SEPTIÈME LETTRE
Un avantage bien marqué, Madame, que les Chats ont sur les autres animaux, est cette propreté qui leur est si naturelle. Plusieurs Sages de l'antiquité avoient reconnu avant nous la haine qu'ils ont pour les mauvaises odeurs, la pudeur avec laquelle ils se cachent dans les momens oii ils cèdent aux nécessités de la nature ; & leur attention à dérober aux yeux les effets de cet assujettissement ; ce savoir vivre (car cette façon de parler doit nous être permise), n'est point, comme dans les autres animaux, le fruit d'une éducation formée par la violence & par les châtimens ; la propreté est dans les Chats un présent de la nature. Eh ! quelles dispositions heureuses ne leur a-t-elle pas donné? Un Chat, par étourderie ou par humeur (car dans quelle société ne se trouve-t-il pas quelque membre défectueux); un Chat, dis-je, commet une incivilité ou une injustice, il n'est pas besoin d 'employer les injures, ni les menaces pour lui en imposer, on ne fait que l'appeler par son nom : Au Chat, lui dit-on simplement. A ce mot, il revient â lui-même ; il sent sa turpitude ; il ne peut plus soutenir des regards qui ont éclairé ses déréglemens. Il fuit ; il va dans la solitude des gouttières cacher sa honte, & se livrer à ses remords.
Il n'est donc pas étonnant de voir tant de personnes duï premier mérite sentir tout le prix du commerce des Chats.» Madame Deshouillières n'a pu refuser à sa Muse le plaisirli de les célébrer. Une grande Princesse a immortalisé i Marlamain, son illustre Chat, par des vers dignes d'être ; gravés dans le Temple des Grâces. Quels avantages ne tirerons-nous pas de cet Ouvrage ? Relisons-le encore, je vous prie, Madame.