EpisU XLVin, ad Pammach., n° IS, P. L, ibid; 5Q5-b
des fautes très graves, ses préférences sont pour là communion quotidienne ^ .
Pourtant, la fréquence de la communion ne paraît pas avoir été abandonnée partout, même à cette époque, au gré des fidèles; on pouvait communier souvent, mais, à certains jours ou à certaines périodes, il y avait obligation de communier, que cette obligation fût imposée par la coutume, ou qu'elle le fût par une loi ou un précepte. Nous l'apprenons, pour Antioche, à la fin du iv® siècle, de saint Jean Chrysostome : il blâme sévèrement les chrétiens tièdes aussi empressés à communier à certains jours qu'ils sont lâches pour se corriger de leurs défauts. Les périodes qu'il signale comme celles des communions reconnues obligatoires, ce sont le Carême ou Pâques et l'Epiphanie ^.
A l'autre extrémité du monde chrétien, quelques fidèles étaient moins empressés, semble-t-il, à recevoir la communion. Aussi un synode tenu par saint
i. .' Alii quotidie communicant corpori et sanguini Domini, alii certis diebus accipiunt... Geterum, peccata si tanta non sunt, ut excommunicandus quisque judicetur, non se débet a quotidiana medicina Dominici corporis separare. • Ep.LlY, ad Januar. P. L., t. XXXm, 200-201. — € Euciiaristia panis noster quotidianus est. • Sermo LVII, in Matth. VI, 9-13. c. vn. P. L., t. XXXVni, 389. — . Intelligilur etlam," hoc et valde bene, Panem nostmm quotidianum da nobis hodie, Eucharistiam tuam, quotidianum cibum. Norunt enim Odeles quid accipiant, et bonum est eis accipere panem quotidianum huic tempori necessarium. » Serm. LVIII, c. iv, ib., 39S.
2. « Multos video qui Ctiristi corporis sunt participes inconsiderate et leraere, et magis ex consuetudine et praescripto, quam ex cogitatione et consideratione. Si advenerit, inquit, tempus sanctae gwadragesimae, qualiscumque fuerit quispiam, fit particeps sacramentorum, si adveneritdies Epiphaniorum... In aliis quidem temporibus.
186 HISTOIRE Dlk COMMANDEMENTS DE L'ÉGLISE.
Patrice, d'après Mànsi, vers 450-462, marque-t-il comme absolument nécessaire pour tout chrétien la communion de Pâques. Il faut, dit-il, communier souvent parce que nous en avons besoin, mais qui ne communierait pas la nuit de Pâques ne serait pas un fidèle ^
En Gaule, sous l'influence sans doute de Césaire d'Arles, le concile d'Agde (506) se montrait plus sévère encore et traitait d'apostats ceux qui ne communiaient pas aux trois grandes fêtes de Noël, Pâques et la Pentecôte 2. Césaire lui-même insistait sur ce point dans ses homélies ou ses discours, à l'approche des grandes fêtes de NoëP, de Pâques '' — (nous n'avons pas rencontré de texte de Césaire pour la Pentecôte) — et d'autres fêtes, comme la dédicace d'une église ou d'un autel ^, tout en faisant remarquer qu'il
cum ne mundi quidem saepe sitis, accedilis; in Paschate dMtem, etiamsi aliquod scelus a vobis sit admissum, acceditis. > In epist. ad Ephes. comment. Hom. III, n» 4. P. G., t. LXII, 28.
1. < Sumenda est (Eucharistia), maxime autem in nocte Paschae, in qua qui non communicat fidelis non est. > Mansi, t. VI, {>23.
a. « Saeculares, qui Natale Domini, Pascha et Penlecosten non communicaverint, catholici non credantur, nec inter catholicos babeantur. » Conc. Agathen., c. xviii. Bruns, Canones, t, II, ISO.
3. « In Natali domini, fratres carissimi,,.. cogitemus ad quale convivium invitati sumus. Invitati enim sumus ad mensam, ubi non invenitur cibus hominum, sed panis poaitur angelorum. » Inter opp. S. Adgust., sermo 16, 2. P. L., t. XXXIX, 197S-d976.
4. « Et cum sancta solemnitas Paschalis advenerit,... cum gaudio exsultationis mundo corde et casto corpore ad altare Domini possitis accedere, et corpus et sanguinem ejus unusquisque vestrum non ad judicium animae suae mereatur accipere. » Ibid., senn. 10, col. 4760.
5. Cela semble du moins ressortir des n°' 2 et s d'un sermon de dédicace, Inter opp. S. Augustini, serm. 229. P. L., t. XXXIX, 2166- 7,2169,
fallait apporter à la communion, par une préparation longue et minutieuse, les dispositions nécessaires de pureté d'âme, de patience et de charité.
La première législation. — La pratique indiquée par saint Césaire fut, semble-t-il, celle à laquelle on s'efforça d'amener les fidèles et que l'on codifia.
La décision du concile d'Agde fut reprise purement et simplement par un concile d'Autun, vers 670 ^; dans les Excerptiones d'Egbert d'York (732- 766) ^ ; elle l'est dans un concile de Tours des premières années du ix^ siècle ' ; elle sera reproduite dans les mêmes termes par Atton de Verceil (924- 960)''; par les divers recueils de capitulaires, d'Anségise^, Réginon^, Burchard ', Yves de Chartres* (qui l'attribue au pape Fabien), passa de là dans le décret de Gratien^, et devint, pour ainsi dire, une loi universelle.
Elle était une loi, mais la loi d'un minimum. Régulièrement, on ne se contentait pas de si peu, et les évêques s'efforçaient par tous les moyens d'obtenir davantage. Ainsi, le Pénitentiel de Théodore de