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CHAPITRE XII

Sceaux kt armoiries des comtes de Ferrette.

Nous avons copié plusieurs sceaux des comtes de Ferrette, mais nous n'avons pu en découvrir un seul entier du comte Frédéric I et de son fils Louis. Un fragment de scel du premier indique seulement qu'il appartient à un sceau équestre.

(I) On peut consulter, pour les 12 au I4 m ' siècles , 1rs 4 volumes de M. Truuillal ; Scboeptlio , Alsal- illust. » diplomalica pour la même époque el plus lard. — Plusieurs autres documents, manuscrits de Locellc, publications diverses etc. nous ont servi de guide.

Par contre, nous avons vu divers débris du scel du comte Frédéric H qui permettent , avec l'aide des dessins déjà publiés par Hergott , de reconstituer le sceau de ce comte. Il a un diamètre de 6 centimètres et représente d'un côté un chevalier vêtu d'une cotte d'armes et la téte couverte d'un casque fermé, tenant de la main droite, et le bras tendu , une épée courte et appuyant de la gauche ufl écu contre son corps. Sur cet écu, de forme triangulaire un peu allongée et dont on ne voit que la moitié, parce qu'il est arrondi , on remarque un poisson placé verticalement la tête en haut.

Le cheval lancé au galop n'a qu'une petite selle et une bride.

La légende porte + SIGILLVM FREDERICI COM1TIS FERETARVM.

Sur le revers il existe un conlre-scel plus petit, formé d'un écu de 3'/i centimètres de long sur 3 de large, ayant au centre deux poissons adossés , posés la téte en haut et non recourbés. On lit à l'entour, -+- S. VER1TATIS. (4)

Hergott fournit une copie du scel de la femme de ce comte, llclvige comtesse d'Aurach , apposé selon lui à un acte du 8 des calendes de février 4233. (2)

Ce scel de forme ronde devait avoir 4 centimètres de diamètre, mais il est endommagé au point qu'on ne peut plus lire la légende. Au centre on voit une aigle éployée. Hergott a cru, pour ce motif, que la comtesse de Ferrëlte était de la maison de Frobourg qui portait aussi une aigle dans ses armoiries, mais les actes prouvent qu'Helvige était fille d'Eginon comte d'Aurach et de Fribourg.

D'après un armoriai de 4480, (Grunenberg) les comles d'Aurach portaient d'or à la trompe de gueules posée en fasce et soutenue par un cordon ou draperie d'azur. L'armoriai de l'abbaye de Salem donne à son abbé Bertbold, comte d'Aurach, mort en 4242, de gueules à la trompe d'or posée en fasce. (3)

L'armoriai de Lucelle> par contre , représente les armoi

(1) Hergott, genealogia dipl. Habsb. T. I. Pherrctana sigilla , 268. — Ce scel était appose à l'acte de la veille des calendes de jany 1232. — Trouillat , T. I , 522.

(2) Même lieu et acte rapporté par M. Trouillat, T. t, 527.

(5) L'armoriai de Grunenberg est un précieux manuscrit appartenant à M. le docteur Stantz à. Berne. — Walch , M iacdl. Lucel. T. Il , p. 85. Série des abbés de Salem avee leurs armoiries.

ries de Berthold d'Aurach, 8 mc abbé ic ce monastère et frère de la comtesse de Ferrctte, comme celles des comtes de Fribourg, d'or à l'aigle éployée de gueules, à Ja bordure cngrelée d'azur et d'argent. (4)

L'armoriai de Neuchatel offre encore une différence et nous dit que les comtes de Fribourg portaient d'or a l'aigle éployée de gueules à la bordure cngrélée de gueules et d'argent. (2)

Malgré ces variantes, le sceau d'Helvigc prouve que les comtes d'Aurach, devenus comtes de Fribourg, avaient alors et du temps de cette comtesse, changé leurs armoiries ou qu'ils faisaient usage de celles des Aurach et des Fribourg.

Les sceaux des lils de Frédéric II, soit de Louis et d'Ulric I , sont de même grandeur que celui de leur père et ne diffèrent ensuite entre eux que par la légende. On lit sur l'un: +S. LVDOV1CI COMITIS FERRETARVM, et sur l'autre : -f- S. HVRICl COMITIS FERRETARVM. Tous les deux ont un même contre scel, un peu plus petit que celui de Frédéric , mais avec le môme écusson et la même légende.

Le sceau de leur frère Berthold, cvéquedeBàlc, est ovale. Il représente un évêque assis sur une chaise dont les bras sont terminés en forme de tètes de chien. 11 tient de la main gauche une crosse et de l'autre il semble donner sa bénédiction. On lit à l entour : + S. BERTOLDI EPISCOPI BAS1LIENS1S.

Théobald fils d Ulric fit usage de deux sceaux , l'un simplement armoirié, employé du vivant de son père et l'autre équestre, depuis la mort d'Ulric 1 en 4275. Le premier, de forme ronde, a S centimètres de diamètre. Il porte un écu avec les deux poissons adossés , posés la tête en haut, dirigée chacune vers l'angle de l'écu. Sur l'angle gauche de celui-ci il y a un casque fermé, surmonté de deux poissons recourbés, la tête tournée en bas, et on lit a l'entour, S. THEOBALDI DE PHIRETO.

Sur le second, de C centimètres , on voit le comte sur un cheval lancé au galop, couvert d'un grand caparaçon portant, sur la croupe et sur le col, les deux poissons adossés.

(1) Walch el Buchioger — et armoriai de Tschudi , manuscrit à M. le docteur Stanlz. — Cet abbé de Salem, Berthold , était petit (ils d'Kginoo l'ainé, comte d'Aurach et d'Agnès , fille de BertboW de Zœringen.

(3) Schœpflio, bist. Zœringo-badensis , T. I, tableau V.

Le comte est vêtu d'une cotte d'armes plus longue et plus ample que celle de ses prédécesseurs. Son bouclier triangulaire et un peu allongé est orné des deux poissons , sa tête est couverte d'un casque fermé, mais avec deux œillères, et il lient de la main droite et le bras étendu, une cpée courte. Au-dessus de la tête, et comme sur le sccl précédent, on voit de nouveau les deux poissons recourbés en arrière et la tête en bas. A l'enlour on lit 4- S. THEOBALDI COM1TIS FERRETARVM. (\)

Nous n'avons pas trouve le sceau équestre de son fils Ulric II , mais seulement celui dont ce comte faisait usage du vivant de son père, soit en 4309. Il n'a que centimètres de diamètre comme le précédent et renferme un écu au centre avec les deux poissons et on lit 4- S. VLRICI FILII COMITIS FERRET.

Les anciens comtes de Montbéliard et leurs successeurs , après le partage de la succession de Thierri I, vers 4425, prirent pour armoiries deux poissons ou bars adossés, d'abord posés comme on l'a vu dans les sceaux précédents , pour ainsi dire en pal, mais successivement un peu plus recourbés, et toujours tournés la tête en haut dans l'écu.

Les comtes de Montbcliard et de Ferrette, après ledit partage, les portèrent de gueules aux bars adossés d'or, et les comtes de Bar, d'azur aux bars adossés d'or.

Tout porte à croire que ce sont les armes primitives des comtes de Bar , et qu'elles furent prises par les comtes de Montbéliard lorsque Louis de Montbéliard épousa Sophie, . fille de Frédéric II, duc de la Lorraine-Mosellane et comte de Bar, qui lui apporta en dot cette seigneurie. La maison de Lorraine a toujours conservé une place pour l'écusson de Bar dans ses armoiries diversement écartelées. Les comtes de Bar-sur-Seinc portaient aussi deux poissons dans leur écu, mais autrement posés, et dans l'un et l'autre cas c'étaient des armoiries parlantes, des bars ou barbeaux.

Le manuel du blason, par Jules Pautet, dit que Renaud

I, frère de Frédéric I, comte de Ferrette, et de Thierry

II , comte de Montbéliard , ayant eu le comté de Bar (au partage de 4425), ajouta à ses armes le semé de croisettes au pied fiché d'or. Mais comme leur frère Louis , qui pouvait porter ainsi que les précédents le titre de comte de Bar,

(1) Hergolt a également public ces sceaux. Geneal. dipl. Habsb. T. 1 , 268.

fut à la première croisade en 1096, il est probable que c'est alors qu'on ajouta ces croix recroisetées au pied fiché. (1) C'est probablement encore pour le même motif qu'on voit ces croisettes sur les armoiries de quelques comtes de Montbéliard qui avaient fait le voyage à la Terre-Sainte.

Le comte de Montbéliard , Thierri II , qu'on vient de nommer , étant mort vers l'an 1162 sans héritiers mâles, le comlé de Montbéliard passa à Amédée de Montfaucon, fils d'Agnès, l'aînée des filles de Thierri II, épouse de Richard 11 , sire de Montfaucon. Cet Amédée forma la seconde maison de Montbéliard , et en prit le nom et les armoiries. (2)

Le manuel du blason, précité, dit que vers 1202 il portait de gueules à deux bars d'or adossés , l'écu semé de croix recroisetées au pied fiché d'or. (3)

Mais selon l'armoriai de Lucelle, abbaye fondée par jes sires de Montfaucon , ces armes étaient de gueules à deux bars adossés d'or et au trescheur d'argent , ayant pour cimier une trompe d'argent.

* Plusieurs peintures et armoriais les représentent simplement de gueules à deux bars adossés d'or et pour cimier un buste de femme de gueules, à tète coiffée de cheveux épars, quelquefois couronné d'or, et accosté de deux poissons ou bars plus ou moins contournés , avec la tête tournée en bas. (h)

Ces dernières armoiries sont celles qu'on donne dans tous les armoriais aux comtes de Fcrrette, seulement par fois il y a un buste de jeune homme, au lieu d'un buste de femme.

Les armoiries des barons de Ferretle diffèrent essentiellement de celles des comtes et indiquent, à elles seules, l'origine différente de ces deux familles. Nous les avons

(1) Manuel du blason, p. 87, 301.

(9) On n'est pas plus d'accord sur les armoiries des sires ou comtes de Moolfaucon ; on les voit parfois d'azur au faucon d'or pose sur 3 montagnes de gueules (arm. Tschudi), tandisque des étoffes ou habits pontificaux du dernier évèque de Lausanne , de la maison de Montfaucon , les représentent d'argent à l'aigle éployée , de sable , becquée et onglée d'or. — On les voit sur un grand nombre de pierres à l'église de Lausanne restaurée par cet évèque au commencement du i6 m * siècle.

(3) Jules Pautet, manuel du blason , 317.

(4) Nous ne citerons point des auteurs qui ont parlé de ces armoiries sans nulle connaissance de cause.

constamment vues de sable au lion à une ou à deux queues d'argent , lampassé et armé de gueules, et couronné d'or. Par contre, le cimier a varié selon les diverses branches de la famille. En 4480, c'était un buste d'homme vu de profil , de sable , figure en carnation et coiffé d'un bandeau d'argent ; plus tard un buste de lion d'argent , armé et lampassé de gueules, couronné d'or.

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