Eusèbe, Hist. Eccles. 1. V, c. u
seuls où''le jeûne soit obligatoire. Les Montanistes, qui veulent paraître plus fervents, jeûnent, par an, deux semaines, dont il faut défalquer le samedi et le dimanche ^ .
Avançons d'un demi-siècle. Une lettre de saint Denys d'Alexandrie à Basilide donne comme semaine de jeûne la semaine avant Pâques. Encore tous ne jeûnent-ils pas d'un trait; les uns jeûnent deux jours de suite, d'autres trois, d'autres quatre, d'autres pas même un jour entier; plusieurs s'estiment fervents, qui ne font que deux jours de jeûne continué, le vendredi et le samedi saints 2.
A la même date à peu près, vers 270, la Didascalie syriaque parle, elle aussi, d'un jeûne de six jours : « Vous jeûnerez donc, dit le Seigneur, à partir du lundi, six jours complètement, jusqu'à la nuit qui suit le samedi, et cela vous sera compté pour une semaine^. » Et plus loin elle indique en ces termes comment sera observé le jeûne : « aussi, depuis le dixième jour qui est le lundi, durant les jours de la Pâque, vous jeûnerez, et vous ne mangerez que du pain, du sel et de l'eau, à la neuvième heure, jusqu'au jeudi. Le vendredi et le samedi, vous jeûnerez complètement et ne goûterez rien... à trois heures de la nuit qui suit le samedi, c'est alors que vous cesserez votre jeûne'' ».