‹ Histoire des chapelles papalesChapitre 25 sur 60 · DE PALESTRINA · texte numérisé non relu

DE PALESTRINA

Note 17, page 32.

Ces! à ce compositear célèbre que forent coDÛées les destinées de la ma* Kqoe sacrée, lorsque le sévère Panl III, les Pères do coodle de Trente et le pape Marcel II, frappés de la décadence de cet art, de?eno tout-à-fait profane, Yoolaieot la proscrire de nos cérémonies religieuses. Palestrina poblîa diverses compositions, entre aotres sa Messe du fkipe Marcel, monoment le (dos corieox de la renaissance de Part , qu'on n'exécote qu'une fois Fan à Rome, dans la chapelle Sixtine, le Samedi saint. Palestrina, en donnant à la mn»qne son rrai caractère, et lui rendant toute sa noblesse et sa primitive expresâon , la sau?a do décret de proscription dont elle était menacée. Ce grand artiste fut inhumé, par ordre du Pape, dans l'élise de Saiot- I^erre, an pied de l'autel de Saint-Simon et de Saint- Jade; on plaça sar sa tombe l'inscription qui s'y lit encore : Joannes-Petrus-Aleacis Palestrina, musicœ princeps. Les œuvres de ce compositeur célèbre sont conserva avec soin, et exécutées en Italie. On a jndideusement émis le vœu de les voir plus connues en France, où trop souvent notre musiqae rdigieose a nn caractère profane.

DU CRUCIFÈRE POXTIFICAL.

Le Crucifère, comme le Caudataire, est Chapelain secret du Pape et prélat di mantellone. Lorsque le Pontife porte la mosette et le rochet, sans étole, il n'est jamais précédé de la croix; c'est le contraire lorsque le Pape est revêtu, soit de la chape, soit de la chasuble, on simplement de l'élole.

Cest ici le lieu, puisque la croix papale ou pontificale apparaît pour la première fois dans le récit des cérémonies, de rapporter ce que nous avons recueilli dans les auteurs italiens, an sujet da privil%e dont jooit le Pontife romain, d'être partout précédé de la croix.

La croix processionnelle, appelée papale, qui précède toujours et partout le Pontife, non-seulement dans l'Église romaine, mais encore dans tout Fonivers, est la marque de sa suprême dignité et de sa juridiction universelle. Chef de l'Église entière, le monde catholique est comme son immense diocèse : Ubi Papa , ubi Roma,

Les auteurs italiens ne peuvent pas préciser l'époque ou les Papes ont commencé à se faire précéder de la croix. Parmi ceux qui se sont livrés à des recherches sur cet ancien rit, il faut distinguer Fi vizzani, de Rilu cruels romano Pontifici prœferendœ ; Bonani, Gerarchia eccleslastlca; Novaes, Ditsertazione, etc.; enfin, le chevalier Moroni, Dizionar., etc,^ art Croce, Nous pourrions joindro à ces écrivains le savant évêque français du Sanssai , qui a traité la question en l'agrandissant , dans sa dissertation de Sacro ritu Crucis preferendœ ante Archiepiscopos,

On a voulu que saint Clément, élu pape en 91 , ait établi celle coutume ; il est permis d'en douter. Saint Sjlrestre, après le triomphe de Constantin , qui fut aussi celui de la croix , a pu se faire précéder de ce signe auguste, ou le porter lui-même comme un trophée qui rappelait la gloire de Jésus- Christ et de son Église. Anastase le Bibliothécaire cite un témoignage irrécusable de la coutume dont nous parlons, dans la vie de Léon IV, qui r^nait en 847, mais qui laisse croire que cet usage, alors en vigueur, remontait cependant à une époque plus reculée. Il est fondé sur le caractère propre du représentant de Jé&usChrist sur la terre, et il n'est aucun signe plus expressif et plus digne qui convienne mieux au chef visible de celte Église que le Christ a acquise par son sang, La croix que le Pape fait porter partout , annonce son autorité universelle sur tout le troupeau, et sa haute dignité fondée sur les mérites de Jésus crucifié.

Bien d'autres raisons peuvent servir à expliquer ce pieux usage, dans lequel on a vu encore un souvenir de celui qui était observé anciennement, de porter devant les Papes la sainte Eucharistie sur une mule blanche.

L'image du Sauveur est tournée vers le Pontife, comme pour lui rappeler sans cesse qu'il remplit les fonctions de médiateur entre Dieu et les hommes, et qu'il doit toujours marcher en présence de ce Pontife éternd, qui est le souverain médiateur, comme l'appelle saint Paul : Mediator Dei et hominum homo Christus, dont il doit souvent implorer l'assistance.

Les Patriarches, les Archevêques, les Primats et quelques Évêques, par privilège spécial, se font précéder, seulement dans leur diocèse, de la croix, comme le font les Pontifes romains. Fivizzani nous apprend que cette coutume n'est pas fondée sur un droit, mais bien sur les privil^es accordés par le saint Siège. Les Pères du concile de Latran, présidé par Innocent III, ea 12 15, déclarèrent que la croix était l'insigne distinctif du Pontife romain ; aussi tous les Prélats qui ont le privilège de la faire porter devant eux, ne peuvent le faire que dans certaines limites; les Patriarches dans le monde entier, la ville de Rome exceptée, ainsi que les lieux où séjourne et où réside le Pape, et son Légat à latcre , non qu'ils puissent exercer leur juridiction hors de leur patriarcat, mais comme une faveur accordée à l'éminence de leur dignité ; ils ne peuvent en jouir en présence d'un Cardinal. Ce privilège a été accordé successivement, à certaines époques, aux Archevêques et à certains Évêques, dont on trouve l'énumération dans les auteurs liturgiques; c'est ainsi que Grégoire IX accorda le privilège de la croix aux métropolitains de Bordeaux et d'Auch. ( Voy. Sncro ritu crucis ante Archiepiscopos. )

La croix papale a la forme ordinaire ; elle ne ressemble point à celle des Patriarches, qui est double, c'est-à-dire qui a deux traverses. Il y en a deux en vermeil dans la sacristie pontificale, un peu plus hautes que nos croix processionnelles. Tune donnée par Pie VI , et l'autre par Grégoire XVL La croix à double branche est depuis un temps immémorial en usage en Orient, où les titulaires de certaines églises, distingués par leurs préroga-

tives, tels que les patriarcats , fireut usage pour enx-mêtoes de la croix double. Les Ârchevêqnes anjourd'hai placent cette croix dans leur écussoa.

C'est à tort que Ton yoit, daus certains tableaux, le Pape ou ses L%ats tenir une croix à trois branches. Ou a cependant voulu expliquer cette différence en disant que l'Église romaine devait se distinguer de l'Église grecque, dont les Patriarches ont affecté quelquefois de se croire égaux au Pape.

Dans l'exercice de certaines fonctions sacrées, telles que la consécration des églises, des autels et des Évêques, l'ouverture de la porte sainte, les souverains Pontifes tiennent à la main une croix aussi haute que celle dont ils se font précéder, toujours à une seule branche, sans k figure du Sauveur crucifié.

Quant à la croix pectorale, les Papes ne la portent que lorsqu'ils chantent la messe pontificalement. Il paraît cependant que, dans les temps reculés, ils la portaient habituellement ; cette pieuse coutume n'a jamais été générale. Nous trouvons dans le Dictionnaire du chevalier Moroni ( art. Croce pet" torale)^ que c'est sans aucun fondement que les Évêques sont dans l'usage de cacher leur croix dans les diocèses étrangers. L'auteur cite à l'appui de cette opinion une lettre de Benoît XIY, et à l'imposante autorité de ce Pape il jouit celle de Léon XII. Le signe distinctif de la dignité épiscopale est cette croix pectorale , qu'il ne convient pas de cacher, et on ne trouve dans aucune loi canonique ni dans aucune constitution apostdique rien qui autorise les Évêques à le faire.

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