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DES INSIGNES ET ORNEMENTS DD PAPE

Koos diviserons eo trois paragraphes ce que nous avons à dire sur le ^costume du souverain Pontife, afin de mieux fixer les idées du lecteur.

$ I. Habit privé. — Cest celui que le Pape porte habituellement dans IMntérieor de ses appartements; il consiste dans la soutane de soie blanche , ou de sergette de la même couleur, si le Pontife a appartenu à quelque ordre monastique ; bas blancs ; souliers en étoffe de veloui-s ou de laine rouge*, dont l'empeigne est ornée d'une croix dor brodée; et calotte blanche.

$ IL Habit de chœur. — Nous appelons ainsi les insignes qu'il porte quand il va assister à quelque cérémonie dans les églises de Rome, ou visiter quelque monastère, collège ou établissement de charité. Autrefois le Pape n'en portait pas d'autre quand il assistait avec les Prélats de sa maison aux offices dans une des chapelles secrètes des palais apostoliques, qu'il faisait ses stations dans la basilique de Saint-Pierre, etc. On voit dans la description des Chapelles papales, les circonstances où il ne porte aujourd'hui que ce même costume ; c'est celui dont il est revêtu après son élection.

Les Aides de chambre dépouillent, derrière l'autel, le nouveau Pontife de ses insignes cardinalices , et lui mettent tour à tour les suivants : la calotte blanche, les bas blancs, les souliers rouges, la soutane blanche, une ceinture à glands d'or, le rochet de dentelles, la mosette de soie rouge ou de velours, suivant la saison , bordée d'hermine, et l'étole. Les auteurs italiens veulent que les Papes n'aient adopté la mosette que pendant leur séjour à Avignon , à cause du climat , moins tempéré que celui de Rome.

Depuis aément XIV, les Papes ne portent plus sur la calotte blanche une autre large calotte, embrassant toute la tête, et quelquefois bordée d'hermine, appelée camaiiro. Pie VIII, dans ses derniers temps , à cause de ses nombreuses infirmités, s'en couvrait quelquefois.

Il ne nous est pas possible de dire à quelle époque les souverains Pontifes ont commencé à porter la soutane blanche. Parmi les nombreux auteurs italiens qui ont écrit sur la liturgie papale, nous n'en avons trouvé qu'un seul, le P. Bonani, qui se soit occupé de cette question. Voici ce que nous lisons dans son livre de la Hiérarchie :

« L'évêque du Saussai ( Panoplia clericalis ) pense que la coutume où

* Scarpe divelluto rosso, con croce rîeamala d'oro sul mezzo, disent les auteurs italiens ; c'est ce que nous appelons en français les mules du Pape. On a voulu faire dériver ce mot de mullei , espèce de chaussure de couleur rouge , usitée à Rome , et particulièrement chez les anciens rois d'Albe. Jules-César , qui fut un de leurs descendants , portait habituellement les midlea ealceamenta , qui , après avoir été à Tusage des Sénateurs , devinrent presque générales. Le mot mullei viendrait luimême de mullus , petit poisson de la Méditerranée dont la chair est rouge.

( 450 ) sant les Papes de se vêlir de blanc, rcmonlc à rapparition miraculeuse d'une colombe sur la tête du pape saint Fabien , en 238 , comme nous le raconte Eusèbe ( Hist, ecclés, , liv. 6 ). Le même auteur ajoute que , vers la même année, on commença à recouvrir de blanc les sièges épiscopaux, comme on le voit dans la relalion.du martyre de saint Cyprien ; mais ces indications ne sont pas très-certaines. Le même Eusèbe nous apprend que , du temps des Apôtres, l'habit blanc était en usage : saint Jacques , premier évêque de Jérusalem, était vêtu de lin , Uned veste aut sindone induebcUur.

» Les témoignages de saint Épiphane et de saint Jérôme confirment cette opinion. Saint Cyrille nous apprend que les Patriarches de Jérusalem se distinguaient des autres ministres de TÉglise par leurs habits blancs : cette distinction convenait donc sp^ialement au chef dePéglise; aussi voyonsnous beaucoup de mosaïques anciennes représentant les portraits des Papes de la primitive Église revêtus d'habits blancs. Peut-être que saint Pierre ne voulut point s'écarter du précepte que Dieu avait donné à Moïse, de revêtir de bysse et de lin le grand-prêtre, en se parant lui aussi des mêmes couleurs blanches. Peut-être est-ce encore une réminiscence de la robe blanche dont le Sauveur fut revêtu dans le cours de sa passion. Cette couleur n'est pas, d'ailleurs, sans une mystérieuse signification. Nous lisons dans ud ancien Diario pontificio : Sicut novo ordine renovatur, quia novam personam induit no\^osque mores se suscipere profitetur; sic etiam quia cœleste et divinum assumit officium , in quo quidem in humanis, agens extra tamen humana claustra, et quodammodo semper in cœlis conversaturus , albas cœlestium personarum vestes habeatjper quas cœlestis officii sui splendorem gentibus patefaciat. Sic enim legimus Christuni vestem inalbdsse sicut nivem, ciim dignitatem Apostolis voluit in monte declarare ».

§ III. Ornements de cérémonie» — Lorsque le Pape assiste aux Chapelles papales, il porte, comme on le voit, l'amict, la falda, l'aube, le cordon, l'étole, la chape traînante, ornée du formai précieux, large plaque d'argent ou de vermeil qui en retient les bordssur la poitrine, et sur laquelle sont gravés divers emblèmes ; on l'appelle aussi pectoral ; il rappelle lerational du grand-prêtre hébreu. Le formai de Clément VU, orné de diamants et de pierres précieuses, était un des chefs-d'œuvre de Benvenuto Cellini; il représentait le Père éternel , assis sur les nuages. Pie VI en avait un d'or pur, orné de perles orientales qui formaient comme trois pommes de pin ; on y voyait une branche d'olivier émaillée d'or vert. Ce riche formai fut volé dans les jours malheureux qui signalèrent le règne de cet héroïque Pontife.

n existait dans la sacristie pontificale plusieurs de ces insignes, ornés de pierres précieuses et de diamants, qui eurent le même sort que celui de Pie VL Le formai précieux des Cardinaux-Évêques peut être d'or ou d'argent, mais il ne peut être orné que de trois pommes de pin, rangées perpendiculairement \ celles du formai du Pape forment , au contraire, uu triangle.

Lorscpie le Pape célèbre pontificalement la messe , il est reTêtn des orne* ïnents dont plasienrs loi sont communs avec les simples Prêtres et les Évoques, et d'autres lui sont particuliers : d'abord la falda; puis Tamict et Faube, qui rappellent la robe blanche dont Hcrode fit revêtir le Sauveur en signe de dérision , et le voile qui couvrait sa face quand les soldats insultaient à sa royauté divine; il portait autrefois deux cordons, qui rappellent les liens avec lesquels les Juifs s'emparèrent du Sauveur dans le Jardin des Olives; en ne faisant attacher à son bras le manipule qu'au pied de l'autel, après la confession, l'Église a voulu donner an Pontife suprême, comme aux Évêqnes, qui ne le prennent aussi qu'au pied de l'autel, une leçon d'humilité; c'est un des ministres inférieurs de la hiérarchie ecclésiastique, dont le manipule est l'insigne propre, à qui cette fonction appartient; ce rit leur rappelle que, par le mérite des bonnes œuvres, dont le manipule est comme l'emblème, ils doivent racheter les fautes dont ils viennent de se reconnaître coupables. Le Pape porte l'étole à la manière des Évêqnes, qui ne la croisent pas, puisqu'ils portent la croix sur la poitrine; mais le Pape ne porte la croix pectorale que lorsqu'il chante pontificalement la messe ; l'étole est le symbole des liens qui servirent à attacher le Sauveur à la colonne, et à le traîner au Calvaire. Sa Sainteté porte aussi la tunique et la dalmatique, attribut du Diacre et du Sous-Diacre, que les Évêques revêtent aujourd'hui, comme un symbole de la hiérarchie ecclésiastique, dont ils ouvrent les rangs aux jeunes lévites, ce qu'ils ne faisaient autrefois, comme nous l'apprend saint Grégoire, que par concession du souverain Pontife; il revêt aussi la chasuble, qui rappelle cette tunique sans couture du Sauveur, emblème de cette charité sans bornes dont il a couvert les péchés des hommes; enfin, le fanon, insigne qui lui est particulier, et qui rappelle l'antique éphod aux quatre couleurs, représentant les quatre éléments, dont la loi de Moïse revêtait le grand-prêtre juif.

De la falda et du fanone.

De tous les ornements ou insignes pontificaux qui viennent de passer sons les yeux du lecteur, deux lui sont, sans doute, inconnus (nous voulons parler de la falda et du fanone ). Nous les décrirons ici , en ajoutant à ce qui est rapporté dans le texte des Chapelles papales.

La falda est un insigne exclusivement réservé au souverain Pontife* D après le P. Bonani ( Hier, ecclés. ) et M. le chevalier Moroni ( Dizion*, art. Falda) j il est tout aussi difficile de préciser l'époque à laquelle les Papes ont fait usage de ce vêtement, que de faire connaître sa signification morale. On le trouve mentionné à la prise de possession de saint Pie Y, en 1566 ; mais on croit que son usage remonte plus haut. Quoi qu'il en soit, cet ornement consiste en une longue et large jupe de soie blanche, à queue traînante, excessivement ample, retombant sur les pieds, et qu'il faut soutenir à droite et à gauche, et dans la partie postérieure, pour permettre de marcher à celui qui le porte. Le second Maître des cérémonies et les Camé-

( Û52 ) riers secrets en revêtent SaSaintelc dans In chambre de la Falda, voisine de la salle des Parements. Apres avoir relevé la mosette, le rochet ou Taube, au besoin, ils l'assujettissent autour dos reins du Pape à l'aide de boucles et de rubans à nœuds coulants; elle est soutenue, dans l'intérieur du palais, par des Caniériers secrets; la queue, si ample et si développée, est portée, comme on le sait, par le Prince assistant ou par k Sénateur de Rome, et par des Camériers secrets.

Les Papes se revêtent de la falda lorequ'ils tiennent les consistoires; celle dont ils font usage alors est moins grande que celle dont on vient de parler. Les auteurs italiens ne donnent aucune explication mystique sur cet insigne papal, à moins que, par son ampleur, ou ne veuille lui faire signifier la charité sans bornes du Prince des pasteurs.

Les liturgistes romains n'assignent pas l'époque précise où \efanone est devenu l'attribut particulier du Pontife suprême. Innocent III, qui régnait en 1 19Ô, le désigne très-clairement sous le nom d'orale. « Romanus Pontifex, dit ce Pape, assumit orale, quod çircà caput invoWit, et replicat super hwnerum»... » C'est la plus ancienne mention faite de cet insigne, et rapportée par les auteurs. Quelques-uns ont voulu que le fanone ne fut qu'une imitation du voile qui couvrait la tête des anciens Évêques grecs, quand ils étaient revêtus de leurs habits sacrés, tel qu'on représente saint Athanase, évêque d'Alexandrie, au quatrième siècle; et Garampi dit que le fanone servait de capuchon au Pape, opinion qui se rapproche beaucoup de celle de Mabillon , qui le considère comme ayant servi quelquefois d'ombrelle ou de petit baldaquin. On donne au mot fan(fn une étymologie tudesque, et on lui fait signifier drapeau , oriflamme, bandelette. (Voyez la note page 5V], )

Les auteurs italiens veulent qu'on ait entouré du fanon la tête du Pape, afin que la sueur de la tête ne tachât point la chasuble, et ils expliquent de la même manière l'usage du mappula, manipuhis , sudarium, qui n'était qu'une espèce de voile ou mouchoir, adsudorem etpituitum oculorum, narium, et salivant abstergbndam. Il aurait été appelé orale alors qu'il ne servit plus qu'à essuyer la figure.

Lorsqu'on découvrit le cadavre de Boniface YIII, la tête de ce Pape fut trouvée enveloppée du fanon, de la même manière qu'on entoure aujourd'hui celle du Pontife quand on le revêt de ses habits pontificaux.

Le fanon consiste, comme on le voit, en deux mosettes superposées l'une sur l'autre : la plus longue, celle de dessous, a 2 mètres 70 centimètres de circonférence; la supérieure est plus courte; elles sont cousues ensemble dans la partie qui environne le cou, et sont d'une étoffe de soie et d'or, à longues lignes perpendiculaires de deux couleurs, l'une blanche, et l'autre d'or , réunies par une autre ligne amaranthe. Sur la partie dn fanon qui recouvre la poitrine, est brodée une croix rayonnée, que baise le Cardinal- Diacre en mettant cet insigne au Pape. C'est, enfin, sur le fanon que le Pape porte le pallium. ( Voyez la note sur ce dernier insigne. )

DE LA COUrtMF: DE BAISER LES PIEDS DU PAPE. Note 3 , page 77.

Nous rcsamerons en peu de mots, dans cette note, ce que les meilleurs au<tenrs italiens ont écrit sur cette pieuse coutume, contre laquelle les ennemis de la religion se sont si dédaigneusement élevés. A défaut des témoignages irrécusables de l'histoire et de la tradition , les seules lumières de la raison suffisent pour la justifier.

Chez tous les peuples de la terre, fléchir le genou et se prosterner ont toujours élé des témoignages non équivoques de crainte, de respect, d'ado«ration et d'amour. Abraham se prosterna pour adorer les trois anges j nous voyons cet hommage rendu à Joseph, en Egypte, et celte coutume était générale en Orient, et en particulier chez les Perses, au rapport d'Eutrope. Le roi de Babylone, dit l'historien sacré ^accedit infaciem Danielis, et pedes osculavit. Alexandre baisa les pieds du grand-prêtre juif; César, après la défaite de Pompée, présenta ses pieds pour être baisés, et Dioclétien , après sa victoire sur les Perses, voulut être honoré en faisant paiement baiser les siens.

On a vu dans cet hommage rendu au père commun des fidèles, comme l'accomplissement de la prophétie disaïe, écrite sept cents ans avant la venue du Sauveur, quand le prophète s'écrie : Et erunt reges nulritii lui , et reginœ nutrices tuœ; viiUu in terrant demisso, adorabunt te, et put-' verem peduni tuoruin lingent.

Saint Jean met dans la bouche de Fange de Philadelphie aimé de Dieu , ces paroles, qui reçoivent une juste application dans la personne du Pontife romain : Ecce dabo illos, ut ventant et adorent ante pedes tuos, \jt Sauveur permit à Magdeleine et aux saintes femmes d'embrasser ses pieds sacrés; après lui les Apôtres^ et après ceux-ci les premiers Papes et les Évêques, reçurent de la part des fidèles ce témoignage de profond respect, réservé aujourd'hui au Pontife romain.

L«a tradition nous apprend que saint Clément baisa les pieds à saint Pierre, lorsque cet Apôtre se rendit à Césarce ; le centurion Corneille, allant au devant de lui, se jeta à ses pieds, et l'adora : Et procidens ad pedes ejus, adoravit , comme nous l'apprennent les Actes des Jpôlres.

Saint Paul félicite lesGalatcsde l'avoir reçu, nofi comme un ange, mais comme le Christ lui-même. La coutume dont nous parlons, observée à l'égard des successeurs de saint Pierre, est constante. Les témoignages des Pères, depuis Tcrtullien et saint Jérôme jusqu'aux écrivains ecclésiastiques de nos jours, confirment la tradition.

Les rois de la terre ont imité l'exemple des peuples, quand ils ne l'ont pas donné les premiers eux-mêmes. L'emt)creur Constantin baisa les pieds de saint Sylvestre; l'empereur Justin, ceux du pape Jean \."'y Jnstinicn, ceui du pape Constantin, hcs rois lombards imitèrent ces exemples, que les princes dltalie ont toujours suivis. Ix^s empereurs ont rendu ce devoir aui

( hbti )

Pootifes romains : Charlemagoe abaissa son front victorieux deyaDt ]e pape Adrien, et déposa sur les pieds du Pontife un baiser dliommage et de respect. L'histoire nous apprend que ce grand prince monta, à geooni, les degrés de la basilique de Saint-Pierre, en les baisant successivement. Charles- Quint rendit son tribut de respect à Clément Vil, comme un simple fidèle. Les rois de France, fils aînés de l'Église, ne craignirent pas d'abaisser la majesté de leur diadème en se mettant aux pieds de ceux que Jésus-Christ a constitués ses ministres, ses vicaires et ses représentants sur la terre.

Nous savons que lorsque François l." baisa, à Bologne, les pieds de Léon X, se Icetissimum dixit quod videret facie ad faciem Pontificem, vicarium Christi Jesu. Le Pontife rapporta à Dieu l'honneur qu^I recevait, omnia hœc in Deum transferens , et omnia Deo altribuens, (Rinaldi, j^nn, EccL) La coutume dont nous parlons n'est pas sans analogue dans les cours des princes; les pairs d'Angleterre fléchissent le genou devant le trône du roi: if is well kn<ywn ihat the hritish peers kneel even to the empiy throne oftheir sovering, (Holy week^ by C.-M. Baggs.) Pour être conséquents avec eux-mêmes, que doivent faire les anglicans devant le souverain lui-même? Il faut grandement s'étonner de retrouver, à propos de ce témoignage profond de respect rendu au vicaire de Jésus-Christ, le reproche d'idolâtrie adressé aux catholiques dans les écrits des docteurs de la prétendue réforme.

Les Papes portent des croix sur presque tous leurs insignes : le fanone, la chasuble , l'étole , le manipule , les gants , leur chaussure; enfin , la croix brille sur le faîte de leur couronne. Ils s'honorent de ce signe auguste , et ils peuvent dire, comme saint Paul, qu'ils ne se glorifient en autre chose qu'en la croix de notre Seigneur Jésus-Christ. (Gai-, v. 14. ) Du reste, l'usage de décorer ainsi la chaussure du Pontife romain de l'instrument de la rédemption nest pas récent, comme quelques-uns ont yonlu le prétendre; il remonte à saint Sylvestre, d'après les témoignages les plus irrécusables.

D'anciennes mosaïques que l'on voit à Rome représentent plusieurs sonyeraÎDs Pontifes, appartenant aux premiers temps de l'Église, portant leur chaussure ornée de la croix, tel, par exemple, que saint Corneille, pape en 254, que l'on trouve dans la basilique de Sainte-Marie in Trastes^re,

La pieuse coutume de baiser les pieds du Pape est une conséquence de leur élévation au-dessus de tous les pouvoirs temporels. C'est un hommage que tout chrétien rend à Jésus-Christ dans la personne de son vicaire; et afin que cette intention soit mieux marquée encore, c'est toujours la croix brodée en or sur une chaussure d'étoffe de laine ou de velours , que l'on baise. Les Papes veulent ainsi rapporter à l'auguste instrument de la rédemption des hommes , et à Jésus-Christ lui-même, l'honneur qu'ils reçoivent, et ils font connaître aussi qu'ils ne tiennent que de la croix l'autorité qu'ils possèdent. Dans la primitive Église, ou baisait également les pieds aux Évcques, qui portaient aussi sur leur chaussure une croix dorée. Cet usage s'est même

perpétué pendant long-temps; il n'a cessé d'être observé qu'en 1075, som Grégoire VU, qui réserva aux seuls Pontifes romains ce témoignage de pro* fond respect. ( Yoy. Catalani, Comm. in Pontif. rom,, tom. 2. )

On voit y dans la description des Chapelles , que tous les officiers de l'autel fléchissent le genou devant le Pape. Les Évêques, en Italie, jouissent de cette prérogative, mais seulement lorsqu'ils pontifient dans leur diocèse, et qu'ils sont sur le trône. On fléchit à Rome le genou en l'honneur de la sainte Vierge, en récitant les premières paroles de VAve, maris Stella, aux antiennes du samedi de l'office consacré à la Reine des cieux, et pendant tout le temps pascal. C'est encore un pieux usage observé même par le souverain Pontife, que de fléchir le genou devant les trois autels principaux de Saint- Jean-de-Lâtran, de la basilique Yaticane et de Saint-Paul hors-des-murs , à cause des précieuses têtes et autres reliques des apôtres saint Pierre et saint Paul. ( Voy. Carmeli, Sopra Vuso di bachiare i piedi al Papa y- Scenni, de osculo pedurn romani Pontificis ; Kerapio, de osculis pedum romani Pontificis/ Mazzaroni , Tractatus de tribus coronis Pontificis, nec non de osculo sanctissimorum ejus pedum/ du Saussai, jippendixpro ritu defensionis de osculatione pedum S, Pontificis^ etc, , etc. )

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