est le délicieux sentiment qu'exprime, en particulier, la pierre tombale d'un jeune enfant, publiée par Bosio. A la partie supérieure on lit l'inscription suivante :

BENEMEREXTI FILIO CAL.

PVRNIO PARENTES

FECER^>«T

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