CHAPITRE XV
BÉSUMÉ.
Si le lecteur se rappelle et considère que Louis XVI, méditant et youIanlF réaliser toutes les réformes et toutes les améliorations dont Tancteiuie monarchie était susceptible, avait spontanément proposé :
Le si février 1787, les conseils de la commune, du district et de la province avec l'élection pour base ; l'égalité absolue de l'impôt territorial ; l'adoucissement de la corvée; la diminution des impôts indirects ; le dégrèvement de l'impôt du sel ; la liberté du commerce des grains ; la suppression de toutes les douanes intérieures, et l'établissement d'un tarif unique et modéré aux frontières ;
Le 5 juin 1787, un Conseil des finances chargé de publier, tous les ac un tableau exact des receltes et dés dépenses ;
Le 8 mai 1788, une haute-cour, formée de toutes les grandes situations du royaume, sans exception, et chargée d'examiner et d'enregistrer les lois ; une réorganisation radicale de tous les tribunaux et de toutes les cours de justice ; une révision du code pénal ; un code uniforme de lo is pour toute la France ; une réforme complète des universités et de l'enseignement du droit, et une amélioration du r^ime des prisons ;
Le 27 décembre 1787, l'égale admissibilité de tous les citoyens aux emplois, une double représentation accordée au tiers*état, l'abolition des lettres de cachet, l'établissement de la liberté de la presse, la réunion périodique des Etats Généraux ; — toutes réformes, toutes améliorations, tous progrès promis de nouveau et solennellement par Louis XVI, le 23 juin 1789, sans pr^udice de ce que les Etats Généraux pourraient lui proposer encore.
Si le lecteur se rappelle et considère qu'au lieu de réaliser cet im-
* Villate, les Af^stères de la mère de Dieu dévoilés.
mense et admirable programme de réformes, que les cahiers des bailliages et des sénéchaussées avaient unanimement acceptées avec la base fondamentale de la monarchie, les députés de TAssemblée constituante lui substiluèrent les rêves et les utopies de la déclaration des Droits de THomme ;
Que, pour faire triompher ces théories et pour satisfaire leur ambition, ces députés organisèrent le régime des clubs de Paris, qu'ils comptaient tenir asservis, tandis que ces clubs les asservirent ;
Que ces clubs, ces soulèvements, ces émeutes de Paris ont dominé l'Assemblée constituante, TAssemblée législative et la Convention, renversé Tancienne monarchie et imposé la République à la France ;
Que pendant dix ans, du 24 juillet 1789 au 9 novembre 1799, la France a été bouleversée, ruinée, ensanglantée par les factions révolutionnaires, uniquement préoccupées de leurs intérêts, sans qu'aucune d'elles ait voulu ou pu fonder des institutions régulières;
Que les trois seuls grands et glorieux gouvernements que la France ait eus depuis un demi-siècle, l'empire, la restauration et le gouvernement de juillet 1830, ont dû précisément la plus noble portion de leur grandeur et de leur gloire à l'établissement, au perfectionnement et à la consolidation de ces réformes proposées par Louis XVI le 22 février et le 25 juin 1787, le 8 mai etle 27 décembre 1788 et le 23 juin 1789, et ajournées ou gâtées, pendant 10 ans, par les partis révolutionnaires;
Si le lecteur pèse et considère tous ces faits, dont nous avons placé le tableau sous ses yeux, ne sera-t-il pas fondé à se demander si la Révolution, loin d'avoir hâté la civilisation de la France, a été autre chose qiPime stupide et sanglante inutilité?
FIN DU DEUXiillE VOLUfiEE.