C. Plinius à son cher Romanus Firmus, salut
• Vous êtes do mon municipe. Vous avez été mon
> condisciple et un de mes premiers compagnons d’âge.
> Votre père était lié avec ma mère, avec mon oncle » et avec moi, autant que le permettait la différence
• des âges. Vous avez un cens 3 de cent mille ses- » terces, comme le prouve votre titre de décurion de » notre ville. Afin que nous ayons le plaisir de vous
• voir, non-seulement décurion, mais aussi chevalier
• romain, je vous offre, pour compléter votre fortune » équestre, trois cent mille sesterces. » Ainsi, il n’y a point de différence à faire entre la chevalerie des municipes et la chevalerie romaine, et cette simplification de l’histoire de Rome a été déjà indiquée par d’excellents critiques *.
1 J u vénal, Satire vhi, vers 23*. Municipali s eques. — * Pline. Liv. i cr , epist. 19. — 5 La fin de la lettre prouve que le mot centus ne signifie pas revenu, comme on l’a quelquefois supposé, mais capital de la fortune estimée sur les registres du cens. Ccnsus x signifiant revenu, appartient à la liasse latinité. — * ligger. Examen des historiens d'Auguste. Appendice n sur les Auyustules, § 5. Troisième monument. 'Orelli, /user. lut. n° 3,713. QvintoKabio Celeri equiti Arretino. Arretii, Muratori 099,7.
— — equiti Florentino Ibid. — 8(H,5.
Muratori avait écrit la note suivante : A/nid Gruterum quoque hubemus equilem Alcelicnsem (d'Alcetia, colonie de la Pannonie
Si
On a encore compliqué celle histoire d’une autre distinction mal fondée. On a séparé, pour le dernier siècle de la République, la classe des chevaliers romains de celle où on levait les cavaliers romains de la légion, quoique les Latins n’aient jamais eu que la seule expression d 'équités romani , pour désigner les uns et les autres. M. Mommsen affirme 1 « qu’il est » question, pour la dernière fois, de la cavalerie ci-
• toyenne dans la campagne de Cæpion contre Vi- » riathe, en 140 av. J.-C.® ; que cette cavalerie, for- » mée toute entière de la classe des gens fortunés,
• s’était en réalité enfuie des camps dès avant Ma-
• rius. • Mais Polybe est contemporain de Viriathe. Son ouvrage allait jusqu’à l’année 146 av. J.-C. Il écrivait quinze ou seize ans après l’époque où, pour le fait principal, il a terminé son récit, puisqu’il a parlé incidemment de la mort de son protecteur, Scipion Emilien 3 , arrivée en 129 av. J.-C. Or, Polybe nous dit que de son temps la cavalerie régulière des légions était recrutée parmi les citoyens les plus riches des trente-cinq tribus \ Il ajoute que le service du simple cavalier légionnaire était mieux soldé que celui du centurion 5 . Cicéron dit que, de son temps encore, il était plus estimé (laudatius) *. Comment ne pas re-
supérieure) eq. Realinum. Orclli ajoute cette observation fort juste : Scil videndum ne, tignificenlur équités romani Arretio, Florenlia celerum oriundi, ut, verbi causa, Muratori 755,3, Tattrini: Vir tedili potentat? eqttcs Ho. — ' Mommsen. Hist. rom., trait. Alexandre, t. v, p. 163. — * Dion Cassius, Fray. de Peiretc. n° 83. Dans ce fragment les chevaliers romains sont distinguas des cavaliers alliés. L’auteur en compte six cents. C'est la cavalerie romaine des deux légions de Cæpion. — 5 Polybe, I. xxxn, ch. 8, n” 2. — 4 Polybe, vi, 20, n* 8. — * Polybe, vi, 39, n° 12. — * Cicéron, Pbilipp. i, 8, ef. vol. i" r , p. 182.
connaître les chevaliers romains dans ces cavaliers légionnaires, choisis dans la classe la plus riche, et dont chacun avait dans la hiérarchie militaire un rang supérieur à celui d’un capitaine d’infanterie commandant soixante hommes? C’est encore Polybe qui nous apprend 1 qu’il n’était permis à aucun citoyen d’exercer une charge politique avant d’avoir fait dix ans de service. Or, c'était le service de la cavalerie qui durait alors dix ans. C. Gracchus s’était soumis à cette loi avant d’étre édile, en 126 av. J -C. s , et l’on ne peut supposer que le fils de Sempronius et de Cornélie ait été un simple fantassin. Les Romains des classes fortunées n’avaient donc pas fui les camps avant Marius. Marius lui-même, comme nous le montrerons tout à l’heure, était un chevalier romain, qui fit ses premières armes devant Numanceavec un autre chevalier célèbre, le poète Lucilius de Suessa. Ce n’était pas là un fait exceptionnel. En l’an 108 av. J.-C., Gauda, pelit-ûls de Massinissa, demandait à Melcllus un escadron de trente chevaliers romains ( turmamequitum romanoruni'), pour lui servir de garde, et Metellus lui refusait sa demande, parce que ce service eut été humiliant pour des chevaliers romains. Au même chapitre, Salluste distingue parmi les chevaliers, dont les recommandations préparèrent le succès politique de Marius, ceux qui servaient dans l’armée de Metellus et ceux qui faisaient la banque en Afrique *.
En l’an 105 av. J.-C., à la bataille livrée près du Rhône, aux Cimbres et aux Teutons, et où un jeune chevalier, Q. Sertorius de Nursia, reçut une bles-
1 Polylw, vi, l'J. — * Plutarque, Vie île C. Gracchus, cil. 2. — 1 Saüuslc, B. Juyurlhinum, ch. 63. Cf. Ibid. 46.
sure ', il périt un grand nombre de membres de l’ordre équestre. Car, dix ans après, les chevaliers romains jugeant Servilius Cæpion, qui avait été vaincu dans cette journée, avaient à lui reprocher la mort de leurs parents, elles regrets des juges contribuèrent à faire condamner l’accusé *. Les Cimbres mirent auss en déroute, près de l’Adige, en l’an 101 av. J.-C., les chevaliers romains de l’armée du proconsul Calulus, parmi lesquels se trouvait le fils d’Æmilius Scaurus 1 * 3 * . Enfin, Cicéron nous dit que Cn. Plancius d’Alina, chevalier romain, qui arriva aux plus hautes positions de la judicature et de la finance, avait commencé par servir avec éclat dans les légions de P. Crassus, au milieu de chevaliers romains d’une grande distinction '. Or, P. Crassus fut proconsul en Espagne, en 96 av. J.-C., et lieutenant de L. César dans la guerre des alliés, 90 av. J.-C. Aussi quelques historiens ont reculé, jusqu’après la fin de cette guerre, la disparition plus ou moins sensible de la cavalerie romaine. « 11 y avait régulièremeut, dit M. Lamarre 5 ,
» trois cents cavaliers par légion. Ces trois cents cav valiers, jusqu’au temps où le droit de cité fut ac- * » cordé aux alliés , étaient nécessairement romains » d’origine. Mais, à cette époque (90 av. J.-C.), l’in- » fanterie des alliés étant entrée dans la légion , leur » cavalerie, qui jusque-là avait formé un corps dis- » tinct, y fut admise également. Alors toute la cava- » leric ainsi confondue prit le nom d’ala. »
1 Plutarque, Serluriiu, eli. 3. — * Ch;., Dr Oratore, u, 19. —
s Val. Maxime, lib. v, chap. 8, n° 4. ■ — * Cic., Pro Planciu,
t:t : Ut i/isc in legionibus P. C rassi imjicraloris inter omalissinos
humilies équités romanos summo s/ilciiduro fueril. — 5 Cl. Lamarre,
De la milice romaine, p. 36, lin. Paris, Dczobry, 1863.
Mais ces cavaliers latins ou italiens avaient acquis la cité romaine, etils étaient devenus chevaliers romains. Les cavaliers des villes italiennes avaient été l’aristocratie riche de chaque pays Ils n’entrèrent dans la cavalerie romaine que parce qu’ils avaient le cens équestre.
Tout C9 qu’on pourrait induire de la fusion des deux parties de l’aile de la légion, en 90 av. J.-C., c’est que les chevaliers romains y devinrent plus nombreux. Lebeau 8 , auquelM. Lamarre semble avoir emprunté ce raisonnement, ne le croit pas sufGsant pour préciser l’époque où les cavaliers romains disparurent des légions. Il se contente de faire celle remarque fort juste 3 : que pendant la guerre des Gaules, la cavalerie de l’armée de César est souvent distinguée des soldats légionnaires 4 . C’est que les corps de cavalerie de celte armée se composaient de Numides, de Germains et surtout de Gaulois 5 . Appien dit que lorsque César marcha contre Pompée avec ses dix légions, il amenait dixmillecavaliersgaulois°.Est-ceàdire que dans toutes les armées romaines la substitution des cavaliers auxiliaires aux cavaliers romains fût déjà accomplie ? La manière dont César apprécia les nécessités spéciales de la guerre des Gaules, autorise-t-elle la supposition d’une loi ou d’une habitude générale qui eût dispensé du service la chevalerie romaine? D’abord, dans l’armée de César, les chevaliers romains, s’ils ne for-
1 Tite-Live, xxiii, 4 et xxiv, 47. — 1 Lebeau, Jl lém. de l’Acad. des Inscr., t. xxvui, p. 44-45. — * Ibid., p. 59-60. Cf. MiS(|UeIez, Castramétation des Romains, l’aris, chez Humaine, 1864, p. 79. — * César, De bctlo Gatlico, ij. 17,. v, 11, 17 et 18. — 5 Ibid., i, 42. ii, 23. v, 3. vu, 63. Cf. sur les eeocali. Suétone, Vie de Galba, x. — c Appien, R. cio., il, 49.
HISTOIllE
maienl plus de corps distincts , n’en servaient pas moins en grand nombre comme décurions des turmœ gauloises l * , comme préfets de la cavalerie ou avec le titre de tribuns des soldats 1 *. C’est ainsi que, chez nous, les cavaliers indigènes des colonies obéissent à des officiers français. La loi Julio municipale , faite par César vers la fin de sa dictature, considère les plus riches citoyens des villes romaines comme astreints au service de la cavalerie légionnaire.
Elle défend sous peine d’une amende de 50,000 sesterces (10,700 fr.,) de briguer ou même d’exercer par subrogation les charges de duumvir , de quatuorvir ou d’édile dans les municipes, les colonies et les préfectures avant l’âge de trente ans, à moins d’avoir fait trois années de service dans la caValerie légionnaire ou six ans dans l’infanterie, ou d’avoir une exemption légale de service 3 . Les légions pompéiennes, bien plus nombreuses au commencement de la guerre civile que celles de César, avaient une cavalerie composée en très-grande partie de chevaliers romains. Sur les onze légions de la première armée pompéienne cinq entièrement composées
1 César, De II. Ilallicu, i, 23 ; eu res per fugitives L. Aeiitilii Ueearionis eguitum gulloruns hoslibus nunci'Uur. — * César, ll/id , m, 7, 8 et 11), et vin, 28. Cf. de H. civils, i, 77 et iii, 71. — s lï jier Lut. serments, t tel. relliquim se Irrite, n° L, § vi, p. 30i. Celte loi Juiia a été conservée sur les tailles d'ilcracléc.
■ Quei minor an nos xxx nains est c.ril net guis eoruns posl K . » januur. secundas in tnunivipio colonia prwfcclura u t'ir. iv vir . . » nette quem alium mag. pelilo nere capilo nere gerito, nisçi gués
» rorum stipendia eguo in lecione ni, (lut pedestria in legione vi, » fer rrit, aut bina semeslria, quee ei pro sinculeis unneis proce- » dere a par Irai, nul ei eucalio rei mililaris lecibus pl. vc sc. erre. • ftuilere eril guogirca eum invilum inerere non oporleat. » Cf. § vu.
d’Italiens avaient passé la mer Ionienne avec toute leur cavalerie régulière *. Les onze légions comptaient en tout sept mille cavaliers, et Plutarque veut qu’ils aient tous été des chevaliers romains, distingués par leur naissance et par leur courage, la fleur de la chevalerie de Rome et de l’ilalie 8 . Celte opinion devait contenir une grande part de vérité puisqu’elle s’était répandue malgré César, trop intéressé à la combattre pour que sur ce point ses commentaires fassent autorité. N'employant dans sou armée que des corps de cavalerie barbare, le conquérant des Gaules a voulu prouver que son adversaire n’était pas plus scrupuleux que lui. Ordinairement si sobre de détails, il s’est appliqué à décomposer minutieusement le nombre des 7000 cavaliers de Pompée pour faire croire qu’il n’y en avait pas un qui fût romain 3 ; mais il n’a pu arriver qu’à former un total de 3600 cavaliers recrutés, selon lui, parmi les barbares et les esclaves de Pompée. Quant aux 3400 autres qui formaient précisément la cavalerie régulière des onze légions pompéiennes, César, sans achever son énumération, dit que c’étaient des Dardanes, des Besses, des Macédoniens, desThessaliens. Ce qui rend ici la bonne foi de l’historien douteuse, ou même son mensonge évident, c’est que plus loin il garde un silence politique sur l’ordre qu’il avait donné à ses vétérans, pendant la bataille de Pharsale, de frapper au visage les jeunes chevaliers romains jaloux de leur beauté 1 . Les mémoires du temps qu’Appien et Plutarque avaient consultes ne
1 Appien, fl. cio., n, 49. — ’ Plutarque, Fie de Pum/jèe , ch. 64. — 5 César, de H. cieili, m, 4. — 4 Appien, (i. tic., u, 76. Plutarque, Vie de César, 43. Elorus, iv, 2. Cf. César, de B. cio., ni, 93.
s’accordaient pas sur le nombre des combattants 1 * ; mais il est certain qu’il y avait des chevaliers romains dans l’armée de Pompée*, et l’on ne peut guère réduire leur nombre approximatif à moins de 2200. On en trouve bien davantage et avec certitude dans l'armée pompéienne qui fut vaincue à Munda (45 av. J.-C.). Les fils de Pompée y mirent en ligne treize légions avec la cavalerie sur les ailes. Ils. avaient en outre beaucoup d’auxiliaires , mais qui se sauvèrent dès le commencement de l’action. La bataille fut trèssanglante et soutenue de part et d’autre uniquement par des Romains 3 * . Or, d’après Oppius, César tua ou blessa à ses adversaires plus de trente mille hommes, parmi lesquels trois mille chevaliers romains, les uns de la ville de Rome, les autres do la province d’Espagne 1 . Si l’on tient compte de ceux qui durent échapper aux coups des césariens, on peut être assuré que chacune des treize légions comptait au moins trois cents chevaliers romains. Enfin, même sous le gouvernement d’Octave (42-30 av. J.-C.), les chevaliers étaient obligés au service militaire, puisque l’un d’entre eux, pour en exempter ses fils, leur fit couper les pouces.
Octave fit vendre comme esclave ie père coupable de celte lâche cruauté 5 . Mais pendant le règne d’Au-
1 Appien, Ibid., ti, 70. — * Frontin, Slratug., iv, ch. 7, n° 32,
édit. Oudendoi-p, p. 495. — 5 Dion Cassius, xlui, ch. 36 et 37. —
* Oppius, De bello hispaniensi , ch. 31, lin. « In quo prwlio ceci -
» ilerunt millia hominum circiler \x\ et fi quid ampliils; Prm-
» terea Labienus, Atlius Y a rus, <jU Unis uccisis titrisque funus est s factum ; itemque équités romani partim cm urbe partim ex pro- » cinaa ad millia m. » Cf. Ibid. ch. 23 et 26, où l'on voit cités des chevaliers romains de la liétiipic. — 5 Suétone, Vie d'Oclave Auguste, eh. 21.
guste, le service militaire devint un métier au lieu de rester un devoir, et les habitants de Home et de l’Italie en furent dispensés 1 * . Ceux qui, de nos jours, considèrent l’obligation qu’a tout citoyen de combattre pour sa patrie comme le signe de la servitude et le point d’appui du despotisme, pourront s’assurer que Rome perdit au contraire la liberté en meme temps que l'habitude des armes. Ovide, chevalier romain, né en 42 av. J.-C., aurait dû commencer à servir neuf ans après la bataille d’Actium. Il n’alla jamais à la guerre et passa sa vie à chanter les plaisirs delà paix, la gloire d’Auguste et les douleurs d’une disgrâce. Il ne mania les armes que dans une salle d’exercices 8 . Les chevaliers étaient devenus si étrangers à la guerre vers la fin du règne d’Auguste, qu’au temps du soulèvement de la Pannonie (G ans ap. J.-C.), l’empereur demanda, comme un service extraordinaire, le départ de plusieurs chevaliers romains pour l’armée du Danube 3 . Mais pour tout le temps que dura la République, il n’y a point de distinction à faire entre les chevaliers romains et la classe d’où l’on tirait la cavalerie légionnaire. Les lois romaines et l’histoire militaire de Rome montrent que, jusqu’à la fin des guerres civiles, les chevaliers restaient en droit obligés au service et qu’en réalité ils étaient fort nombreux dans les légions. Seulement les conditions du service s’étaient adoucies. Rarement un chevalier faisait dix campagnes d’un an comme au temps de Polybe et de
1 Hérodien, n, ch. 6 et 7. — * Ovide, Trimes, iv, dey. i, v. 72-74.
As/iera mililùr jure lits cerlamina /uyi,
Xec nisi lusura mveimus arma manu.
3 Vellcius, u, ctu 111.
C. Gracchus. Après deux ou trois ans passés dans les camps, il était de fait quitte du devoir militaire. L’introduction d’un plus grand nombre de cavaliers barbares 1 * et l’accroissement des armées permettaient d’ailleurs d’employer beaucoup de chevaliers comme ofüciers de cavalerie. Knfin, l’extension du droit de cité romaine, d’abord à l’Italie entière, puis à un grand nombre de villes de province, en multipliant les populations sujettes au recrutement, habituait les chefs militaires à être moins exigeants à l’égard de chaque citoyen.
Les plus riches décurions et magistrats des municipes, des colonies, des préfectures 8 , et généralement tous les citoyens romains des villes italiennes ou même des villes de province, qui possédaient une fortune de première classe ou de 400,000 sesterces (86,000 fr.), appartenaient donc, parce fait même, à la classe où se recrutaient les cavaliers légionnaires, c’est-à-dire qu’ils étaient chevaliers equo privato. Aussi l’histoire des progrès de l’ordre équestre est liée à celle de l’extension du territoire des trente-elune tribus rustiques en Italie, et en général à celle de la propagation du droit de cité romaine.
La politique de Rome fut de soutenir, dans les villes italiennes, le parti de l’aristocratie. Dès l’an 440 av. J.-C., dans une querelle entre les plébéiens et les nobles d’Ardée, qui ressemble à celle des Buondclmonte et des Uberti à Florence 3 * * , les Romains inter-
1 On en trouve dans les années de Rome dés le temps du pre-
mier Africain. — * V. plus haut. Un chevalier romain quatuorvir
de Turin, cité dans Muratnri, 755, 3, et la loi municipale de Jules
César. — 1 Machiavel, llisi. florent . , trad. par J. V. Periès, an
1215 ap. J.-C.
viennent en faveur des grands qui restent maîtres de la ville*. Au temps de la seconde guerre punique, dit Tite-Live 8 , * la division entre le peuple et les grands, » était comme une contagion qui avait gagné toutes » les cités italiennes. Partout le sénat était pour les * Romains, et les plébéiens penchaient du côté des » Carthaginois. > A Noie, Marcellus contient par la terreur la plèbe ennemie des Romains 1 * 3 . Au contraire, c’est par la générosité ef par les promesses qu’il ramène au parti romain L. Bantius, chevalier nolan, un des plus illustres dans la cavalerie des alliés 4 * * . A Compsa, chez les ITirpins, le parti de Rome est représenté par la grande famille des Mopsr*, à Capouc, il est dirigé parles Magii,dont le plus célèbre, Decius Magius, fut un des ancêtres de la famille équestre des Vclleii'’.
Rome fait mieux que de soutenir la noblesse chez les peuples voisins. Elle admet au nombre de ses citoyens des Latins, Tusculans ou habitants de Lanuviutn, et des familles tout entières de la nation des Sabins ou de celle des Volsques et des Herniques 7 . L’honneur de son choix est toujours réservé aux hommes les plus riches et les plus distingués dans leur patrie. Au temps de la révolte des Latins (340 av. J.-C.), les chevaliers campaniens refusent de prendre part à la guerre contre Rome. Ils en sont récom-
1 Titc-Live, iv, ch. 9 et 10. — * Tite-Live, xxiv, 2. — * Ibid.,
xxiv, 13; ef. xxm, 14, 16 et 39. — * Ibid., xxm, 15; cf. Plutarque.
Marcellus, ch. 10 et 11. — 5 Tite-Live, xxm, 1. — • Vclleius, liv.
il, ch. 16, 76 et lit. — ’ Cic., Pru L. Corn. Balbo, 13. Sur les
L.evi Cispii d’Anapni chez les Herniques, v. Festus s. v. Sepli-
montio. Cic., Episl. ad Fain., x, 21 ; Pro Plancio, 31. Suc
Scptimuleius d’Anagni, Pline, U. »»., xxxiu, 14; Cic., De oraiore, il, 67.
mSTOIHE
pensés par le litre de citoyens romains *. C’est par égard pour eux 8 que l’année suivante le droit de cité sans suffrage fut donné aux habitants de Capoue et de son territoire 3 . On ne sait si la même restriction s’appliquait au droit de cité des chevaliers campaniens, s’ils servaient dans les légions campaniennes 1 ou dans les légions romaines \ Mais leurs familles étaient alliées par des mariages aux plus nobles familles plébéiennes et patriciennes de Rome 6 . La rébellion de la plèbe campanienne au temps d’Annibal, ayant amené la suppression du droit des Campaniens, les trois cents chevaliers de Capoue, restés fidèles aux Romains, semblent avoir acquis alors le droit de cité complet 7 .
Le droit de cité romaine était conféré à tous les magistrats annuels des villes de droit latin 8 . On devenait citoyen romain par les succès oratoires comme par l’exercice des magistratures locales. Ti. Coponius, grand-père des Coponii, contemporains de Cicéron, était né dans la ville fédérée de Tibur. Il avait obtenu le droit de cité romaine en faisant condamner C. Masso. La condamnation de T. Cælius avait valu le même avantage à L. Cossinius, de Tibur, dont le fils était chevalier romain B . L’usage où étaient les Romains de se choisir de nouveaux citoyens parmi les aristocraties étrangères, était si connu que, pour se
1 Tite-Live, vm, ch. H. — 'Ibid., ch. 14. — “ Atella, Calatia au Sud, le pays du Falemc au Nord, le territoire jusqu'au Sabatus à l'Est forniaieut la Campanie proprement dite. Tite-Live, xxvi, 33 et 34, vm, 13 et 14. — * Tite-Live, epilomc, xu. — “Tite-Live, xxiii, 4, fin- — * TitC-Live, xxm, ?, 4 ut 3(. — ’ Ibid. ; cf. liv. xxvi, 34. — " Appien, G. civ., liv. ii, cil. 26. — * Cic., l'ro Corn. Balbo, ch. 23.
préserver de leur influence, les Germains, les Insubres, les Helvètes, les Iapydes et une partie des Gaulois firent insérer dans leurs traités avec Rome, qu’aucun de leurs compatriotes ne serait reçu dans la cité romaine *. Mais en Italie, les plus riches citoyens des villes de second ordre furent de bonne heure attachés par cette faveur, aux intérêts de la grande ville. La politique de Rome en faisait des citoyens romains et leur fortune en faisait des chevaliers.
Le droit de cité et l'ordre équestre s’étendaient aussi par l’envoi des anciens citoyens dans les colonies. Au temps de la seconde guerre punique, Rome avait trente colonies, et, en temps ordinaire, chacpne pouvait fournir aux légions soixante cavaliers ou deux turmœ, c’est-à-dire la cavalerie de deux cohortes *. Ces cavaliers qui, selon l’expression des consuls de 209 av. J.-C., sont non des Tarenlins ni des Campaniens, mais des Romains 3 , appartenaient sans aucun - doute à l’ordre équestre *; car on trouve un grand nombre de chevaliers romains parmi les citoyens des colonies. Les inscriptions nous en ont déjà montré dans les colonies de Florence, de Turin, d’Alcetia en Pannonie 5 . Nous en rencontrerons bien d’autres dans des colonies plus anciennes, et, pour ne citer ici que les plus célèbres, la grande famille équestre des Octaves, de )a colonie de Yélitrcs, cl le chevalier poète Lucilius de Suessa Aurunca 6 . Même
* Ibid., ch. 14. — * Tite-Livc, xxvu, 9 et 10, cl xxix, 15 et 37. — 3 Ibid., xxvu, 9. — * Tite-Livc cite les cohortes des colonies de Firmuin, de Crémone, de Plaisance et de Suessa, et les lurmœ des colonies de Plaisance et d'AEsernia x, 33; xu, 5; xliv, 40. — 5 V. plus haut, p. 83. — * Velleius, n, 9. Horace, Sal. ii, 1, v. 62 et s<|. ; Juvénal, Sal. i, v. 19-2(|. Perse, fiai, i, v. 114. Sur la colonie de Suessa Aurunca, Tite-Livc, ix, 28.
dans les préfectures, qui jouissaient de droits moins étendus que les colonies, on trouve des chevaliers romains. Cn. Plancius, père du client de Cicéron, né d’une famille de chevaliers, qui avait toujours vécu dans la préfecture d’Atina, fut successivement cavalier légionnaire dans les troupes de P. Crassus, juge d’un grand nombre de causes et directeur de plusieurs compagnies de publicains *. Cet exemple seul détruit toutes les distinctions fausses par lesquelles une critique trop subtile a essayé de briser dans l’histoire, l’unité du grand ordre équestre qui s’était identifié, dès l’an 400 av. J.-C., avec la première classe des citoyens romains.
La. grandeur de l’ordre équestre, conséquence de la propagation de la race romaine et du droit de cité en Italie, est déjà très sensible après la première guerre punique. Lorsqu’en 226 av. J.-C., les Gaulois transalpins menacèrent Rome, près de huit cent mille Italiens se levèrent pour la défendre. Les détails de cette prise d’armes nous ont été conservés par Polybe, et nous donnent l’idée exacte des forces militaires de la péninsule. Nous ne transcrivons ici que les chiffres de la cavalerie qui, seuls, ont rapporté notre sujet*:
1° Furent mis en campagne :
cavaliers.
1" Dans les quatre légions de la levée annuelle conduites par les consuls 1,200 romains.
2" Alliés qui accompagnaient ces quatre légions 2,000
3° Sabius et Tyrrliéniens placés au nord de
Rome 4,000
4“ Cavaliers des deux légions de Sicile et de
Tarente 400 romains.
A reporter 7,600 cavaliers.
• Cic., Pro Plancio, xm. — * Polybe, u. 24.
CAVAMRRtf.
Report 7,600
11° Furenl placés en réserve à Rome :
1“ Avec les 20,000 fantassins des quatre légions urbaines 1,500 Rom.'
2° Alliés qui accompagnent ces quatre légions 2,000
III 0 Furent inscrits sur les rôles supplémentaires :
1° Latins 5,000
2* Samnites 7,000
3° Iapyges et Messapiens 18,000
4° Lucaniens 3,000
5“ Marses, Marrucins, Frenluns, Veslins.... 4,000 6° Romains et Campauiens 23,000 S#». n Cinp.
Total 71,100 cawiien.
Si l’on met ensemble seulement les cavaliers romains et campaniens, on en trouve 20,100. On sait d’un autre côté que la Campanie pouvait fournir, d’après Tite-Live, en 210 av. J.-C., dix ans après l’invasion gauloise racontée par Polybe, trente mille fantassins et quatre mille cavaliers a . En retranchant ces 4,000 cavaliers de 26,100, il en reste encore plus de 22,000 Romains. Nous avons montré que, de 218 à 212 av. J.-C., Rome dut mettre en cam-
1 Sur les quatre légions urbaines des jeunes gens de la réserve, voir notre volume l l ' r , p. 158-162. Les quatre légions urbaines comptent, outre leur cavalerie régulière de 1,200 hommes, 300 cavaliers volontaires, qui sont les 300 sénateurs ayant conservé le cheval donné par l'Etat. V. vol. t ,r , p. 212-216. — ’Tite- Livc, xxm, ch. 5. Disc, de Ter. Varron auv Campaniens après la bataille de Cannes. Les cavaliers de Capouc et du territoire de Capoue étaient seize cents en 337 av. J.-C, Tite-Live. vm, ch. II. (in.
Bayertsche
Staatsbibliothok
Münçhen
pagne, dans ses légions, au moins dix mille cavaliers romains *. Ces dix mille hommes étaient les chevaliers formant les 35 centuries des junioren de la première classe. Les seniores de la même classe, qui étaient aussi chevaliers, sont comptés par Polyhe dans le dénombrement de toute la population militaire de Tan 22G av. J.-C., et complètent le nombre des 22,000 cavaliers romains. Peut-on supposer que la terreur de l’invasion gauloise ait réduit les Romains à ranger parmi les cavaliers de leurs légions, des citoyens n’appartenant pas aux familles équestres ? Cette mesure, qui eût été une dérogation à tous les usages, u’est mentionnée nulle part dans l’histoire de cette époque. Elle n’aurait pu, dans tous les cas, s’appliquer qu’aux troupes qui furent appelées à un service réel, et non aux forces militaires qui restèrent inactives dans leurs anciens cadres. Or les légions consulaires furent suffisantes pour repousser les Gaulois à la bataille de Télamone. Il n’y aurait donc eu aucune raison d’inscrire, sur les rôles de la cavalerie, plus de vingt millo cavaliers romains et campaniens qui ne furent pas appelés à combattre, s’ils n’avaient été, selon l’usage, désignés par leur fortune ou par le litre de leur famille, pour le service de la cavalerie 1 * 3 . Si jamais les Romains eurent besoin d’imposer co service à des citoyens des classes qui ne possédaient pas le cens équestre, ce fut sans doute dans la guerre d’Annibal
1 Vol. l ,r , liv. ii, ch. I er , p. 178-179. — * Les chevaliers cam-
paniens, connue les chevaliers romains, appartenaient tous h
des ramilles riches et distinguées. Tite-Livc, xniii, 4 et xxiv, 47. (juanl aux Romains ils ne connaissaient entre les équité s rumaui d'autre différence que celle des équités equu pubtico et. des équités equu prieato.
où l’infériorité de leur cavalerie leur attira de si cruels désastres. Pourtant, en l’an 209 av. J.-C., sept ans après la bataille de Cannes, les censeurs, cherchant sur leurs registres, trouvèrent qu’un grand nombre de ceux qui devaient le service à cheval, quoique âgés de 17 ans au commencement de la guerre, n’avaient pas encore servi '. On n’avait donc pas eu besoin de recruter la cavalerie romaine dans les classes moyennes ou inférieures, puisque la liste des jeunes gens de la première classe, appelés légalement à en faire partie, c’est-à-dire la liste des chevaliers romains, n’était pas encore épuisée â .
En écartant toutes les hypothèses et les distinctions arbitraires, on trouve toutes les données de l’histoire militaire, politique et financière de Rome, que l’on peut tirer des historiens anciens, entièrement concordantes. Polybe affirme et précise ce qu’on aurait pu conclure des seuls récits de Tite-Live : c’est qu’à l’époque où il y avait 270,000 citoyens ’, la première des six classes, c’est-à-dire celle des chevaliers romains ayant un cens supérieur à un million d’as de deux onces ou à quatre cent mille sesterces 4 , comp-
' Tite-Live, xxm, ch. il. — * Pour que la république appelât au service de la cavalerie des cilov eus des classes pauvres ou de médiocre fortune, il aurait fallu qu'elle fournit le cheval, c'est-àdire qu'elle élevât des hommes d'un rang inférieur au titre de chevaliers eqtto publie», ce qui eût été une anomalie et une dépense excessive. Il y eut quelques rares exceptions à la règle du recrutement de la cavalerie romaine, mais dans des guerres faites et préparées hors de l’Italie, et aux frais des alliés. En 21 5 av. J.-C., on acheta en Apulic 2*0 esclaves pour le service de la cavalerie. L’Apulie était le pays où on élevait te plus de chevaux. Ce fait extraordinaire fut remarqué. Val. Max, vu, chap. 6. n° t. — * Tite- Live, epilome, xx. Cens de l'an 220 av. J.-C. — 4 Tite-Live, xxvi, ch. H, Ce cens est mentionné comme porté sur les registres des
tait à peu prés 22,000 hommes île 17 à 00 ans.
Après les guerres puniques, l’extension de l’ordre équestre continua par de nombreuses concessions du droit de cité, faites ou à deriches particuliers ou à des populations tout entières. Marius, sur le champ de. bataille de Verceil, donna le titre de citoyens à mille alliés qui formaient les deux cohortes du peuple des Camertes 1 . Pompée répandit le droit de cité parmi les • Espagnols 4 , comme Marius parmi les peuples italiques 3 . Enfin Sylla et ses amis cédant, malgré leur politique exclusive, aux sympathies traditionnelles du patriciat pour les Grecs, accordèrent ce privilège à des habitants de l’Italie méridionale, de la Sicile, de Marseille et de Sagonte 4 .
Le peuple romain s’était formé d’abord de la ville du patriciat, premier germe de la grande cité, puis de la plèbe rustique, qui en fut comme la première enveloppe. Ce peuple grandit en s’incorporant des couches de population plébéienne de plus en plus vastes, à mesure qu’elles étaient plus éloignées du centre et que le cercle des municipes grandissait. Mais on distinguait toujours la plèbe ancienne 5 de celle qui prit naissance au milieu des guerres du Samnium et des guerres puniques, enfindecelle qui ne datait que delà guerre des alliés. Chacune d’elles occupait une zone déterminée dans le territoire des 3i tribus rustiques. A chaque époque les nouveaux venus, pour percer
penseurs Æmilius et Flaminius, de l'an 220 av.J.-C. Cf Vol. r r . Second tableau explicatif de la constitution romaine. — 1 Plutarque, Vie île Marius. 28. Ce sont les habitants du pays de Clusiuin. Aux deux cohortes devaient être attachées deux lurnu r de chevaliers. — * C-ic., Pru Corn. Balbo, 8. — * Ibid., ch. 20 et 21. — 4 Ibid., eh. 22. Cf. Verrinet, act. n, lih. u; eh. 7 et 8, et oct. il, lih. iv, ch. 17. — 1 Ovide, Fastes, liv. in, v. 064.
Dli» CHEVALIERS ROMAINS 101
jusqu’aux honneurs de la grande république, avaient à se faire jour, à travers la population de plus en plus compacte des anciens citoyens qui gardaient avec jalousie les abords du centre brillant où se distribuaient les commandements et les richesses 1 * . Effort qui de siècle en siècle devenait plus grand et plus difficile ; plus grand par l’étendue des pays d’où il partait, plus difficile par l’éloignement des municipes d’où sortaient les hommes nouveaux, et à cause du nombre des familles déjà parvenues aux honneurs qui voulaient s’en réserver le patrimoine. Cet effort fut toujours dirigé et soutenu par des chevaliers romains*, c’est-à-dire par les citoyens les plus riches des municipes, des colonies et des préfectures. Quand le territoire des tribus rustiques s’étendit de la rive droite du Pô au détroit de Sicile, l’ordre équestre fut la haute bourgeoisie des villes de la Péninsule et représenta Tltalie devant Rome, la nation en face de la vieille cité. Les chevaliers qui étaient la tète du parti plébéien devinrent alors le parti italien. Aussi Plutarque nous montre en un seul jour vingt mille jeunes gens de l’ordre équestre prenant le deuil pour supplier le peuple en faveur de Cicéron accusé par Clodius 3 .
Sylla avait inutilement essayé d’arrêter les progrès de l’ordre équestre. Il aimait Rome seule et détestait le reste de l’Italie. Sa passion la plus violente était un véritable patriotisme de clocher. Aussi nous est-il représenté par les anciens comme l’ennemi de la plèbe
1 Sous l'empereur Claude, c’étaient les citoyens romains de l'Italie qui voulaient exclure du sénat les provinciaux. Tacite,
Annale », xi, 2i. — *Cic., l’ru Planciu, 7. — * Hutarque, Cicé-
ron, ch. 31 .
Oi
rustique 1 et des mnnicipes 2 , comme l’auleur des proscriptions qui atteignirent surtout les hommes nouveaux 3 * et les chevaliers 1 . Ce sont là des expressions diverses mais équivalentes d’un même fait. Les hommes nouveaux que Sylla frappait sortaient de l’ordre des chevaliers, chefs de la plèbe rustique qui peuplait le territoire des municipes. Les colères impuissantes du dictateur patricien s’attaquaient au résultat de la révolution qui, de 90 à 83 av. J.-C., avait fait entrer dans la cité romaine presque tous les Italiens.
La grandeur de celto révolution politique nous est révélée par l’augmentation rapide du nombre des citoyens qui, entre les années 114 et 70 av. J.-C., s’élève de 394,336 à900,000 5 * . Les éditions de Tito- Live portent pour l’an 70 av.J.-C. 450,000 citoyens.
Mais les manuscrits portent DCCC millia, DCCCL mil. ou DCCCC millia, et Phlégon pour la même année porte DCCCCX mille citoyens 0 . Quoique l’on trouve dans la chronique d’iiusèbe 7 le chiffre de 463,000 marqué pour la période de 88 à 84 av. J.-C.“, nous ne croyons pas qu’on puisse opposer œtte autorité à celle des manuscrits de Tite-Live. La conlra-
1 Asroil. In Divin, in (J. Caxiliitin, ch. 3, s. v. difficullatibiai : propter plebem nislicam qiuc partim ai/ros partim jim civitatis
amisil, partim omnino proseripta val, victore Sut tu, quud plein
rvmunade Mariants partibus fucrat. — ’ Cie., Philippique, v, 16.
Non entai omnibus Sultœ causa yrala. Déclarai mulliludo pros-
criptornm, lot municipiorum maxinue calaniilales. Cf. Klorus, ni, 21. — 5 Die., InVerrem, net. n, lili. i, 13. — * [lie., prit Cluenlio, 55. Cl. Val. Max. m, i, il* 2, lin. — 5 EpHomc. de Tite-Live, 63 et 96. — 0 Phlégon, éil. Müilcr, frat/m. 12. Dans la Bildiotliéi|ue de I’hotius. Cor/. 92. — 7 Chronique d’Ettsidic , Ult/inpindc 173. (HH -Mi av. J.-C.) — " Cf. l’igliius, Annales, ad. an. 667. A. C. Freislie-
mius, Suppl, tic Tite-Live, lxxxii, ch. 59. Dui'uy, llist. des Hu-
mains, cil. IHii. il, p. 213, 214.
diction apparente des textes se résout du reste par la lecture do ce que les auteurs anciens nous ont dit de celle époque. La loi Julia de l’an 90 av. J. -G. et la loi Plotia-Papiria des tribuns Plolius Sylvanus et Papirius Carbon do l’an 89 av. J. -G , donnèrent le droit de cilé romaine, la première aux alliés do Home et aux Latins des villes qui accepteraient ce privilège et adopteraient ainsi le droit romain la seconde aux ciloyens honoraires des villes fédérées qui, nés hors de l’iialie, comme le poète Archias d’Antioche, s’étaient fait inscrire ( adscripti essent ) sur les registres doJ’état civil des cités italiennes, comme Archias sur ceux d’Héracléc. Ces étrangers pouvaient acquérir le droit de cité romaine en même temps que leur patrie adoptive, à condition d’avoir eu leur domicile en Italie au temps de la loi Julia et de faire, dans les soixante jours, devant le préteur, la déclaration qu’ils voulaient être romains s . L’effet de ces lois est marqué d’une façon précise par les historiens anciens. Appien dit que la loi Julia prévint la défection des Ombriens et des Etrusques, que ces deux peuples acceptèrent avec plaisir le droit de cité romaine, mais que les nouveaux citoyens, se trouvant plus nombreux que les anciens, les Romains, pour éviter leur prédominance, les inscrivirent non dans les 35 tribus, mais dans les tribus nouvelles qui volaient les dernières 1 * 3 . Un peu plus loin le même historien ajoute que la guerre des alliés se
1 Cic., Pro Corn. Ilalhu, S. Logo Julia cicitas est sue iis, cl latinis data. — * Cic., Pro Archia, 3. Cicéron, Ad Faillit, xn, 30, cite Manlius Sosis «le Catina en Sicile, qui devint citoyen ro-
main avec les autres Napolitains, parce qu'il était inscrit sur les registres «les citoyens de Naples a\ant la loi Julia» ante civi-
liitein soc iis cl lalinis datuin. » — ! Appieil, Ci. cm., 1,49. Cf. Vclleius, il, 20.
toi
termina par l’admission de toute l’Italie au droit de cité, à l’exception des Lucaniens et des Samnites qui le reçurent un peu plus tard 1 . Enfin il dit qu’en 88 av. J.-C., au début des troubles qui donnèrent dans Rome la toute-puissance à Cinna, les nouveaux citoyens étaient de beaucoup plus nombreux que les anciens 2 . Il est vrai que les magistrats de la vieille noblesse cherchèrent par tous les moyens à les empêcher de régulariser leur titre. Ainsi les censeurs de l’an 89 av. J.-C., Julius et Crassus, ne dressèrent pas les listes du cens 3 . Les registres des préteurs de la même époque furent si mal tenus ou tellement altérés que ceux du préteur Métellus faisaient seuls foi en matière d’état civil 4 . Il est donc possible qu’il n’y eut en 87 av. J.-C. que 463,000 citoyens ayant pu obtenir une inscription régulière et authentique sur ces registres. Mais un bien plus grand nombre d’Italiens avaient droit à cette inscription, en vertu des lois Julia et Plolia-Papiria. Cinna se mit à la tête des nouveaux citoyens, les répartit dans les 35 tribus et, avec leurs suffrages, domina la République pendant quatre ans, 87-83 av. J.-C. C’est lui qui fit cesser toutes les chicanes du formalisme patricien, et qui obligea le sénat à confirmer les concessions faites déjà en principe aux Italiens 5 , si bien qu’à son retour en Italie, Sylla dut leur promettre de ne pas leur ôter le droit de cité et de suffrage qu’fis avaient récemment obtenu 6 .
Sylla, vainqueur, fit tout ce qu’il put pour violer
1 Appien, 6'. cia. i, 53, — * Ibid., i, 35. — s Cie., I‘ru Architi,
S. — ‘ Ibid 4. — s Tite-Live, Epitome, 77, 80 et 8i. Cf. Florus,
ni. 18. — “ Tlte-Live, Epitome, 86 : S ulla euin llalicis popttlis tic
timeretur uO iis celui erepturus ci vitale m et jus su/frut/ii nu per
ilatum fœdus percussil.
sa promesse. Mais il n’y put réussir*. Les discours et les lettres de Cicéron nous montrent que, de son temps, toute l’Italie exerçait le droit de' cité. On y voit l’Ombrie, distribuée en municipes, dont les suffrages avaient donné la majorité au consul Muræna dans un grand nombre de tribus 1 2 . Or, Sisenna nous apprend que la ville ombrienne do Tuder avait le droit de cité depuis le commencement de la guerre des Marses 3 . Rhegium, la dernière ville du Brutium, jouit du droit de cité 4 , et ses habitants sont inscrits dans la même tribu qu’un ami de Cicéron, Q. Cornificius 5 * . Vibo Martiusou Valentia ®, Locres 7 * , Thurii*, Naples 9 , Puleoli ,0 , Velia en Lucanie ", Pompeii * 2 , toutes les villes du Brutiutn, de la Lucanie et del’Apulie, sur la route de Vibo à Brindes 13 , Héraclée et Tarente 11 * , Larinum chez les Frentans * 5 , Alba chez lesMarses 18 , Asculum 17 et Auximum 18 chez les Piccntins, Volalerra 19 , Arrelium 2, au nord de l’Etrurie, Lucqucs au pied des Alpes Apuanes 21 , Plaisance sur la rive droite du Pô 92 , sont, à cette époque, autant de municipes de citoyens romains. Pour compléter celte grande
1 Cic., Pro Circina . 33-35; Pro Clttenlio. 56. — * Cie., Pro Mû-
rirait, 20 : L. Huriena mutais sibi tribus quoi municipiis Im-
briir conficiunlur ailjnnxit. — 5 Sisenna. iv, dans Xuniits, ni. s. v.
jusso pro jussu. — ‘Cic.. In Verra», acl. 11 , lili. iv, c. Il, et lib. v,
61 et 66. Cf. Festus, éd. Egger, p. 137. — 4 Cic., Ep. ad Corni/i-
einiH, xn. 25 (avril, 43 av. J.-C.) — “/« Verrem, act. 11 , lib. v,
c. 16. — ''Pro Archia, v. Epist. ad Die., xm, 30. Ad Aciliiitn pro-
consulem (an 46 av. J.-C.) — ‘Cæsar, De betlo cicili, 111 . 22 . —
9 Pro Archia, 5. — 10 Pro il. Cielio, 2; De Irtje agraria, 11 , 31 .
— " Pro Hui ho, 24. — ,s l’line, II. il ., 11 . 52. — 15 Pro Plancio,
40 et 41. — 14 Pro Archia, 3 et 5. — 15 Pro Clttenlio, 5 et 69. —
Cie., Philippiqae, ni, 15 — 11 Pro Sutta, S. — •• Cæsar, De
betlo civ., 1 . 12 et 13. — 18 Cic., Pro domo sua, 30. — u Pro A.
t'ieciua, 33-35. — 11 Cie., Ep, à Brulus, xm, 13. (an 46 av. J.-C.)
— " lu PisoucM, 7 et 23.
HISTOIRB
unité romaine de l'Italie, il ne restait plus à César qu’à donner le droit do cité aux Transpadans 1 * . Telle était la derrière zone de population plébéienne que la guerre des alliés avait fait entrer dans le cercle toujours agrandi de la cité. Il n’y a donc aucune raison de douter de l’exactitude du chiffre de 900,000 citoyens romains, marqué dans les manuscrits de Tile- Liveetdans Phlégon, à l’an 70 av. J.-C., et nous l’admettons avec la plupart des critiques modernes *.
Si l’Italie entière était déjà romaine au temps de Cicéron, si même le droit de cité romaine avait été propagé de son temps en Afrique, en Espagne, en Sardaigne 3 et dans la plupart des provinces, comme l’ordre équestre se composait, depuis l’an 400 av. J. C., de tous les citoyens de la première classe, nous devons, en faisant lo tour d’abord de l’Italie, puis de la Méditerranée, rencontrer dans chaque pays des familles de chevaliers romains, appartenant à toutes les races et originaires de toutes les régions où le droit de cité pénétra. Parcourons d’abord l’Italie :
Dans le Latium, la race des Oclavii était sortie du rnunicipe de Vélilres 1 * , et Auguste lui-même avait écrit que sa famille appartenait à l’ordre équestre 1 . Velleius Paterculus, un favori de Tibère, atteste aussi que celte maison était illustre, sans être patricienne 6 .
1 Dion Cassius, xi.i, 36. Cf. Cic., Ad Ailivum, v, 2. — ' Mommsen, trait. Alexandre, v, p. 201 ; Napoléon, Iliil. de Iule» César, Paris, 1803, t. i, p. 231. Cf. Amédée Thierry, Tableau de l'empire romain. Cil. 2, lin; Mérimée, Guerre sociale, éd. 1865. — 3 Tru L.
C. Ballto, 18, 22 el 23. — * Suétone, Vie d’Auguste, ch. 1 er . —
3 Ibid., ch. 2 : Caius ejusgue postcri in online ci/ttcslri constitere
nsi/uc ad Augusti paire, m... Ipso Augustus nihil umpliiis quant
equeslri familiu ortum se seribit vetere uc tocuplele, in i/ua primus
senalor palcr suus foc rit. — 6 Velleius, u, 59.
Les Octavii, devenus alliés de la famille des Jules, reçurent de César, dictateur, le titre de patriciens, et aussitôt des généalogistes complaisants imaginèrent que cette qualité leur avait été conférée par le roi Servius Tullius, et qu’ils y avaient volontairement renoncé, pour passer du côté du la plèbe. Mais Cicéron nous a signalé ce procédé comme un des plus habituellement employés par la vanité ou par la flatterie, pour falsifier l’histoire romaine 1 * . La colonie de Vélitres, établie en 492 av. J.-C. 3 , s’était révoltée contre Rome, au temps de la guerre latine, et avait perdu tout son sénat, dont les décurions furent transportés sur la rive droite du Tibre, avec défense de le repasser, sous peine d’amende et de prison. Des colons nouveaux furent envoyés pour occuper les terres des exilés, 337 av. J.-C. 3 Les Octavii, famille ancienne et riche, ont dû faire partie de celte seconde colonisation. Suétone nous a conservé leur histoire, qui remonte à peu près à la mémo époijue. C. Octavius Rufus, le premier de son nom qui eût obtenu une magistrature romaine, fut questeur vers le temps de la guerre de Pyrrhus. Il laissa deux fils, Cneus et Caius. La postérité de Cneus parvint de bonne heure aux magistratures curules. Pourtant, le premier de ses descendants qui soit arrivé au consulat, Cn. Octavius, consul en 165 av. J.-C., et qui mourut en Orient en 162, était encore regardé, par ses contemporains, comme un homme nouveau 1 . La postérité de Caius resta plus longtemps dans l’ordre équestre. Son fils, C. Octavius, qui fut le bisaïeul d’Auguste,
1 Lie., H ni lu s, 16. — 1 Titc-Live, n, 31. — 3 Titc-Live, via, l i.
— 1 Cic., l'hiti/i/iiquc, ix, 2; De O f fie iis, i, 39.
11 ISTOIHK
servit comme tribun des soldats en Sicile sous Æmilius Papus, en 205 av. J.-C. 1 * Le grand’père d’Auguste se contenta des honneurs municipaux de sa ville natale*. Enfin, le père d’Auguste, C. Octavius, arriva à la préture et au sénat, et s’éleva ainsi au-dessus du rang équestre que ces ancêtres n’avaient jamais dépassé. L’histoire de cette famille prouve qu’il y avait des chevaliers dans les colonies, comme dans les municipes, puisque Vélitres porta successivement ces deux titres 3 * .
Aricie, ville voisine de Vélitres, avait été la patrie de Voconius, de Scanlinius tribuns de la plèbe de l’époque des guerres puniques et d’un grand nombre de chevaliers romains de la plus haute distinction A D’Aricic étaient les Alii Balbi. ancêtres d’Atia, nièce de César et mère d’Auguste. Comme les Octavii de Vélitres, les Alii Balbi n’avaient pas dépassé la préture avant la dictature de César 5 . Lanuvium avait donné naissance au célèbre grammairien L. Ælius Stilo qui était chevalier romain 8 , au comédien Q. Roscius Gallus qui était décoré de l’anneau d’or et à qui le trésor allouait par an cinq cent mille sesterces 7 , à la famille des Papii d’où était sorti, par une adoption, le tribun de la plèbe T. Annius Milon 8 , enfin aux Licinii Mu-
1 Suétone, Vie d'Auguste, 1 et 2. Cf. Titc-Live, xxvm, 38. — ‘Suétone, Ibid. : Aeus miinicipalibus muyisleriis contentas — s l’Iiilc.
11. M., nu !), distingue Vélitres des colonies par le titre tl' oppi-
dum. Cf. Suétone, V. d’Auguste, 94. — * Cie., Pbiti/ipique, ni. fi :
llinc(ex Aricia j Voconi/e, bine Scantiuite teges, It me. équités ro-
mani lautisximi pturimi et honestissimi. — 5 Cie., Ibid. ; cf. Sué-
tone, Vie d'Auguste, 4. — 6 Suétone, De ill. grummatiris , 2, lin ;
cf. Cic., Hrutus, fifi. — ’ Cic., De diviiutliont, i, 36. l'ro Hoseio
conuxdo, 8; cf. Pline, 11. M , vu, 40. Maorolie, Sut uni., u, tu. — * Aseonius. Argum. or. pro Milone ; cf. Ibid., s. v. Plebem et infi niant mullitudinem.
rcnæ qui de bonne heure se placèrent au rang des prêteurs 1 * . Formies était appelée au temps d’Horace la ville des Mamurræ*, et Pline cite un- Mamarra, né à Formies, chevalier romain, qui fut préfet des ouvriers dans l’armée de César 3 * . De Formies étaient aussi les Ælii Lamiæ, famille de chevaliers romains 1 qui faisait remonter son origine au fondateur de sa ville natale, Lamus, roi des Læstrygons 5 * . De Tibur étaient venus les Cossinii et les Coponii®, de Préneste les Cæcilii Metelli et les Anicii 7 . Tusculum avait produit les Mamilii 8 , les üppii 9 , les Fulvii, les Juventii, les Coruncanii, les Porcii Catones 10 , les Fonleii 11 . Caton l’ancien racontait que son bisaïeul ayant eu cinq chevaux tués sous lui avait mérité par son courage que l’Etat lui en remboursât le prix 19 . 11 était donc d’une famille de chevaliers equo jmvato. On ne peut douter que les autres nobles Tusculans, qui devinrent magistrats de Rome, ne fussent du même rang. Il n’était pas possible de briguer les honneurs ni de donner des jeux au peuple comme édile sans avoir une fortune de première classe. Car jamais le cens suffisant pour être chevalier ne dépassa 400,000 sesterces (86,000 francs) et du temps de Polybe un combat de gladiateurs, quand les choses étaient bien faites, coûtait trente talents ou 150,000 francs 13 . Le municipe d’Arpinum chez les
1 Cic., Pro Mur mm, 6 et 41. — 3 Horace, Sal. i, 5, v. 37. —
‘Pline, II. M., xxxvi, 7, — *Sur L. ÆliusLamia, chevalier romain,
ami de Cicéron, v. Cic., Epiât, ad tliv. xi, 16 et 17, Pro Seilio,
12 et 13 et Or. in Pisonem, 27. — 3 Horace, Odes, ni 17. —
* Cic., Pro llalbo, 33 : L. Cossinius Tiburs paler /tujusce ei/uilis
romani. — 7 Pline, II. M., xxxm, 6. — * Festus, s. v. Mamiliurum.
9 Festus, s. v. Septimontio . — 10 Cic., Pro Plancio. 8. — 11 Cic.
Pro Fonteio, 17. — ** Plutarque, Vie de Calon l'Ancien, 1. — 13 Po-
lybe, xxxu, fraym. xjv.
HO
Volsques était un des plus célèbres par ses familles de chevaliers. Les parents deC. Marius n’étaient pas, comme l’a cru Plutarque 1 * * , de pauvres mercenaires, mais de riches propriétaires de campagne qui faisaient valoir leurs terres près du bourg des CerealinP. Pline, il est vrai, l’appelle le laboureur d’Arpinum, qui de simple soldat devint général 8 . Mais ce sont là des mots à effet placés à la fin d’une déclamation contre le luxe. En réalité, C. Marius fit ses premières armes devant Numance sous Scipion Emilien et en qualité de chevalier romain 4 . Jamais, un simple fantassin, fils d’un journalier de la campagne, n’eût épousé la patricienne Julia, tante de César. Velleius nous apprend du reste que Marius était d’une famille de rang équestre 5 * * , et Diodore de Sicile, qu'il était méprisé dans l’état-major de Métellus Numidicus parce qu'il était publicain, c’est-à-dire chevalier romain 0 . Ce furent même les publicains qui, par esprit de corps, l’aidèrent à supplanter son chef dans le commandcmertt de l’armée d’Afrique. Le père d’un autre Marius, Gratidius fut aussi un personnage important d’Arpinum, puisqu’il y avait proposé une loi pour établir le vote secret dans les élections munici-
1 Plutarque, Vie de Marius, 3- — 1 l’Iinc. II. M, ni, 9. Prima- Ilalia; regio. — 5 Pline, xxxm, 53. — ‘Val. Maxime, vm. 15, n°7,
Qiium C. Marias aptul Numantiam suh en duce ( Scipionc ) stipendia equestria mererel; cf. Plutarque, Vie de Marius, 13. — * Vel-
leius, ii, H : C. Marius nalus equestri luco... Uiu per pufilicanos
alwsque in Africa ncyotianles criminalité Metclli Icntitvdincm.
Vossins avait proposé île corriger ainsi ce passage : C. Marias
nalus agresli luco. M. Michelet {llist. rom., 4“* éd., 177, note) a
déjà indiqué l'inutilité de cette mauvaise correction ; cf. Sallustc, Jugurlha, 65. — ü Diodore, ed. Argcntorati, ex tvp. soc. itigont.
an. ix, fragm., 1. xxxiv, v. x, p. 139.
pales 1 * . Cette proposition démocratique de Gratidius fut combattue par son beau-frère qui fut le grand-père de Cicéron. Alliée à la famille de Marius, la famille de Cicéron était aussi fort ancienne et de rang équestre *.
Défenseur avoué et constant des chevaliers romains, Cicéron a dû être et il fut un des chefs des Romains des municipes ; et s’il ne sut pas se mettre comme C. Gracchus ou Marius à la tête d’un grand parti italien, c’est que son caractère personnel ne se trouva ni aussi fort que sa situation, ni aussi grand que son esprit. Mais l’éclat de ses talents et la grandeur de ses services ne purent jamais effacer aux yeux de la vieille aristocratie de la ville, le vice de son origine. En vain, répondant au patricien Sulpicius qui avait parlé avec mépris de la famille du consul désigné, L. Muraena 3 , Cicéron s’écriait 4 :
« Je croyais être parvenu par mes travaux à empè- » cher qu’on ne fit à tant d’hommes de mérite le re- » proche de manquer de noblesse. Jusqu’ici ils en » étaient réduits à invoquer le souvenir des Curius, » des Caton, des Pompée, de ces hommes de cœur « des siècles passés qui furent aussi des hommes nou- » veaux, ou bien les exemples plus récents des Mail rius, des Didius, des Cœlius; mais c’est moi qui » après tant d’années 5 ai brisé les barrières que les
1 Cie., De tegibus, ni. IG ; Brutus, cli. 43. — 1 Cic., De legibus, il, i : llie (Arpini) orlt slirpe unliguistima sumus. Cicéron, dans le Pro Murœna, 8, et dans le Pru Planciu, 24, s'appelle lui-mémc
consul, fils d’un chevalier romain. Cf. Pline, xxxm, 13 : ex case
urUinc profecluin esse célébrant. — s Les Muræna, plébéieqs nobles du municipe de Lanuvimn, n’étaient encore arrivés qu'à la
préture. — * Pro Murœna, 8. — 5 Depuis les lois de Sv lia, le
consulat était presque interdit aux familles nouvelles.