Ottonis vita, c. l. P. L., t. CLXXm,'I
"2. Sentent., pars VHP, c. x. P. L., t. CLXXXVI,97».
3. Exceptis jejuniis quae sunt in septimana Pentecostes, quibus possunt comedi ova etcasei, ratione dignitatis festi... » Conc. Copriniacen. (vers 1260), c. xix. Massi, t. xxni, 870.
4. Statiita synodalia dioeces, Leodien. (vers 1287), % 11, c. x. Massi, t. XXIV, 909.
5. Le concile d'Angers, de 1303, se plaint en effet que des diocésains usent de lait et de beurre, bien qu'ils puissent trouver facilement de l'huile et du poisson. Conc. Andegaven. (1365), c. xxn. Mansi, t. XXVI,
plus souvent donnée comme garantie supplémentaire d'une excuse peut-être insuffisante, et le privilège. La première ne porte aucune atteinte à la loi; tandis que la seconde, étant un acte du législateur lui-même, est toujours en quelque sorte une dérogation, quand elle n'est pas une abrogation de la loi, pour toute une catégorie de fidèles. Désormais, le commun des chrétiens continuerait encore d'observer tant bien que mal, au moins en Carême, l'abstinence des œufs et du laitage \ mais le moyen était trouvé de s'en faire exempter par larges groupes et légitimement. On s'en servira plus tard. A partir du xv^ siècle, les induits généraux feront leur apparition et s'étendront de plus en plus. L'Allemagne, la Bohême et la Hongrie, puis des diocèses de France, des diocèses de Belgique, en obtinrent tour à tour pour autoriser l'usage des œufs et du laitage.
Dans la seconde moitié du xix^ siècle, on ne vécut un peu partout que sous le régime des induits. L'usage du beurre et du laitage fut le premier permis, non seulement au repas principal mais encore à la collation. Il y a quelques années, on exceptait de cet usage le mercredi des Cendres et le vendredi saint; les dispenses ont encore été étendues : au dernier Carême (1908), l'usage du lait et du beurre était, dans certains diocèses, permis tous les jours, même le vendredi saint.
L'usage des œufs a été, dès les premiers induits, un
1. Cf. cette exhortatiou d'Etienne Poncher : « Hortor vos ac moneo Quadragesimam congrue jejunare; et valut censuerunt sacri canones, acarnibus, lacté, caseo, butyro et ovis. » Synod. Eccl. Paris., p. 153.
peu plus restreint. Depuis près d'un siècle, la formule des Mandements de Carême est demeurée, dans certaines régions, à peu près invariable : ne sont exceptés de la dispense que le premier et les deux derniers jours du Carême ; on peut constater toutefois quelques variantes, comme celle-ci : usage des œufs permis tout le Carême, à l'exception du mercredi des Cendres, du vendredi des Quatre-Temps^ et du vendredi saint. De plus, cette permission ne s'étend pas à la collation des fidèles tenus au jeûne. Cette discipline particulière semble donc établir entre les œufs et la chair une assimilation qui maintient entre la nouvelle législation et l'ancienne la permanence d'une même pensée.
L'exclusion de la viande, du laitage et des œufs constitue, aujourd'hui, cette espèce d'aggravation de l'abstinence qui se nomme le maigre strict. Assez commune autrefois, elle a été très réduite, même en Italie, l'un des pays où elle s'était le mieux conservée, par le décret, déjà plusieurs fois cité, du 7 septembre
L'abstinence du poisson et des aliments cuits. — On a vu, en effet, qu'au ix^ siècle, en Italie, on s'astreignait encore à n'user, trois jours par semaine, durant le Carême, que d'aliments crus. A plus forte raisony devait-on maintenir; durant ces mêmes jours , l'abstinence ancienne du poisson, car c'était la seule forme sous laquelle elle pût continuer d'exister. Depuis longtemps, en effet, le poisson avait paru sur les tables même de ceux qui jeûnaient le plus fidèlement. L'his-
torien Socrate, au v® siècle, le constate, et le concile de Tolède, tenu en 633, mentionne, à spntour^ l'usage du poisson comme expressément permis les jours de jeunet On faisait donc, dès cette époque, une distinction très marquée, au point de vue de l'abstinence, entre la chair de poisson et la chair des animaux terrestres. La raison de ce traitement différent, car il fallut bien trouver une raison aux différences de pratique, fut d'ordre mystique, et on prétendit l'appuyer sur l'Ecriture sainte. Voici comment l'énonce saint Isidore de Séville. « L'usage delà chair et du vin, ditil, n'a été accordé aux hommes qu'après le déluge, et c'est Jésus-Christ, lui-même, qui a dit par la bouche de son apôtre : Il est bon de ne pas manger de chair, de ne pas boire de vin et de se contenter de légumes. Mais puisque Notre-Seigneur, lui-même, a usé du poisson, après sa résurrection, nous pouvons en manger, car ni le Sauveur ni les apôtres ne l'ont dans la suite interdit^. »
Grâce à cet argument, l'usage du poisson les jours de jeûne et durant le Carême spécialement fut défî-