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LES DU CROISY, BRECOURT, LA THORILLIBRE, HUBERT

Poursuivez cette idée, examinez les rôles de DuCroisy les uns après les autres, et vous ne vous étonnerez pas si Molière a choisi Du Groisy pour oser lui confier Tartuffe.

Certes ce sont là des considérations tout artistiques, et Dieu nous garde d'aller accuser de pédantisme ce pauvre Du Groisy dans sa vie privée. Ne sachant rien làdessus, nous ne dirons rien. Contentons- nous de proclamer que c'était un excellent comédien au théâtre, où il personnifiait le poète infatué et le cuistre par excellence, et après cela espérons que ses mânes nous pardonneront volontiers tout ce que nous en avons dit.

Passé au théâtre de Guénégaud après la mort de Molière, il fut conservé à la réunion de 1680 avec demipart seulement. Lemazurier nous donne comme date de sa retraite le lundi 18 avril 1689. Il s'en allait avec la pension de 1000 livres. Retiré à Conflans- Sainte-Honorîne, près Paris, auprès de sa sœur, qui était veuve du célèbre comédien Bellerose, il passa là le reste de ses jours, aimé et estimé de tous. M. de Tralage rapporte même qu'à sa mort, arrivée vers la fin de 1695, par l'effet d'une goutte remontée, son curé, qui était de ses amis, en fut tellement affecté, qu'il n'eut pas le courage de présider la cérémonie et en chargea un confrère.

Tartuffe et son curé 1 n'est-ce pas là un joli sujet de pièce en un acte? Avis aux amateurs. Du Groisy avait vécu soixante-cinq à soixante-six ans.

Nous avons vu qu'il était entré dans la troupe de Mo-

liëre avec sa femme. OccupoDS-nous maintenant de celle-ci.

Marie Claveau (et non pas Clavereau) était originaire du Poitou, et alliée par sa famille à M. Du Landas, lieutenant général de la Rochelle, parent de Joseph Du Landas, sieur Du Pin, comédien de la troupe du Roy. Quand du Groisy passa dans la troupe de Molière, il y fit entrer sa femme, mais tout le monde s'accorde à dire qu'elle fut au-dessous du médiocre. Aussi ne saurait-on citer d'autre rôle créé par elle dans le répertoire de Molière, que celui de M'" Du Croisy dans Y Impromptu où elle est qualifiée de peste doucereuse,

€ Pour vous, lui dit Molière, vous représentez une de € ces personnes, qui prêtent doucement des charités à « tout le monde; de ces femmes qui donnent toujours « le petit coup de langue en passant, et seraient bien « fâchées d'avoir souffert qu'on eût dit du bien du pro- € chain. Je crois que vous ne vous acquitterez pas mal € de ce rôle. »

Encore cette observation s'adresse- t-elle plutôt au caractère de M^^' Du Croisy qu'à son talent, puisqu'elle n'a rien à dire dans la pièce ; du reste elle nous a pré-

venus :

rlle

« M Hervé. — Pour moi, je n'ai pas grand chose à € dire.

«M"* Du Croisy. — Ni moi non plus, mais avec cela € je ne répondrais pas de ne pas manquer. »

N'ayez pas peur, elle ne manquera pas, Molière ne lui fera plus ouvrir la bouche.

Nous la retrouvons encore dans le tableau de la troupe

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