‹ Histoire des Chevaliers Malte (volume 2)Chapitre 13 sur 18 · ai · texte numérisé non relu

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322 HIÂTOIA£ OE L^ORDUfi

'^ grande caraque, où il avoit fait entrer les prin-

M L isLE- cipaux commaodeuTS, et «ur-tont les chevaliers ^DAM. malades et les blessés; et on peut dire que cegrand vaisseau, en les portant, portoit toute la fortune de l'Ordre.

Il serait difficile d exprimer Tsiffliction des habitans de Tisle 4e Rhodes , lorsqu'ils se virent co»traints d'ahaodonner leurs biens, leurs maisons et leur patrie. Pendant que oette petite flotte œ fiit pas bien ^loi^ée, ils avoient,, tous, les yeux attachés sor cette isle: mais ils ne 1 eurent pas plutôt perdu de vue, que la douleuir éclata par leurs cris et par leurs larmes : œ nétoit pourtant «ncore -que le cpfiuneDçemeat de leurs |>eines.

, il près quel<|iies j ours de oa vtçfiitiofa , ik furent surpris par uae violente tempête^ i{ui dispeisa cette petite flotte parani les îsles de TArelûtpel : les|[alères9 sur-to«t^ «ouffîrtrept IbeaucMip par Je défaut d'un «Nombre «itttsattt de forçats et 4le rameurs. iS^Kman, «vaniie trépan 4ci Grand- Maître , en avoit itiré tous les esclaves jes isujels^ <M de sa. relieiea : et les Clhrétieiis.'qailes^voieM remplacés velontairemeost, peu faits à tatt «xer» cice» trcHibioiebt f^uéôt le servioe^ qn'ik nif étoieat utiles, Plusieurs vaisseaux^ far le£fbnt ide la tempête, £arenA désaatés ; qac^iieMms*, trop chargés,» ooulèrent bas. Ijes malheoreux Jlbo-^ diens , pour prévenir «ua paMÎl aoddeat., jetterçnt;, dans la mer, leunsbc^etts et leurs cflfete.;e»^ iin , ^1^^ «arvoir iutté iMDlK Ml ^ JE^^

DES CHETALIfiRSDfi HALTE. 323

pendaat troîB jours et trois Buits, le vent dicnl- Bua , lès vaguefi s abfûsrèrwt^ Tc^péranœ coin- k l^Isl». 'meaça de reprendre place dans }és€de^tt«; et les vaisseaux qui étoient dispersés, gagotèreuit, les «as après les aijbtres ^ «ti^R&rws ports ou gxdfes de Tisle <le Candie.

Le Oraad- Maître, qui mositoit la igraiMiecaraque, s'arrêla à la vugeeit icLans la rade die la vxUe de Setia :4iautiies se t^tirèrextt daboixl liaQS }e *port -de Spiixa-Loii^. Comme -A n j «ivort faë deux vaÂaseauK ensemble , ils arriwreiH: les uns après les autres; œ £at même «tfte dispersson qui les .«eonserra; et si les venès^ par Jear nof^ le^oe^ oe les eussesiit pas isépamés, ils se seroienC iafiiiUibleiiient farisés ies uns cooire les aufres^ e» aorte q»e la reacootm d*aa vatasean avroift ^ aMBsi ittACSte qpe celle d'un «écueil . -

3V>ttS ces petite vaisaeaux., de diffêrcns eo^ ârcritsoii ils setoâeai mis à labri, ^e iiéiinin»it auprès duOirandrMaltpe. Oa vit aitûver^ pmsiqiQfi en même tems , fe conimandeur d'Airasquë^ I9 bailli de Lange , tous les chevaliers qui étoiml} s6il3 bsiars avdres., «t la phàpait des habilaiis ies isles^t des places «de la tieligion^ qui, plûlAf; que de rester sous ia domâBatiosi des Tarifs, voulu-» reni snivare la fortntne de lears «ouvenains. ÉifvtèB que tout ce peuple fat débarquée, Fiski'HÂiiiaai <ea et «ne revue ^^aérde; et ilisy tixni^vai^liodfmief^ femmiss et lenfans , pnès de^inq nsâUe pdraeikixies. Nbû^ parmi oe»x vpà veaoient «J'essoryer cette radi? tempête , 1b plà^kai^ étoient mcda^, .laoi^'

324 HISTOIBE DE L*ORDRE

•^ guiisans et abattus; tons se trduvoient sans vive l'Uht^ vres , sans subsistance , et quelques-uns , dont on Adam, ^voit jette les bardes dans la mer, à demi^nuds et sans linge.

LeGrand-Maitre, qui aToit soutenu, avec tant de fermeté, la perte de ses États , k' la vue de ce peuple désolé, ne put contenir ses larmes : jl fit venir, à ses dépens, des viHes voisines, des vivres, des étoffes, jusqua de la toile pour riiabiller ceux qui en avoient besoin. Ce prince , joi- * gnant à des secours si solides, des secours animéft par la charité , les assura que TOrdre partagerait toujours, avec eux, des biens sur lesquels, leur dit-il, les pauvres avoient toujours les premiers droits. Le peuple ne répondit à des sentimeds si tendres et si touchans , que par des voeux pothr la durée d'une vie si [bienfaisante : chacun éceoumt pour lui baiser la main ; tous lappelloient leur père : et ce nom ^ si doux aux âmes généreuses , fit plus de plaisir à ce grand liomme que le tttre de prince et de seigneur , qui étoit du à sa dignité.

Il n avoit pas plutôt débarqué proche de Setia , qu'il en avoit envoyé donner avis au gouverneur et à la régence de Tisle. Ce gouverneur lui dépêcha aussi-tôt le noble Paul Justinien , pour lui offrir tous les secours dont il pourroit 9voir besoin , et pour l'inviter à se transporter, avec tout son peuple, dans la ville capitale, où il trouverait des vivres en abondance. Le Orand- Maître, quoique mécontent de ces républicains.

DES CHEVALIERS DE MALTE. SaS

Bc laissa pas de s'y rendre. I-»e fj^ouverneur , ac- ' compagne du noble Dominique Trevisan , gêné- ^ l^ll. rai des galères de la république, des magistrats '^°^"'' et des principaux de Tisle , le furent recevoir à la descente de son vaisseau : ils fabordèrent avec de grandes démonstrations de compassion pour la perte de Rhodes, mais si tardives, que le Grand*-Maitre, dans un entretien particulier qu il eàt, depuis, avec le générai des galères, ne put s empêcher de lui reprocher la timide pQHtiqqlf du sénat, qui, ayant dans le port de Candie plus de soixante galères, avoit vu prendre Bhodes^ sans daigner y jetter le moindre secouss.

Lé^énéral Vénitien ne répottdit à de si juste$ plaintes, que par un silence plein de confusion i et , pour éviter de si fâcheuses explications , il lexhorta de rester dansFisle, jusqu'à ce queVhy-^ ver et la rigueur de la saison fussent p^^ssés. Mais le Grand-M^tre , outré de TinsensibiU^é avec laquelle ces républicains avoient vu la perte de Rhodes; lui témoigna que, sitôt quilaurolt fait, raccommoder ses vaisseaux endommagés par la tempête , il continueroit sst rout^ ; et que son dessein étoit de se rendre incessamment en Italie , pour délibérer avec le tape , dulieu où l'on fixejpoit le chef-d-Qrdre, et la résidence d^.la religion*

Pendant qu'il faisoit travailler, avec une extr^cne diligence^ à radouber ses vaisSi^afix, Léo**, nard Baleslrin, métropolitain Latin dô Rhodes, arriva , en Candie, avec son dergé et plusieurs, llfibîtans. Soliman 1^9 avoit chas^, sous pré^

326 RiSTorRE DB l'oidue:

' texte qu'ik nétoieat m Bhodkns, nii Grecs; et

BK L'isLiu qutl^evouk^iCsaofirirr dans ses Étals, ao^ciinlia^

^'^^^ tiD. Le OraB'd^MaHiifr^ 4f «i révèvoit k irertu cte M

prâîit , le re^u t bien ^ lui »si^a UM fetmon Èvcf

l& tvéMv àe rOrdrc; et BiEitestrin , aya»t pris^ dcv

puls;Khabi;t de la neli^con, il to nomma poar

priêvpf de Fcj^Iise^ alors la presaière dignité edclé*

iiaqtiqtte de TOrdpé , tpsà lui donnait entrée dant

1| Co«iseli',.et bi preniièife' place aprèst le Grand-*

' '^Ë|itre «KÏFérens é^ènemend ijm s*ét0(lent pa«9é9

depcild'fê départ du Grarvd-JVfakne^, Farclievèqoe

lui appril^ que te:Ôrand-<âeiglieur arait éociné

des«#f($re9 si'pridis pour faire dierclierte fil» de

Zi£ii»rqne cet âbfoirtuné prince avoii; été bien*^

tiàt découvert, et qu^on Tavoit amené , demnt So-

Kpyai^, ^vec «sès{ quatre eoj^né, deux garçons et

Ae^ fille»; que le suhali, qui ai?t>it ta*t tfki-

, térêt de' perdre cette famille, et- qui cepecH

dant ëvijtoit , ^tee goîn , la- ¥ëputatioh de princr

cvaet, pour pouvoir s'en ^éfeixe iouë un prétexte

plausible, Imdemnud», co^mitie »'ik 1 eut ignoré ,>

quelle religion it prôfeseoif; que ce prince lu»

atôîf-^épeiiduv^l^ec beab^oup de fermeté, que

lui et siés^ errfansï'iÉto^iejftt' Gbrétifen&î que SoU-

mari:; soUS prétente ^ lé' punir» dune {jréteridiie^

apos^ë^e; râVoi€ fifit Alcrangler avee ged^WlHs;

et qu'il aVélt 'fâi% fâ^ire cetce ernetle exécution

à la* tèfie d^ sob ariflée, a^S^ dVlter à 4œ meéoMft^

tetiè ,^ et à <fuelqtlé' intpoji^eur, le ptéiepi^'à*isn^

mét^ quetque>jowy sbttsr ^le^rl rwm ;' et qisreMi^^

de cette exécution , le sullan avoît envoyé les — — * deux jeunes pnnoessee a Constantinopie , pour de l Ui eêtre renfermées' dans le vieux sératl. '^''^''•

Lee Taisaeaux de FOrdre étant radoubés , le GrandMaitre, vers le eommencement de mars , remit à la voile ; et il d^cha , en méme^tems , sur un léger br%antin , difFérens ambassadeurs v«r| le Pape, et vers la plupart des princes Çhré^ tiens ^ pour leur faire part de la perte de Bbodes, et pour se plaindre , en même^tems , d en aT oir été si généralement abandonné. Cette plainte regar^ doit encore plus justement le Pape , que les autres potentats delà Chrétienté; mais ce pontife n^étoit occupé qiie des affaires et des intérêts de Tempereor; et il les eonduîsoit avec autant d'ap* plication que s'il eut été encore ministre de ce {Mince. On ne peut exprimer tous les discours désavaiitag^eux que cette conduite lui attira : on se plaignoit bautement du peu de zèle qu^il avoît fait paroltre pour le secours de Rhodes ; et, le jour même que la ville ftit rendue à Soliman , une partie de Tarcbitrave de la chapelle de ce pontife , étant tombée dans Finstant qu'il étoit sur le point d'y entrer, et ce morceau de marbre ayant .écrasé un de ses gardes , qui le précédoit , le peuple, qui se fait volontiers Finterprète des intentioi^s du ciel, ne manqua pas, depuis, de regarder cet accident comme une punition de sa tiédeur, et une menace déclarée du conrt'oux céleste.

L'kte-Adam n'ignoroit pas de quel poids aûi^oit.été, pour le salut de Rhodes , larrecomman-

3a8 HISTOIRE DE l'ordbe

";^~^ dation, et sur-tout lexemple de ce pontife; mai», i>E L*i8LE. comme il prévoyoit quil alloil avoir besoin de ^^' lautorité du Pape pour maintenir la sienne , il ordonna, à son ambassadeur, de s'expliquer modestement sur Je défaut de ce secours militaire , afin de le disposer à lui en accorder d*une autre espèce, qui ne lui étoit pas moins nécessmre dans la conjoncture présente. Ce prince , enper* dant Rhodes, venoit de perdre non-sçulement tm État puissant et souverain , mais encore le se- , jour. fixe et indépendant de la religion, le chei«d'Ordre, le centre, et comme le lien quiunissoit dans le même lien, et sous son autorité, un si grand nombre de chevaliers de nations différen: tes. La crainte d'une dispersion générale Tagitoît secrettement : il appréfaendoit que, lorsqu'il seroit arrivé en Italie, la plupart des dievaliers, xi'ayant plus de courent fixe et déterminé , ne se retirassent dans leur pays ; il igaoroit même en quel endroit il pouvoit s!établir avec le Conseil, et tout ce peuple , qui s etoit attaché à / sa fortune; mais, ce qui augmen toit son inquiétude, cest qu'il avoit besoin d'un port pour l'exercice de sa profession , et pour envoyer ses vaisseaux en course. Il appréhendoit qu'il ne se trouvât aucun prince Chrétien qui lui voulût céder , en jpure propriété, une place et un poit dans ses Ét£|ts; et^ supposé qu'il y en eût quelqu^un qm fut assez généreux ponr lui fournir un asyle^ il Xie craignoit pas moins qu il ne. prétendit, dans la suite ^ disposer des forces de la religion pour

ses intérêts particuliers, ou que,, si l'Ordre man- '

<)uoit de retraite , et que la religion n'eut plus ce m lIsulien commun de concorde,, les chevaliers ne se ^'**"dispersassent , chacun ^ dans leur pays : ee qui atfoibliroit la discipline de l'Ordre ^ et causeroit, à la fin , sa destruction et sa ruine. Plein de ces tristes considérations , il en écrivit au Pape; et il chargea son ambassadeur d'en obtenir une buUe adressée à tous les religieux de l'Ordre, auxquels il fut enjoint, sous peine d'excommunication et de privation de Thabit^ de déférer aux ordres du Grand-Maitre et du Conseil , en quelque endroit qu'il jugeât à prçpos ^e- fixer sa rési(dence, et celle du couvent.

L^ambassadeur, étant arrivé à Rome, rendit compte au Pape de tout ce qui s'étoit passé à la défense de Rhodes: suivant son instruction, il lui présenta la triste situation de l'Ordre , et là juste crainte que le Grand -Mattre avoit d'une dispei^ sion y. plus funeste encore , par ses suites , que la perte même de Rhodes. Le Pape entra daçs les vues de l'Isle-Adam; et, pour retenir toiii les chevaliers sous spn obéissance^ il lui accorda une bullç , où , après avoir relevé , avec de justes éloges, le zèle et la valeur que les chevaliers avoient fait paroitre contre les infidèles, il leur coramandoit, en. vertu de sainte obédience, de demeurer unis , sous l'autorité du Grand- Maître ; et il menaçoit les réfractdires de tous les foudres d^ l'église. Cette bulle étant expédiée, l'ambassadeuc l'envoya au prieur de Messine,

33a BISTOIHK Bf LORÛEE

pour la rendre au Graad-Maitré , qui , selon so» D» l'Isli- projet ^ devoit , dans peu de tems , m rendre dau9 '^**- le port de cetie vilk.

Il ëtoit en effet parti du 'part de Candie : mais à peine.eut-il été quelques }our$ en mer, que le» -vents contraires l'obligèrent à relâcher à Fraskia, autre port de cette isk ; d&là , il se rendît à celle de Cérigo , autrefois Cythère , et consacrée à Vë^ BUS y qui nest éloîgaée de la terre-ferme de la 3ioarée que de cinq milles. Le vent paroi^sant fa- Torafalr ^ les deux caraques et les vaisseaux de haut bord y par son ordre , prirent les de vans, sous la conduite du comman^ur Auston de la langue d'Angleterre ; s élargirent en pleine mer , et arriv^<ent heureusement dans le port de Messine. Mais le Grand-Ma}tre*^ qui ne vouloit pas abandonner le peuple de Rhodes, dont la plu* part étoient malades, partit long-tems après ^ monta une galère, et , avec une galiote , les Wt^ gantins , les felouques et les petits v^isseauiL rem* plis jde' tout ce peuple , pf^wr moins risquer ^ naVtgua , terre à lerrp , avec des difficultés extrê*mes, entra dans le golfe Adriatique ^ et gagna enfin le port de Gallipoli, ville* du royaume de Naples, dans le golfe d'Otrante.

Le grand nombre de malades qui se trouvèrent snr sa fiotie , l'obligèrent de s arrêter, quelque tems, dans cette place. Pendant qu'il dcmnoit tous ses soins pour leut soulagement , les chevaliers qui , dans les gros vaisseaux de la religion » l'avoient précédé , étoiènt déjà arrivés à Messine^

DES CHEVALIERS SE MAITE. 33t

OÙ ik avDÎeût trouré un grand nombre de cemk* BMmdeurs^et de chevalîars de dxfféircntes natkm», m. ft*fei» qui actoient asdeimblé» aiwe le seaaan ({icHâ ^'^*^ avoient e9péré de c«)ndaire à Bliode& Tous ces chevaimrs , ne tecsTant point de vtouvMt» éa Grmxnd-'MaîtFe , étoient dacos der vi'ves in:|iiiétn-* d:es r les vn9 cFaignGmnt qve^ par le gros: tema qu'il BToit §àifLj et par ia ri^gneur de la aaiioB ^ les^ galère» et lea petits vaiaseaas n'eàasent péri ; jkmttes apprébendaicnt ipie les corsaires de Baiv barie, fpii couraient ces mer», avertis dn départ dn Grand -Maiire, et des ricbesses qu il povtoit avec Ini:, ne se fàâ^at réuni» ponrlattaquer; et qu^ cette petite ffotle^ mal année, neut été la: pro;j(e de ces barbarea» Leur crainte étoit d'au^ tant nïietix fon^lée^ qae^ Soliman aya»t obligé leGrand-lMalIre. avant 9<m départ^ à rdàchei5 loua lea esclaves, nés seaaajets, ou de sa religion^ il n y avoit pas, dans dbatpie galère, la moitié de la cbiourme nécessaire pour vogoer. C'était mênoiyeer diéfaot cl^ùipage, autaont que ht ri^ gueor de la smon ,. qui mvoit fait erver si long-n fems le Grand-^Morîtré dans ces mers : eafin, vers: le ooaeimeDeenient de inai , il entra , mec sa. pe^ tite flotte, ^dans. la port de Messine^ An, lieu da pavîtton oêdinaire de liOrdre \ û, liarbora , au baixt éxt mat du vaisseatu qn il moattoît, qu'unâendardou espèce de bâniiière v dur laqandle llv mage de la Sainte -Viergps élioit représentée-, tc-^ nanf son fib mort entre' ses beaa: on litoitaotonr' cespasoiea: J9a«0 mtmeiçltéim t^bdon^ il^st mom

332 HISTOIRE DE L'OItDRE

unique espérance : Affugtis sras UNICA BEBUS. Pi- DB LisLB- gnatelli , comte de Monteleon , vice-roi de Sicile, ^^^' larchevèque de Messine , Fabrice Pignatelli , frère du vice-roi , et priear de Barlette ; Charles Jesvàrre, prieur de Saint -Etienne; le prieur de * Messine , les commandeurs et tous les chevaliers, la noblesse et le peuple , et toute la ville , pour ainti dire , se trouvèrent au débarquement de risle-Adam. Tout le monde avoit les yeux attacha sur ce vénérable vidillard, aussi illustre jMBr sa constance dans ses malheurs , que célèbre par la gloire qu'il avoit acquise à la défense de Rhodes. Après que le vice-roi lui' eut iait son complisAcnt , et qu il lui eiÉt même offert , dé la part de lempereur, la ville de Messine, pour servir de retraite et d entrepôt à sa flotte , l'archevêque et tous les grands du royaume, la noblesse et le peuple, par un triste silence,' et conforme à sa fortune, lui témoignèrent la part quils y prenoient. Mais, qui pourrôit exprimer la douleur sincère de tous les chevalidrs pour la perte de Rhodè»; dont son arrivée renouvella le souvenir? deux qui étoient sur le port , et ceux qui débarquoient , sans pouvoir pal4er , et seulement par de tendres embrassemena , se commùni-quoient leur affliction <X)mmune; des larmes, quoique -retenues par Ibrce , échappoient aux plus coDStan». Le seul ride^Adam, plus grand que sa disgrâce, faisoit voir, par sa fermeté, qail éloit digne d'une meilleure fortune. Il prit le chemin du^Palais royal, précédé par toua tes.

chevaliers, nud tête, dans un triste silence, et

qui, par des démonstrations de leur respect, lui di l^Isli.

faisoient connoitre que, s il avoit perdu son État, ^^'

il.navoit pas perdu son autorité sur un corps

de noblesse capable,. dans des tems plus heureux,

de conquérir une nouvelle isle de Rhodes.

Le premieir soin du Grand -Maître , après son débarquement , fut de loger, dans son Palais, et dans les maisons voisines, les chevaliers blessés et les malades; il les servoit lui-même, assisté de ce qui lui étoit i^esté de chevaliers sains. Cétoit un spectacle bien touchant de voir ces hommes, si redoutables les armes à la main, animés seulement alors par un esprit de charité , se dévouer aux plus vils ministères ; porter des boiiillons ' aux -malades , faire leurs lits , et ne paraître uniquencient occupés que de leur soulagement. ,

De ces devoirs de charité , si conformes au premier institut de VOrdre, le Grand - Maître , toujours inconsolable de la perte de Bhodes , passa à une sévère inquisition contre ceux qui avoient été chargés d y conduire du secours : il les fit citer devant le Conseil complet , pour ren« dre raison des leur retardement; et il protesta hautement que, sans égard pour personne, il puniroit , suivant la rigueur des lois , comme traîtres et comme déserteurs, ceux qui seroient convaincus de tiédeur et de nonchalance, dans lexécution des ordres dont ils avoient été chargés.

Tous ceux qui avoient été cités, et que ces menaces regardoient, se présentèrent, devant

334 JBIS70IB8 au l'obdbe

jce triftmnal ^ arec cette icoafitim qu'inspireiit

n lXsi»- saiilemepEt 1 îorQOottitfe tel Ja TtëtaÉé^ Le prieur de$ Barlette et cekii de âaitit «JÉtienne^ qui paruRiint les premiers., i^imoatrèo^at qvoutne va «mas proiiiigîeiix de iMankioBsde gnearrediie honrhe» qu ils avoiamt pnéparées^ «nivedBl ies cirdres da Ôiamd-Maitoe , ils aTment (encore ^ «de leur propre nuraveineot, et à iéurs tlépens , eorèlé deux ttîile vÎBKix scddats^ et ^i^ekgagé une troope cMifiH ciérafafe de TokMartaires et de jeune ndUefise , poor passer à fièiodes; mms que^ pendant les dietix damiers 3»qîs., les weats aToient été si afiaiMré* méat omirauies^ et la mer si ^rageme, qa!a ny mi^oit eu personne assez ténaéraîne petir meCtie à la ▼dile^ et qu'on sçavoit que le cfaevalier de Kienport, de la lai^gne dlAngleterre^ anfàencpaH* pitaine de marine , et qui se flattort , pMir ainsi dire , de dompter la mer par «a capactté^ «^étant embarqué ^ dans «e .tems-là , ftit lepanssé^ pur le violence dn vent, contre la pointe dW cap éé* sert , oà son Taisseau périt avec toute ssa clwqgiBu Antoine de fiaint-Martia ^ prieur de Clati^^pne, ««présenta , de son cèié^ âu€!onseîl^ ({baux pre* nsières nouvelles du siège^il aToit amné^àses dépn^s, «n gallion^ dnas lequel il condnisoit^ nn sMours de ilbodes^iles ^ei^ialifirsdlAflmapai»^ tle Ifaumne, de Valence et de Majorque; -çne^ proche Tisle de Corse, ils a^Toicnt^é ^sÉftaqn» par nne escadre des «galères dn OialidTScdgnenr , ffoi llarofenl fiM»droyé à csraps dlartiUèrie; que, s^nt approchés de pins prè»> ÀkjdÊtomHL oon*

DES GiI£TALIBRS DE HAXTE. 53S

liau^ement des grenades et des feux dartifiee

«dans son vaisseau ; qu'ils en aTotent même tanlé •»« l'isle. pJusieurs fois Md>ordage ; et que , ne s en pou«ra»t ^^*''pas retidre les maitnes^ après vm con|bat de «ix heurçs , ik se disposoîestt à y mettre l^ea avec

Veisi

un brùM; œaûiipie, la nuit, lœ Tent Vais étant .sarv^iu 9 il aroit sairré son \raisaeau , quoique heisé de cc^ups de candii , et gagné le port de Saâût-BoAi^oe ^ dans iisle de Sardaigne, doti , avec laeaacoup de peine «t de péril , ii e-étott rendu à Messine.

Ije chevalier d'Alhi^ fils du duc de ce nom , étaat parti de Garthagèoe , avec les chevalière de Castille et de Portugal , eut un :sort à^eu^ppèa pareil : , il «e vit investi par une escadre de cor- «aires d'AJger, qui Je mirent entre deux feux. Sott l^rand wM ftit abattu ; ses voiles et ses cordages , hriaés : il i eçut niéii»e plusieurs coups de canoa •Otts i^tu^ isans voukdr se rendre; et il était ré<^ Sûiu.ée ae hrulcr plutôt que dahandovmer le pavillon de la rdigîon au pourvoir des infidèles. H^ureAseflaent , de > sa dernière faordée , iii ooula tt iOKid Aanural des corsaives ; et oes barbares « pour sauver lei:u* général et les soldats qui étoieut mv aon hord., ayant mis tous leurs esquif « eu laer , le capitaine Espagnol^ pcu^fitant du peu de reiâcbe cfuec^ avantage Imdonna, mk à ki voiler gagna Tiale de Buse, ou divica, une des Bsh JéareSk^ où il rétablit ses agrêts «et ses xaaatQeuvMs, et d'où il n'étoit arrivé dans le port de Messioe , '^uau QOttmeUMment de décembre. Les cheva*-'

336 HiSTOIRE DE L'ORDRS

,, liers de Toscane et de Lombardie, représenté-

DB L*i8LE- rent , a leur tour , qu ils dévoient s embarquer Adam, g^^ j^^ vaîsseaux que le commandeur Tournebon, prieur de Pise , et dune illustre Maison de Floreno^ avoit loués sur son crédit; mais que ce chevVier , qui les devoit armer à ses dépens y étant mort subitement , ils s'étoient vus dépourvus des fonds nécessaires pour continuer cet armement; qua la vérité ils avoient eu recours aux receveurs de Pise, de Venise et de la Lombar* die ; mais qu on avoit été si long-tems à ramasser largent nécessaire pour fournir aux frais de cet armement , qu ils n avoient pu se rendre que les derniers dans le port de Messine.

Enfin , le chevalier d'Aussonville ou de Yilliers , qui avoit été député vers les roi de France et d'Angleterre , déclara que , s'étant rendu à la Cour de François I, et lui ayant représenté, avec de vives instances, le besoin pressant que Rhodes avoit de son secours, ce généreux prince lui avoit répondu , que , quoiqu'il fut attaqué , de tous côtés , par les armées de terre et de mer de Tempereur etdu roi d'Angleterre, cependant il alk>it envoyer ordre à André Doria , alor& général de ses galères , de lui en remettre trois des mieux armées; et quïl pourroit tirer, de ses Ëtats, les vivres et les munitions dont il auroit besoin ; que , s'étant acheminé 9 ensuite , pour se rendre à Londres , auprès de Henry Vlil , il avoit rencontré ee prince à Calais , qui lavoit reçu froi* dément ^ et dont il n-avoit pu tirer aucune espèce

DESr CHEVALIERS DE MALTE. 337

de secours; qailétoit revenu ensuite à Marseille; ■

<]ue ûoria , en conséquence des ordres du roi , oc L'isLt> lui avoit remis trois galères, sçavoir : la Ferrare, ^^^^ la Trimouille et la Doria, sur lesquelles plus de trois ceuts chevaliers de trois langues de France, setoient embarqués, et qui menoient^ à leur jsuite, huit. cents hommes tous ^dats et braves guerriers; que, des deniers de la religion, il av oit frétéi trois vaisseaux marchands , qu il avoit^ trouvés daas le port de Marseille ; et qu après les ^voir chargés de différentes munitions , il avoit pris la route de Messine , lieu de l'assena^ hlée; mais qu une affreuse tempête, qui, dans le même tems , avoit été si funeste à d autres vaiS'Seaux de la religion , avoit dispersé cette petite flotte; que les vaisseaux de tran^ort ^voient apparemment coulé bas; que lé galère la Ferrare avoit aussi péri; que la Doria avoit échoué , le long des côtes de Sardaigne ; et qu il n'y avoit que la Trimouille qui fût arrivée heureusement dans le port de Messine.

Tous ces faits ayant été constamment avérés par le témoignage et les sermens des chevaliers, et même des équipages de ces vaisseaux : « Dieu «< soit à jamais loué , s'écria le Grand-Maitre, qui , « dauf notre malheur commun, ma fait la grâce « de connoltre qu on ne pouvoit en attribuer la « causée la négligence d-aucun de*mes religieux » ! Faisant , ensuite, approcher les prieurs et les grands-croix , qui avoient été mis au Conseil de guerre, il les embra&sa tendrement. « II falloit^

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