‹ Histoire des chevaliers Romains considérée dans ses rapports avec les différentes constitutions de RomeChapitre 4 sur 36 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LA NOBLESSE MUNICIPALE DES CHEVALIERS ROMAINS SQl’O priva ro.

Les patriciens furent le modèle de toute la noblesse urbaine, et les plébéiens qui, après les lois de Licinius Stolon, parvinrent aux magistratures curules et se fixèrent dans la grande ville 1 prirent bientôt, comme tous les anoblis, le ton et les habitudes de la vieille aristocratie*. De leur côté les chevaliers equo privato finirent par donner leur caractère à l’ensemble de l’ordre équestre. Car les dix-huit centuries equo publico, ne comptèrent jusqu'au temps de César que deux mille quatre cents chevaliers, et aux deux derniers siècles de la République les chevaliers equo privato étaient beaucoup plus influents et plus nombreux . 3 Pour marquer le contraste entre la noblesse urbaine et celle des municipes, il suffit donc d'opposer aux patriciens les chevaliers romains equo privato. Ces chevaliers sortaient pour la plupart des tribus rustiques. Car si on retranche de la première classe les

* Cic . pro Sulla, vin. — * Tite-Live, xxn, 34. — * Q. Cicéron, De petit, consulatus : jam equitum cenluriw mu/tu facitius diligentin teneri pusse videntur. Primum cognoscendi sunt équités ; pauci enim sunt.... Tum autem, quod equester ordo tuus est, sequentur illi ancloritatem ordini*.

dix-hnit centuries des chevaliers eqtin puhlico, et celle des charpentiers, il reste soixante-dix centuries dfi chevaliers equo privato dont soixante-deux appartiennent aux trente-et-une tribus rustiques et huit seulement aux quatre tribus urbaines 1 . Si l’on peut citer quelques chevaliers equoprivalo qui sont nés à Rome comme Alticus 2 , on peut considérer leur classe comme ayant formé dans son ensemble l’aristocratie des petites villes romaines de l’Italie.

C’était leur fortune qui leur donnait le titre de chevaliers 3 . Le cens équestre avait été jusqu’à la fin île la première guerre punique celui de la première classe, celui de cent mille as d’une livre romaine, équivalent de 32,700 kilogrammes de cuivre. On chercherait vainement dans l’histoire de Rome l’indication , d’un cens équestre supérieur à celui des citoyens de la première classe. Denys identifie expressément le cens des quatre-vingts centuries des fantassins de la première classe avec celui des dix-huit centuries de chevaliers 1 , et il appelle ce cens péyio-ov t/xni/xa. Pline appelle censtis maximus le cens de la première classe sous le roi Servius 3 . Cicéron emploie la même expression, census maximus, pour désigner le cens des chevaliers des dix-huit centuries sous le même roi®.

Par suite d’une révolution économique et monétaire que nous avons décrite 7 le cens de cent mille as

1 Volume l“ r , |5. 241 et 368-384. — * Corn. Ncpos, Vie rï Allient,

3. Attirus n'échappa au service militaire qu'à force d'adresse.

Ibid . eh. 4. — s Cic., pro Q. Ho scia comwdo, cil. 14, « Quem lu.

si e.r censu spectas, ei/ues romanus est , si ex riln, humo cturissi-

mus. » Cf. pro Rabirio Poslumo xv. — 4 * * Denj's, iv, 16 et 18, vu,

59 et x. 17. — 5 Pline, Hisl. mundi, xxm, 13. — c Cicéron, De Republka, ii, 22, éd. d'Anpelo Mai. — ’ Volume l° r , ii, ch. n, ^ 3, p.

d’une livre fut remplacé sur les registres publics en 240 av. J. -G. par celui d’un million d’as de deux onces romaines, équivalent du cens équestre bien connu de 400,000 sesterces d’argent 1 (86,000 fr.). Supposer, comme on l’a fait jusqu’ici, que le cens des citoyens de la première classe, au siècle des Scipions et même au siècle de Cicéron, ne dépassa pas cent mille as de deux onces, c’est-à-dire 40,000 sesterces d’argent ou 8,600 francs, c’est se mettre en désaccord avec les faits économiques les mieux connus".

C’est aussi faire une hypothèse gratuite, que d’imaginer avec Beaufort 3 un cens équestre inférieur à celui de la chevalerie romaine, et qui aurait été celui d’une chevalerie municipale distincte de la première Les chevaliers que l’on rencontre dans les municipes sont les chevaliers romains eux-mêmes, et ils for-

< Crevier, De ivre gravi, dans le xu" volume du Tiie-Live de Lemaire, p. 103-109. Cf. vol. 1 er de celte histoire, laid, explicatif de la constit. romaine de 220 À 219 av. J.-C. — * Tite-Live cite des amendes de 100,000 sesterces en 189, av. J.-C., de 400.000 sesterces en 170 av. J.-C. xxxvu, 58, xliii,8; Appirn, une amende de 20 talents ou de 500,000 sesterces, en l’an 100 av. J.-C., G. Civile, i, 29. Le plébiscite de aqnie édicte une amende de 100,000 sesterces, oontre celui qui dérobe une prise d'eau. La loi municipale de Jules-César, art. vi, vu, vu i, x, des amendes du 50,000 sesterces pour de simples contraventions en matière d'élections municipales. Relliq. rel. terni. lat. de M. Egger, p. 304, 307 et 331. L’héritage de Paul Emile fut de 60 talents'(313,60Q francs.) I.es deux filles du premier Africain eurent chacune pour dot 50 talents {258,000 francs.) Polybe (frag. xm et xiv du liv. xxxii.) La maison habitée par Sylla jeune et pauvre était louée 5,000 sesterces (1075 francs.) Plutarque. Huila, i Peut-on croire que le cens do 10,000 drachmes ou 40,000 sesterces (8,600 francs), marqué par Polybe, vi, ch. 23, up 15, pour la même époque, soit le chiffre de la fortune des citoyens de la première classe ? — 5 Ilequfort, fie'p. romaine, liv. 111 , ch. 7, t. 11 , p. 229.

niaient, du temps de Cicéron, la plus grande partie de l’ordre équestre. Lorsque Juvénal appelle l’illustre plébéien d’Arpinum, un homme nouveau, sans noblesse et chevalier d’un municipe 1 * , il ne veut certainement pas l’exclure de l’ordre équestre du peuple romain. Du reste le cens des chevaliers des municipes était celui des chevaliers romains. Il était de 400,000 sesterces, comme on le voit par cette lettre de Pline le jeune, à un de ses compatriotes de Côme*.

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