‹ Histoire des commandements de l'eglise [microform]Chapitre 7 sur 141 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

l'énumération et la liste des commandements

Tous nos catéchismes contiennent, inséré dans la prière du matin, après les Commandements de Dieu, puis, dans le cours de Touvrage, après le commentaire du Décalogue, le texte de six préceptes que l'on désigne sous le nom de Commandements de l'Église. Nous les avons souvent récités, comme les récitaient nos pères et tels à peu près qu'on les pouvait lire dans le catéchisme de Bossuet :

Les dimanches messe ouïras, Et fêtes de commandement.

Les fêtes tu sanctifieras, Qui te sont de commandement.

Tous tes péchés confesseras A tout le moins une fois l'an.

Ton Créateur tu recevras Au moins à Pâques humblement.

Quatre-Temps, . Vigiles jeûneras, Et le Carême entièrement.

Vendredi, chair ne mangeras, Ni le Samedi mêmement.

En vertu d'une tendance devenue pour beaucoup un véritable principe, qui nous fait attribuer, d'instinct, à tout ce qui existe dans l'Église, une haute antiquité, plusieurs seraient tentés, sans doute, d'assigner, non pas, il est vrai, à cette indigente poésie, mais aux préceptes qu'elle exprime et même à leur collection, une origine apostolique. La conclusion laisserait à désirer. Au contraire, le recueil des commandements est assez moderne. Le catéchisme du concile de Trente que tous les prêtres connaissent, qui renferme un résumé assez copieux de la doctrine chrétienne, à la composition duquel ont collaboré des théologiens éminents et de savants évêques, qui fut soumis à de multiples révisions afin d'en assurer et d'en compléter la doctrine, qui fut adressé enfin ad parochos par le pape saint Pie V, eh bien! ce catéchisme modèle ne contient pas le catalogue des commandements de l'Église, ni même la mention d'un recueil de ce genre. A l'explication du Décalogue, qui remplit la troisième partie, succède le traité sur la prière qui occupe toute la quatrième et dernière. Cette absence ne donnerait-elle pas lieu de croire que l'on ignorait, en 1566, année où ce catéchisme fut publié, un catalogue de commandements de l'Église,

OU que si un recueil de ce genre existait, il n'avait tout au plus que la valeur d'une œuvre privée?

On n'ignorait pas cependant que l'Église avait imposé aux chrétiens des préceptes qui les obligeaient tous, préceptes souvent rappelés, au gré des circonstances ou des besoins, dans les synodes et les anciens conciles. On en possédait même, depuis quelque temps, des recueils.

Trois ans avant la publication du catéchisme ad parochos, le Jésuite Edmond Auger publiait, à Lyon, un Catéchisme et Sommaire de la religion chrestienne qui, après l'explication des dix commandements de Dieu, posait la question suivante :

Le Maître. — Avons-nous encore d'autres préceptes à observer?

R. — Oui, et de très anciens : ce sont les très saints commandements de l'Église catholique.

Le M. — Quels sont-ils ?

R. — Ceux-ci : 1° Célébrer les jours de fête;

2° Assister à la messe les dimanches et fêtes ;

3» Observerles jeûnes prescrits, Carême, Quatre- Temps et Vigiles ;

4° Se confesser au prêtre, au moins une fois l'an ;

5° Recevoir, au moins à Pâques, la sainte Eucharistie ^ .

Edmond Auger n'avait pas inventé cette énumération. Elle se trouvait déjà, et dans le même ordre, dans le Petit Catéchisme de Canisius, paru en AUe-

1. Je traduis de l'édition latine et grecque, la seule que possède la Bibliothèque Nationale, imprimée à Paris en 1569.

magne, en 1556. En voici le texte d'après la traduction française (édition de 1610). A la question :

Combien y -a-t-il de commandements de l'Eglise P

on répond : Il y en a cinq principaux :

1° Garde les jours des fêtes ordonnez de l'Église ;

T Escoute révéremment le saint office de la messe aux jours de festes ;

3° Garde les jeunes commandez en certains jours, et l'abstinence d'aucunes certaines viandes ;

4° Confesse tous les ans tes péchez à ton propre curé, ou à un autre avoué deluy;

5° Reçois le saint sacrement de l'autel, pour le moins une fois l'an, et ce environ la feste de Pasques.

Ce n'était pas en Allemagne seulement que le recueil des préceptes de l'Église existait. En France ils faisaient partie de l'enseignement catéchistique, témoin cette prescription du concile de Narbonne de 1551 : Tous les curés prêcheront tous les dimanches, liront et expliqueront l'Evangile à leurs paroissiens et leur apprendront le Pater, VAve, le Credo, le Confiteor, les commandements de Dieu et les cinq commandement de l'Église K Ils en faisaient si bien partie que, pour les rendre plus accessibles à la mémoire, on les avait mis en vers.

Ouvrons en effet un gros livre de 195 folios « composé par feu de bonne mémoire Guillaume Parvi, docteur en théologie, naguaires décédé évêque de Senlis et .confesseur du roy », intitulé « La formation

•1. Concil, Narbonnen, (1551), c. xxxv. Mansi, t. XXXUI, 1264.

de l'homme » ; la seconde partie est ainsi désignée : « Le Viat de salut, auquel est comprins l'exposition du symbole, des dix commandemens de la Loy, du Pater noster, et Ave Maria, composé par le dit Révérend Père en Dieu ». A partir du fol. 70 commence une longue exposition du symbole en rimes par quatrains, et, au fol. 110, se lisent nos cinq distiques des commandéments de l'Eglise. Le volume est de 1538, antérieur de près de trente ans au catéchisme de Pie V.

Mais ne nous laissons pas égarer par le titre. Ce n'est pas Guillaume Parvi qui était l'auteur de la liste et de sa mise en vers, car on la trouve, près de cinquante ans plus tôt, dans le Livre de /A es «s, qui forme la seconde partie du Compost ou Kalendrier des bergers, dont les premières éditions datées sont de 1491 et 1492 ^ . En voici le texte avec tous les commentaires qui l'accompagnent :

F Quomandemens saincte église

Les dimanches messe orras (ouïras), Et les festes de commandement.

Tous tes pèches confesseras, A tout le moins une foys lan.

Et ton créateur recepvras, Au moins a Pasques humblement.

Les festes sainctiflreas, Qui te sont de commandement.

Quatre temps vigiles jeûneras, Et le Caresme entièrement.

1. Dictionnaire de Théologie Catholique. deVACAM-llAXCEXOT, t. III,

Quintement au livre de fhesus sont les cinq commandemens de saincte église que doivent garder tous ceulx et celles qui ont usaige de raison selon quil sera possible. Et est dit selon quil sera possible^ pour ce que lomme ou la femme qui ne se pourroit confesser ou ouyr la messe, ou recepvoir nostre Seigneur a PasqueSf ou gai^der la feste commandée ou la jeune dobligacion : quant auroit voulente dobeir puis quil seroit légitimement empesche ne pescheroit mie. Mais se garde lomme ou la femme que avarice paresse ou désir de veoir esbatemens mondains : comme danses Jeux ou bateleurs ou desprisement de saincte église ne soit cause quil nenfrengne et trespasse le commandement affin quil nencoure damnacion, de quoy nous gart la miséricorde de Jhesus.

Icy est a noter que la transgression des commandemens de saincte église oblige a pèche mortel et par conséquent a damnacion comme fait lobligacion des commandemens de la loy desquels avons devant parle. Car ceulx qui oyent les prestres faisans les commandemens en leglise aux dimenches heure de messe parrochiale : et accomplissent iceulx commandemens oyent Dieu et font sa voulente. Mais ceulx qui mesprisent ses prestres en tel cas et ne font leurs commandemens selon lordonnance de l'église mesprisent Dieu et pèchent martèlement.

Ce commentaire indique évidemment que le recueil des commandements de l'Église n'était pas absolument chose nouvelle, puisque les prêtres avaient coutume de les réciter dans l'église pendant la messe

paroissiale. Mais la date du volume où il fut inséré est la plus haute de celles où j'aie trouvé cette liste en vers français ou même en français purement et simplement. On trouve antérieurement le décalogue en vers français, ordinairement en quatrains : les nombreuses Sommes le Roi que possède la Bibliothèque Nationale en contiennent d'innombrables éditions. Mais dans ces manuscrits, aucune meption des commandements de l'Église ou presque aucune. La plus ancienne est dans le manuscrit 952, f. fr., daté de 1478 : elle est plus que sommaire, comme on peut en juger par le quatrain suivant qui est unique en la matière, sous ce titre: Le chemin du paradis (fol. 190).

Fréquenter le doux sacrement Du saint aultier (autel) dévotement, Ne trespasser en quelque guise i-es commandemens de l'église ^.

i. J'ai consulté un certain nombre d'autres manuscrits contenant, avec ou sans quatrains, des abrégés de la doctrine chrétienne, l'A. B. C. des simples gens. Introduction à la foy, les XII articles de foy, les VII sacrements de l'église, les commandemens de Dieu, les VIII béa^ titudes, les œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle, des modèles d'examen de conscience par les cinq sens, les sept péchez mortels (capitaux); mais aucune indication de commandements de l'Eglise. — Un instant j'avais espéré tenir enOn une attestation plus ancienne, dans le ms. f. fr. 19 362. Le catalogue annonce : fol. xxvn : les Grands commandemens de nostre mère saincte église, et fol. xxxiu :les Briefs commandemens de saincte église. Hélas! quelle déconvenue! Le manuscrit porte bien, aux fol. indiqués, en titre courant : les grands commandemens... les Briefs commandemens; mais dans le texte même rien de ce qui est annoncé : ce sont des allocutions du curé à ses ouailles énonçant des intentions de prières; les rites pour les fiançailles, les prières pour les trépassés, des formules pour publications de bans, des annonces de vigiles et jusqu'à une formule pour testament, en français-, des commandements de l'Église, pas un mot.

Cependant, le recueil qu'on ne trouve pas en français, on le trouve en latin : on en trouve même plusieurs.

En 1486, paraissait, à Venise, la Summa casuum conscientiae de Ange Carletî, dit Angelo de Clavasio. Elle contient en deux endroits différents deux listes légèrement diverses aussi de commandements de l'Église.

Voici, d'abord, au mot Praeceptum, n" 18. Après avoir énuméré les seize préceptes évangéliques, l'auteur ajoute : « Il y a d'autres préceptes, imposés par l'Église et qui obligent tout le monde en général. Ce sont 1° la célébration des fêtes; 2" l'obligation d'entendre la messe ; 3° celle de jeûner en Carême et autres vigiles ; 4° celle de se confesser ; 5** celle de communier; 6» de payer les dîmes; 7° d'éviter les excommuniés. Il y en a beaucoup d'autres qui touchent des catégories spéciales de personnes. On en parle dans les divers chapitres de cette somme » \

Cette liste est la plus complète et la plus longue que nous ayons rencontrée jusqu'ici. Mais le même ouvrage nous en fournit encore une autre plus détaillée et non moins intéressante ni d'une moindre importance pratique. C'est sous le mot Interrogationes, à propos des interrogations que le confesseur doit faire

i. « Sunt et alia precepta ab ecclesia indita generaliter omnes ligantiaquae sunt : primum de celebratione feslorum, secundutn de auditione misse, tertium de ieiunio in quadragesima et aliis vigiliia, quartumde confessione, quintum de communione, sextum de decimis, septimum de visitandis {sic) excommuaicatis. Multa sunt alia quae tangunt spéciales personas : de quibus habetur in diversis capitulis huius sumn*vj. * Summa angelica de cas ibus conscienlie, édit. de Lyon,

à ses pénitents, et elle renferme en quatre-vingts numéros un examen de conscience des plus minutieux. Au n» 4 l'auteur commence ainsi : Ordre des interro' gâtions sur les péchés qu'il faut connaîtt^e, et, au n" 14, à propos des péchés capitaux, sous la deuxième fille de la vaine gloire, la désobéissance, il ajoute, sous le titre : de la désobéissance touchant les préceptes de l'Eglise, faites les intei^rogations suivantes :

« [Le pénitent] a-t-il observé les fêtes commandées par l'Église?

A-t-il jeûné les vigiles commandées?

S'est-il confessé une fois l'an?

A-t-il reçu l'Eucharistie au moins une fois l'an ?

A-t-il entendu la messe aux fêtes commandées?

A-t-il fait des tournois ou a-t-il permis d'en faire?

A-t-il fait un mariage clandestin ?

A-t-il commis quelque action interdite sous peine d'excommunication ?

A-t-il été excommunié par quelqu'un?

A-t-il eu quelque participation avec des excommuniés ?

Quant aux désobéissances commises par certaines catégories de personnes, voir plus loin^. »

1. Voici le teste d'après la même édition, avec les renvois de l'auteur aux autres parties de sou œuvre : « De iaobedientia circa pre^ cepta ecclesie sic interroga.

Siobservavit festa precepta ab ecclesia, et que sint. habes Ferie §3.

Si jejunavit in vigiliis preceptis : vide Jeiunium § 7 que sunt precepta.

Si confessus est semelin anno. vide Confessio. 2. § 2 et 3.

Si suscepit sacramentum corporis Christi semel in anno, vide Eucharistia 3in principio et per totum.

Ces dix interrogations portaient donc réellement sur les obligations communes imposées par TÉglise à tous ses fidèles ; manquer à l'un ou l'autre de ces préceptes était une faute qu'il fallait faire connaître à son confesseur : les préceptes étaient bien des commandéments imposés par l'Eglise.

Ils étaient, d'ailleurs, connus et catalogués, avant Angelo de Clavasio, par saint Antonin. Lui aussi donne une liste de dix « préceptes de l'Eglise qui obligent sous peine de péché mortel ». La liste est un peu différente de la précédente sur deux ou trois points. La voici encore : c'est la plus ancienne que j'aie trouvé.

V Célébrer les fêtes ;

2" Observer les jeûnes aux jours déterminés par TEglise, comme le Carême tout entier ;

3° S'abstenir de manger de la chair tous les vendredis de l'année ;

4° Entendre la messe dimanches et fêtes ;

5" Se confesser au moins une fois l'an ;

6° Communier une fois l'an, le jour de Pâques, et le faire à jeun ;

7° Payer les dîmes ;

si audivit missam in festis preceptis- Vide Ferie § 42.

Si fecit torneamenta seu consensit ut lièrent. Vide Torneamentum per totum.

Si contraxit matrimonium clandestine.Videclandestinum par totum.

Si fecit aliquod eorum quod proliibetur sub poena excommunica tionis late sententie, ad quod vide Excomunicalio, S, 6 et 1.

Si fuit excommunicatus ab aliquo.

Si participavit cum excotnraunicato. Vide Excommunicatio, 8, per totum.

De inobedientia certarum personarum, habes infra circa status. *

L'ÉNUMÉRATION ET LA LISTE DES COMÎflANDEMËNTS. Il

8" S'abstenir de tout acte qui est prohibé sous peine d'excommunication, surtout d'excommunication latae sententiae;

9° Éviter les excommuniés, dans les offices divins et même autrement, comme en conversation, à table, quand ce serait fait en mépris de l'Église ;

10" Ne pas assister à la messe et aux offices des clercs qui vivent publiquement en concubinage ^ .

Par conséquent, on ne se trompera pas beaucoup en datant du second tiers du xv" siècle le recueil ou catalogue des commandements de l'Église, et non pas une liste quelconque, mais celle même qui est encore en usage. Les catéchismes, depuis le commencement du XVI® siècle, n'ont pas toujours donné la liste du Livre de Jhésus; plus tard, même, dans la seconde moitié du xvii®, certains d'entre eux, par exemple celui de Clermont de 1674, ne contiendront ni les commandements de Dieu, ni, à plus forte raison, ceux de l'Eglise ; mais ce sont là des exceptions. En France, en Allemagne, en Espagne et jusque dans le Nouveau Monde, partout théologiens et catéchistes donnent en quelques numéros précis le résumé des obligations imposées par l'Église à tout chrétien.

Pendant longtemps on affectionna la division en cinq commandements^, et elle est encore usitée aujourd'hui, par exemple dans le Catéchisme imposé

1. Siimma theologica, pars 1», tit. xvn, de lege canonica, par. 13.

2. Cf. Catéchisme de Lima, de 4383; Fagundez, In quinque Ecclesiae praecepta ; Binsfeld, Enchiridion theologiae moralis; Azob, Institutiones morales, 1. vn, de quinque Ecclesiae prseceptis; Diana, Summa : Praecepta Ecclesiae quinque sunt; de Moi'rs, Examen de

récemment par Pie X aux diocèses de la province de Rome.

Quelques catéchismes, peu nombreux, s'arrêtent au nombre quatre, par exemple V Instruction du chrétien^ de Richelieu :

Les fastes tu sanctifieras Qui te sont de commandement.

Gardes religieusement Lesjeusnes de commandement.

Tous tes péchez confesseras A tout le moins une fois l'an.

Ton Créateur receuvras Au moins à Pasques humblement ;

mais l'auteur remarque qu'il est d'autres préceptes, étudiés déjà au chapitre du Décalogue.

En France, la plupart ont choisi le nombre six. Un des plus anciens de ce genre est le Catéchisme ou hriefve instruction de la Religion chrestienne catholique (Paris, 1612). La liste est en prose et plus complète que beaucoup d'autres. Elle contient en effet l'énumération suivante :

« Commandements de l'Eglise .

« 1" Observer les jours de festes commandées; « 2° Ouyr la messe les dimanches et les festes commandées ;

la Théologie morale; Bonacinx, de Praeceptis Ecclesiae; Tamburisi, TraclcUus quinque in qulnque Ecclesiae praecepta, elc. etc.

« 3° Jeusner le Caresme, les vigilles commandées et les Quatre Temps, ne manger point de chair le vendredi ny le samedi ny le jour de S. Marc et les Rogations ;

« 4° Confesser ses péchez au prestre pour le moins une fois l'an ;

« 5° Recevoir le Sainct Sacrement de l'autel pour le moins à Pasques ;

« 6° Ne célébrer point les nopces en temps défendu, à sçavoir depuis le premier dimanche de l'Advent jusques au jour de la f este de l'Epiphanie ou des Roys : et depuis le premier jour de Caresme jusques à l'octave de Pasques. »

Mais cette énumération en prose était trop lourde et trop longue pour être bien saisie par les enfants et retenue de mémoire. On préférait la versification, fût-elle simplement en bouts rimes iTassonance plus musicale, les syllabes mieux scandées étaient d'un secours qu'il ne fallait pas refuser. On revint donc à la liste du Livre deJhésus à laquelle on ajouta, pour compléter le nombre six, un distique sur l'abstinence du vendredi et du samedi :

Vendredy chair ne mangeras Ny le samedy mesmement,

comme s'exprime un catéchisme de Paris de 1667 ^ . Cependant quelque heureux que fût le symbolisme

1. De même, Catéchisme pour le Diocèse de Sens, 4670; Catéchisme d'Angers, La Rochelle et Luçon, \&16\ Institution chrestienne... par Louis Abelly, évêque de Rodez, 1692, etc.

1 4 HISTOIRE i)ËS COMMANDEMENTS DÉ L'É^LlSË.

du nombre six, on craignit, dans certains diocèses, que les fidèles n'oubliassent les obligations qui n'étaient pas rappelées souvent; les évêques voulurent compléter la liste, autant que possible. Du nombre six ils passèrent au total de neuf en y ajoutant les trois distiques suivants :

Hors le temps nopces ne feras, Payant les dîmes justement.

Les excommuniez tu fuiras, Et dénoncés expressément.

Quand excommunié tu seras.

Fais tby absoudre promptement*.

Pendant plus d'un siècle la liste fit fortune : on la trouve encore dans certains catéchismes de la fin du xvin^ siècle^, et le Catéchisme de V Empire français, qui s'en est tenu à la liste ordinaire de six, ajoute en note, sans doute en souvenir des anciens textes : « Il y a encore d'autres commandements de l'Église, comme de ne pas se marier en certains temps, de fuir les excommuniés, etc. » (Il se garde, on le voit, de mentionner la dîme.)

Au xix^ siècle, on constate une liste de sept commandements, v. g. dans Gousset et Berardi, bien que les sept ne soient pas absolument identiques chez l'un et chez l'autre.

Ce n'est pas seulement sur la liste des commandements que l'on avait éprouvé des scrupules : c'est

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