DES CONCLAVES
Note 1 , page 77.
Parmi les dispositions observées par les Cardinaux , à la mort du Pape^ BOUS mentionnerons les suivantes.
Le Sacré-Collcge tient dix congrégations avant d'entrer au conclave.
Dans la première congr^ation ^ on lit les constitutions de Grégoire X, ^ni sont comme les statuts qui régissent le conclave ; celles de Jules II, qui frappent les élections simoniaques; celles de Pie IV et de Grégoire XV, qui tracent les règles et les cérémonies à suivre. On rompt l'anneau du Pêcheur, et le Secrétaire des brefs consigne les cassettes qui renferment les mémoriaux.
Dans la seconde, le Sacré-Collégc confirme dans leurs emplois les fonctionnaires de la ville et de PÉlat.
Dans la troisième, on choisit le confesseur du conclave. Le soir on procède à la sépulture du Pape défunt.
Dans la quatrième, on désigne les médecins et les chirurgiens du conclave.
Dans la cinquième, on choisit les pharmaciens et les barbiers.
Dans la sixième, le dernier Cardinal- Diacre tire au sort les cellules des Cardinaux ; les Maîtres des cérémonies non participants montrent les brefs qui les autorisent à rester au conclave.
Dans la septième, on examine les requêtes des Cardinaux qui demandent à avoir un troisième conclaviste , les constitutions apostoliques n'en permettant que deux.
Dans la haitième, on désigne les trois Cardinaui qni doivent approuver ceax qni entreront en qnalilé de condavistes, et qui doivent produire leur nom, leurs titres, le lieu de leur naissance, et k nom de leur noble patron»
Dans la neuvième, on désigne les trois Cardinaux qui doivent veiller à la sévère clôture du conclave.
Dans la dixième , enfin , les Cardinaux qui ne seraient pas encore promus a Tordre du diaconat , présentent le bref pour être admis à prendre part à l'élection.
Le lendemain on célèbre la messe du Saint-Esprit, et dans l'après-midi les Cardinaux se réunissent dans la petite église de Saint-Sjlvestre, au Quirinal , pour se rendre de là , procession nellement, au palais de ce nom , où se sont tenus les derniers conclaves. Les Cardinaux portent leurs insignes de couleur violette ; Ils marchent collégialement, c'est-à-dire, suivant l'ordre de leur dignité , précédés de la croix processionnelle.
Il y a trois modes d'élection des souverains Pontifes : 1.® par inspiration ou acclamation ; 2,^ par compromis ; 3.<> par scrutin et accession.
De Vélection par inspiration.
L'Église a été quelquefois témoin de ce mode d'élection : les Cardinaux, comme frappés d'inspiration divine, donnent unanimemeul, et par acclamation , leurs suffrages à celui qu'ils croient le plus digne. Grégoire XY, considéré à juste titre comme le législateur des conclaves, a prescrit diverses règles qui régularisent ce mode d'élection, qui n'est légitime que lorsque tous les membres présents du Sacré-Collége y concourent , que le conclave est sévèrement clos, et qu'il n'est précédé par aucun traité ou convention particulière.
De Vélection par compromis.
Comme le précédent, ce mode d'élection est rare dans l'Église; il est pratiqué lorsque les membres du Sacré- Coll ége , pour surmonter les difficultés qui s'opposent à l'élection , s'entendent entre eux pour s'en rapporter à l'opinion de quelques Cardinaux les plus dignes par leurs lumières, et reconnaître pour Pape celui qu'ils désigneront à leur suffrage. Tous les Cardinaux présents doivent concourir à ce compromis, et prescrire les conditions du redoutable mandat qu'ils délèguent. Ils doivent, par exemple, exprimer si les Cardinaux auxquels ils donnent leur confiance doivent faire la nomination sans rien découvrir de leurs intentions à leurs collègues, ou bien si , avant d'arrêter leur choix , ils doivent le faire connaître à quelquesuns d'entre eux; si la majorité des voix des Cardinaux désignés pour faire élection sera suffisante, ou si l'unanimité sera exigible ; si le choix ne doit porter que sur les Cardinaux présents au conclave ; enfin, telles autres conditions qui seraient jugées utiles, et qui doivent être consignées dans le compromis , signé par tous ceux qui s'entendent pour procéder par un tel mode d'élection. L'opposition d'un seul Cardinal suffit pour rendre le compromis nul ; mais quand tout le Sacré- Collège est d'accord, les Cardinaux
"désignés pour choisir celui sar lequel doivent se porter les suffrag'es, dres* sent aussitôt un acte qui les investit de rautoritcqui leur est confiée, àTexr «lasioo de tout autre membre du Sacré'CoUége.
De Vélection par voie de scrutin et (Taccession.
Depuis long- temps , ce mode est le plus généralement employé. Les coosililutions de Grégoire XY ont entouré des plus minutieuses et des plus sages précautions ce dernier mode d'élection. Deux fois le jour le scrutin a lieu , le matin, après la messe, et dans Taprès-midi.
Le soir de leur entrée au conclave, les Cardinaux prêtent serment, dans la chapelle Pauline du Quirinal, d observer les constitutions apostoliques qui règlent le conclave, et dont le Cardinal-Doyen leur donne lecture; il les engage à donner un digne chef à l'élise de Jésus^Christ , et après celte cérémonie les Cardinaux se retirent dans leurs cellules , où ils reçoivent la visite du corps diplomatique, de la prélature et de la noblesse romaine. Enfin , à l'heure convenue, et assez avant da^is la soirée, le dernier Maître des cérémonies, après avoir sonné une cloche à trois intervalles, prononce devant les cellules les mots Extra omnes, qui sont le signal de la clôture. .Toutes les personnes étrangères au conclave sortent du palais ; le Cardinal-Camerlingue, les trois Cardinaux chefs d'ordres, le Maréchal du conclave, le Majordome et le Commissaire du conclave, font eux-mêmes la clôture des divers lieux qui établissent une communication avec l'extérieur.
Dans la matinée du lendemain , à huit heures , le Maître des cérémonies fait entendre le premier coup de cloche ; le second, demi-kcnre après, et le troisième , après le même intervalle, en répétant alors devant les cellules des Cardinaux ad Capcllam Domini, Les Cardinaux se rendent à la chapelle Paulinç, où ils entendent la messe du Saint-Esprit, célébrée par le Doyen du Sacré-Collége; ils vont ensuite recevoir de ses mains la communion. Après la messe , et une légère collation prise dans leur cellule , les illustres électeurs reviennent à la chapelle pour commencer les opérations du scrutin.
Les jours suivants, le prélat Sacristain célèbre la messe dans la même chapelle apostolique , où l'on chante, chaque jour, le Feni^ Creator. Les bulletins ou cédulcs du scrutin et de l'accession doivent être imprimés dans les formes voulues, tels que nous les reproduisons aux Tableaux n.»» 1 et 2. Ces bulletins de scrutin sont déposés dans deux bassins d'argent, placés dans b chapelle, sur des tables. Ils sont , comme on le voit, divisés, dans le sens de leur largeur, par des lignes parallèles, et présentent des espaces inégaux. Dans la partie supérieure, on lit ces paroles : Ego Cardikalis iV., après lesquelles le votant doit ajouter son nom. Au dessous , dans les deux petits carrés de droite et de gauche, doivent être placés les sceaux ou cachets de rélecteur; dans le milieu du bulletin , et entre deux filets, on lit les paroles Eligo in Summum Pontificem N. , au-dessous desquelles il écrit le nom du Cardinal auquel l'illustre électeur donne son vote.
Au-dessous du filet se trouvent eucoi^ deux carres où le CardiDal doit ^apposer son cachet; dans la dernière partie il doit mjettre un numéro, ^t quelques paroles de TÉcriture sainte, qui servent compse de signe propre ,à faire reconnaître le bulletin. .
La forme du bulletin de l'accession est absolument la même; an lieuse «es mots : Eliga in Summum Pontificem ^ le Cardinal écrit les suivants : .AcGÊDO REVERENDissiMO DoMiivo Cabdinali N, Le revcrs de tous ces bulletins est orné de vignettes, placées plus particulièrement derrière le nom du £lardinal électeur et les mots ou sentences de TÉcriture qu'il a choisis ^ a&n ^n'il ne soit pas possible, à Taide de la transparence du papier^ de découvrir le nom du Cardinal élu, la devise ou sentence de l'Écriture et les sceaux de l'électeur.
Le dernier Cardinal-Diaci*e extrait d'une bourse de damas violet, xpoot^ <04nt de peUtes sphères de bois sur lesquelles sont inscrits les nom s des Gar- 4iuaux présents , les trois scrutateiir& désignés par le sort ,. et qui sont eeux dont les noms sortent les prçmierç; on procède de U même manière pauir ceux qui doivent remplir l'ofliice d'iuûrmiers, c*cst-à-dire recueillir, s'il le faut, le vote des Cardinaux malades dans leur cellule. Tous les jour^, l|e Cardinal-Diacre renouvelle la même opération.
lie Doyen du Sacré Collège est appelé le premier pour venir donner son vote. Il prend dans un des bassins la cédnle, s'asseoit devant une des tables à pupitre placées dans la chapelle de telle sorte que l'électeur soit vu de tous, mais qUe personne ne puisse lire son vote; il écrit son nom, celui du Cardinal qu'il choisit, la sentence de l'Écriture, et son numéro, aux endroits désignés dans le bulletin , et appose son cachet aux quatre endroits déter* minés; ensuite il plie le bulletin de manière qiie son nom et la sentence de l'Écriture soient couverts et cachés par les vignettes imprimées sur le verso; le bulletin est ensuite plié une troisième fois par le milieu.
Tous les membres du Sacré-Collége doivent donner leur voix à un sujet déterminé, et les constitutions de Grégoire XV déclarent le vote nul, s'il contenait deux noms. Le cachet du Cardinal votant doit être différent de celui dont il se sert ordinairement, et fort simple; il peut consister en deux ou trois lettres, un chiffre ou un signe quelconque. Pour abréger l'opération , les Maîtres des cérémonies ont l'habitude de plier le bnlietin à sts deux extrémités , et de placer la cire ou le corps gras sur lequel le Cardinal doit imprimer son cachet.
Après avoir écrit son bulletin comme nous venons de le dire, l'électeur le prend avec l'index et le pouce, et, levant la main, il le porte ainsi à l'autel, sur lequel est placé un grand calice d'argent, dont la coupe est en vermeil, recouvert d'une large patène sur laquelle est gravée l'image du Saint-Esprit. Sur le pied du calice est aussi reproduit le même emblème, et les armes du Siège vacant, qui consistent en deux clefs en sautoir sur le gonfalon de l'Église. En arrivant à l'autel', leCar^dinal s'agenouille, et fait une courte prière; il se relève, et, d'une voix sonore, il prête le serment suivant, im-
( iiiiU )
primé sur un carton placé sur Tautel :Testor Christum Domikum, qui
ME JUDICikTURUS EST, ME ELIGERE, QUEM , SECUNDUM DeUM , JUDIGO ELKÏI
Debere, et qvod idem in accessu praîstabo. Il met ensuite son bulletin sur la patène, et le fait glisser dans le calice. 11 salue profondément la croix de l'autel , et revient à sa place.
Les Cardinaux donnent leur suffrage par rang d'ancienneté, et dans Tordre hiérarchique : les Évêques d'abord, les Prêtres ensuite, et enfin les Diacres. Si , dans rassemblée , il se trouvait un Cardinal impotent qui ne pût se rendre à Pautcl , le dernier Cardinal scrutateur lui apporte un bulle* tin sur lequel il doit écrire son vote , et après avoir rempli les formalités prescrites et prêté son serment, il le remet au scrutateur, qui le porte à l'autel. Les membres du Sacré-Collège retenus par leurs infirmités dans leur cellule, donnent leur vote de la manière suivante :
Les Cardinaux infirmiers prennent une cassette en bois, qui a an orifice suffisant pour permettre d'introduire les bulletins; ils l'ouvrent devant l'assemblée, la referment avec une clef qu'ils déposent sur l'autel, et portant un dos bassins, qui contient autant de bulletins qu'il y a de Cardinaux malades, ils se rendent dans les cellules. Le Cardinal inscrit son vote secrè*tcment, après avoir rempli les formalités prescrites, et met son bulletin daus la cassette. SI le Cardinal malade est dans l'impossibilité d'écrire lui-même son vote, il désigne un de ses collègues, qui se rend auprès de lui pour ^e faire, après avoir prêté entre les mains des infirmiers le serment d'en garder le plus inviolable secret. De retour dans la chapelle, un des scrutateurs ouvre la cassette, et place les bulletins dans le calice.
Lorsque tous les bulletins sont recueillis, le premier scrutateur les mêle, et le dernier les compte avec soin , les enlevant un par un du calice pour les mettre dans un autre. Si leur nombre est plus grand ou plus petit que celui des Cardinaux présents, ils sont à l'instant brûl^, et on recommeiicc l'opération ; si, au contraire, il est égal, les trois scrutateurs placés devant une table, le dos tourné à l'autel, procèdent de la manière suivante :
Le premier prend un bulletin, et ne fait que l'entr'ouvrir pour qu'il puisse découvrir le nom du Cardinal élu, placé au milieu ; il le fait ensuite passer au deuxième scrutateur, qui en fiait de même; ce dernier au troisième, qui public le nom de Pélu , afin que les Cardinaux, qui ont sous les yeux, sur une grande feuille, les noms imprimés de tous les membres du Sacré-Collége , accompagnés de longues lignes parallèles, marquent le nombre des votes obtenus par les divers Cardinaux proposés. Tous les bulletins passent ainsi successivement dans les mains des scrutateurs. Si, par accident, les scrutateurs trouvaient deux bulletins plies dans un seul, et réunis de telle manière qu'ils puissent être considérés comme provenant d'an seul électeur, ils ne comptent que pour un suffrage, quand ils sont en faveur de la même personne; si les votes sont en faveur de deux Cardinaux différents, ils ne comptent pour personne, bien que le scrutin soit valide pour ce qui regarde les autres.
( Ul^S )
Lorsque le nom de tous les membres du Sacré-Collcge désignés pour la papauté et inscrits sur les bulletins ont été proclamés, les Cardinaux additionnent le nombre des votes obtenus , qu'ils écrivent sur une autre feuille de papier, par exemple ^ Reven Cardinalis N. habuit suffragia 12; Rêver. Cardinaîis N. habuit suffragia 8. Lorsqu'il n'y a plus de bulletins à ouvrir et de votes à proclamer , le dernier scrutateur prend les cédules une par une, et, à l'aide d'une forte aiguille, il les transperce au mot Eligo et les fait passer successivement sur une soie, dont il réunit et assujettit ensuite les bouts par un nœud, et les place sur la table. Si, dans la répartition des YOtes, un des Cardinaux a obtenu les deux tiers des voix, nécessaires pour l'élection , d'après les constitutions de Grégoire XV, il est aussitôt canoniquement élu pape.
Lorsque le scrutin ne fournit pas le nombre des suffrages voulu pour l'élection, les membres du Sacré-Collége passent à un second scrutin , qui est alors appelé Accession, et qui est comme le complément du premier. Ils prennent dans le bassin un second bulletin , qui ne diffère du premier que parce qu'à la formule Eîigo in Summum Pontificem, on a substitué celleci : AcGEDO BEVEBENDissiMO DoMiNO MEO D. CikBDi» ALI. Lc Cardinal écrit son nom , comme il l'a déjà fait une première fois \ après avoir apposé les sceaux , il le plie de la même manière , et va le mettre dans le calice placé sur l'autel ; il ne prête pas serment, l'ayant déjà fait nne fols. H faut faire remarquer que le Cardinal électeur ne peut pas donner son vote d'accession à celui à qui il a donné un premier suffrage; il ne peut non plus voter dans l'accession en fayeur d'un de ses collègues qui n aurait pas eu au moins une voix pour lui dans le premier scrutin. Enfin, s'il ne voulait donner son vote à aucun des candidats dont le premier scrutin a fait connaître les noms, il se contenterait d'écrire dans le bulletin, après le mot Accedo, Nemini.
Dans l'accession, les scrutateurs et les infirmiers remplissent leurs fonctions ainsi qu'on l'a dit. Ces derniers réduisent à une somme totale les votes que chaque Cardinal a obtenus dans le scrutin et dans l'accession.
Si, par les votes obtenus dans le scrutin et dans l'accession, le Cardinal désigné arrive au chiffre voulu, c'est-à-dire, aux deux tiers des électeurs présents, alors le premier scrutateur, à la vue des deux autres, examine la validité du bulletin de l'accession; pour cela il prend les bulletins ou cédules, assujettis, comme nous l'avons dit, par fine soie; il confronte les sceaux, la sentence de l'Écriture et le nombre des bulletins du scrutin avec ceux de l'accession : s'il j a concordance, il le fait passer an second et aa troisième scrutateur , qui constatent l'identité des sceaux, des signes divers des deux cédules. Ils constatent paiement si le Cardinal nommé dans les deux bulletins est le même : dans ce cas le vote est nul; si , au contraire, le personnage désigné dans le second bulletin est autre que le premier, le vote est valide; alors le troisième scrutateur fait connaître les signes caractéristiques du bulletio, et le nom du Cardinal élu, qui s'y trouve inscrite
6i, dans l'accession , le Cardioai auquel il manquerait un suffrage pour arriver aux deux tiers voulus, s'était donné son propre vote, il serait de nulle valeur, par conséquent il n'y aurait point d'élection.
Trois Cardinaux- Diacres , qu'on appelle réviseurs , sont désignés par le sort pour reconnaître la validité des bulletins ; ils s'assurent s'ils ont été bien lus; s'il n'y a point eu erreur dans les voles, soit du scrutin, soit de l'accession ; si le nombre des bulletins du scrutin est exactement le même que celui de l'accession. Ces conditions remplies, le Pape est canoniquement éltr par la réunion des deux tiers des votes provenant du scrutin et de Taccession.
Après chaque dépouillement des votes , soit du scrutin , soit de l'accession , les cédules ou bulletins sont brûlés dans un poêle placé derrière l'autel de la chapelle Pauline, et la fumée est conduite au-dchors par un tuyau qu'on aperçoit de la place du Quirinal. Cette fumée sert ainsi de signal au peuple pour connaître la fin du conclave.
Quand le Pape a été élu , le Cardin al- Doyen, agitant une sonnette, appelle les Maîtres des cérémonies, qui entrent dans la chapelle, où les Cardinaux sont réunis avec le Secrétaire du Sacré-Collége. Les chefs d'ordre vont se placer debout devant le nouvel élu, et le Cardinal-Doyen lui demande en ces termes s'il donne son consentement an choix qui vient d'être fait : Ac-
CEPTASNE ELECTIONEM DE TE CAKONICÈ FACTAM IIT SUMMUM POTITIFICEM?
Ayant obtenu son assentiment, il lui demande le nom qu'il veut prendre* le Maître des cérémonies, en présence des témoins, dresse acte public de l'élection à laquelle le Cardinal désigné accède.
Dès que l'élu adonné son assentiment, tous les petits baldaq uins placés sur les sièges occupés par les Cardinaux, s'abattent à l'aide d'un cordon; celui du nouveau Pape reste seul dans son état primitif, et les d^ux Cardinaux les plus proches voisins s'écartent de sa personne, par respect pour sa nouvelle et émineote dignité.
Dès que l'acte de nomination a été dressé, les deux premiers Cardinaux- Diacres accompagnent l'élu derrière l'autel delà chapelle, où on le revêt des habits qu'il doit porter désormais, et que nous ferons bientôt connaître.
Le Pape retourne à l'autel , portant son nouveau costume , et «'asseyant sur un riche fauteuil placé sur le marchepied, il reçoit la première adoraiion du Sacré-Collége , dont les membres , à genoux , lui baisent le pied et la main, et, se relevant ensuite, ils reçoivent du Pontife le baiser de paix. Le Camerlingue met à son doigt l'anneau du Pêcheur, que le Pape remet ensuite au Maître des cérémonies pour y faire gravei'son nom. " Cependant le premier Cardinal-Diacre, précédé d'un des Maîtres da cérémonies portant la croix, se rend à la loge ou grand balcon du Quirinal» 'Dès qu'on a démoli la cloison qui en fermait extérieurement ronverlure, il ^^nnonce à haute voix, de la m anière suivante, au peuple, impadent de Vai^ prendre, l'élection du nouveau Pape, en disant : AwNùifTio vobis gauditjm
JIAGNUM : PaPAM HABEMUS EMINENTISSIMTJM AC BEVERENDISSÎMTJM DOMIlfUM iViV. QUI SIBI IMPOSUIT NOMEN N.
Tableau N.** 1.
Modèle des cédiUes ou bullelins dont se servent les Cardinaux
en conclave.
Premier pli.
Ego Cardinalis Bartholomœus Pacca
Premier pli.
Sceau.
Sceau.
Eligo iû Summum Pontificem Reverendiss. D. mcum D. Cardinalem Capellari.
Sceau,
Sceau,
Second pli.