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LES DU CROIS Y, BRECOURT, LA THORILLIÈRB, HUBERT

comme on dit aujourd'hui ; mais on peut affirmer qu'il devait être un comédien consommé et d'un talent très souple pour être tour à tour Marphurius du Mariage forcée Arïstomène dans la Princesse d'Elide, le philosophe dans le Bourgeois gentilhomme, M, Barpin dans la Comtesse d'Ëscarbagnas; enfin serait-ce au premier venu que Molière aurait confié le rôle colossal de TartuffCj la plus grosse de toutes les parties à jouer ? Il faut donc en conclure que Du Croisy excellait dans les rôles de composition, et ce disant, nous serons dans le vrai. Les rôles si distincts de M. Dimanche dans Don Juan, A' Or ont e dans \e Misanthrope, et de Géronte dans les Fourberies de Scapin, sont encore là à Tappui de ce que nous venons d'avancer.

Voici d'ailleurs l'énumération des rôles tenus par Du Croisy dans le répertoire de Molière :

Mktaphraste (qu'il reprend), dans le Dépit amoureux.

Du Croisy (1" création), dans les Précieuses.

Lysidas, dans la Critique,

Du Croisy, dans Vlmpromptu.

Marphurius, dans le Mariage forcé.

Arïstomène, dans la Princesse cTElide,

M. Dimanche, dans Don Juan.

Oronte, dans le Misanthrope.

Tyrène, dans le Mélicerte.

Un sénateur, dans le Sicilien.

Tartuffe, dans le Tartuffe.

Mercure, dans Amphitryon.

VALÈRE,dans VAvare.

M. DE SoTENviLLE,dans George Dandin.

Sbrigani, dans M. de Pourceaugnac.

TiMOGLÈs, dans les Amants magnifiques.

Le maître de philosophie, dans le Bourgeois gentilhomme.

Jupiter, dans Psyché.

Gbronte, dans les Fourberies de Scapin.

M. Harpin, dans la Comtesse dEscarbagnas.

Yadius, dans les Femmes savantes. Beraldb, dans le Malade imaginaire.

Il avait en outre repris le rôle à^Erasle des Fâcheux pendant la maladie de Lagrauge.

Du Croisy, avec des façons de gentilhomme, devait posséder une certaine instruction, et peut-être même un air quelque peu pédant ; et ce qui nous fait parler ainsi, c'est que Molière, qui ne faisait rien à la légère, se plaît et se complaît à lui donner des rôles de la sorte : c'est Lysid as t poète, c'est 3fâr/îAwm/5, docteur, c'est Oronte, l'homme au sonnet, c'est le Maître de philosophie, c'est Vadius, l'homme qui sait du grec autant qu'homme de France ; enfin dans Vlmpromptu, il est encore qualifié de poète, et Molière lui parle en ces termes :

« Vous faites le poète, vous, et vous devez vous rem-

< plir de ce personnage, marquer cet air pédant qui se € conserve parmi le commerce du beau monde, ce ton € de voix sententieux, et cette exactitude de pronon- •€ dation qui appuie sur toutes les syllabes, et ne laisse

< échapper aucune lettre de la plus sévère orthographe.» N'est-ce pas Oronte et Vadius expliqués?

La troupe avait son amoureux dans Lagrange, son bretteur dans De Brie, son tonneau dans Du Parc. Il lui fallait son pédant, et c'est Du Croisy qu'on choisit. Et Tartuffe , Tartuffe lui-même avec son ton de voix radouci et ses façons mielleuses n'est-il pas le cousin germain du pédant en personne?

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